Elections contestées en Irak, instabilité renforcée?

Le parti séculier de  Ayad Allawi vient de remporter de justesse, par deux sièges, les dernières élections face à la coalition « Etat de Droit » menée par l’actuel premier ministre Nuri Kamal al-Maliki. Ce dernier parle ouvertement de fraude, mais les observateurs sur place considèrent que, dans l’ensemble, les choses se sont déroulées correctement.

Les 91 sièges de Ayad Allawi sont loin des 169 sièges requis pour une majorité absolue au Parlement Irakien, et il semble peu probable que ce dernier puisse mettre sur pied une coalition majoritaire. En tout état de cause cela prendra du temps, juillet au mieux, voir nettement pire. Entretemps al-Maliki gérera les affaires courantes, mais les américains craignent que cette élection indécise ne relance une vague de violence et ne retarde leur plan de retrait du pays. A noter que al-Maliki reste commandant en chef des forces armées, nul ne sait dans quelle mesure il résistera à la tentation d’utiliser la force pour éliminer Allawi, même s’il dit publiquement ne vouloir s’opposer que par les « canaux légaux ».

Les irakiens ne sont visiblement pas très contents du travail accompli par al-Maliki, dans un pays encore et toujours excessivement dangereux, sans services publics, sans travail. Allawi, qui fut premier ministre par intérim nommé par les américains après l’invasion, a une réputation « d’homme fort ». Il a en face de lui, outre al-Maliki, les kurdes (43 sièges) et le parti « Alliance Nationale Irakienne » de Moktada al-Sadr, chiite et clairement anti-américain. avec 70 sièges. Allawi se dit prêt à faire alliance avec tous ceux disposés à travailler avec lui. Chiite séculier, Allawi cherchera avant tout les alliances avec les kurdes et les factions chiites du paysage politique. Les sunnites seront sans doute impossible à rallier sauf concessions hautement improbables de la part des chiites et des kurdes – notamment dans la province de Kirkuk au Nord de l’Irak, riche en pétrole et pomme de discorde entre les kurdes (qui veulent l’intégrer au Kurdistan) et les arabes d’Irak. Ces tensions ont déjà fait 43 morts lors d’un attentat à la bombe ) Diyala juste après l’annonce des résultats.

Si Allawi échoue, la tâche de former un gouvernement reviendra à al-Maliki, qui tentera certainement de faire alliance avec le leader religieux al-Sadr qu’il avait pourtant combattu en 2008 pour récupérer le contrôle des larges secteurs de Bagdad et de Basra.

Bref, les jeux sont loin d’être faits.

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