100 milliards de planètes, et nous et nous et nous?

La question de l’existence des extraterrestres est un marronnier qui existe sans doute depuis le jour où l’Homme, ancien voir très ancien, s’est posé la question de la nature de ce ciel étoilé qu’il apercevait chaque nuit. Plus près de nous, au début des années 50 le physicien Enrico Fermi se demandait pourquoi, au vu des centaines de milliards d’étoiles au sein de notre propre galaxie (qui n’en est qu’une parmi des milliards d’autres), personne ne nous rendait visite? La question est d’autant plus prégnante que nous savons aujourd’hui qu’il existerait – selon du moins cette étude de l’Australian National University – de l’ordre de 100 milliards de planètes habitables dans notre galaxie. Planètes habitables selon notre définition anthropocentrique, c’est-à-dire avec juste la bonne température pour y maintenir de l’eau à l’état liquide. Ce qui n’empêche pas, en plus, l’existence possible de vie sur des planète a priori non habitables mais dont la chaleur interne pourrait permettre à l’eau liquide d’exister sous une épaisse banquise – comme c’est sans doute le cas sur Europa, une lune de Jupiter. Mais contentons-nous pour l’instant des 100 milliards de possibles Terres.

Un récente article publié dans Libération par Gabriel Chardin, Président du comité des très grandes infrastructures de recherche du CNRS, m’a interloqué: partant d’une croissance moyenne pour toute civilisation technologique de 2% par an, il en déduit que la durée d’épuisement de la Terre – ou a fortiori toute planète équivalente – est de l’ordre de quelques centaines d’années. Extrapolant ce calcul à l’Univers observable, il estime que la durée d’épuisement des ressources de ce qu’il nous serait en principe possible d’atteindre ne serait que de 5 000 à 6 000 ans! C’est peut être arithmétiquement exact si on part du principe d’une civilisation utilisant uniquement des énergies non renouvelables avec une croissance exponentielle: avec 2% de croissance, si on a 100 unités de ressource au départ, on a 102 après un an, 122 après 10 ans, 724 après un siècle, 5 248 après deux siècles, et… près de 40 milliards (39 826 millions précisément) d’unités après 1 000 ans! Ce qui pose de toute évidence une limite à ce type de croissance, mais on doit également considérer la plausibilité d’une économie de croissance basée sur le renouvelable: l’énergie solaire (par exemple le soleil fourni à la Terre 1 000 watts par mètre carré) et le recyclage des matières premières minées sur les planètes colonisées par ces possibles civilisations extraterrestres. Pour G. Chardin, la réponse au paradoxe de Fermi est que  » la vie constitue une sorte d’accélérateur, qui induit une extrême instabilité. Ainsi, sans une stratégie extrêmement précise et rigoureuse, il est infiniment probable que, telles des fourmis vivant sur un tas de salpêtre, nous grillions le jour où nous découvrons les allumettes, bien avant d’être parvenus à développer le voyage interstellaire. »

Certes, mais avec 100 milliards de planètes susceptibles d’abriter la vie dans notre seule galaxie, on peut légitimement penser qu’au moins une fraction de ces émergences se serait dotée d’une telle stratégie! En avons-nous des indices?

Le premier indice concerne l’émergence de la vie sur Terre. Fut-elle créée à partir de simples éléments ici-bas, au fil d’un long et relativement improbable processus culminant dans l’avènement de la double hélice d’ADN, ou fut-elle importée via comètes ou autres astéroïdes transportant des molécules organiques ou des bactéries depuis un autre monde? Ce qui ne fait que reporter ailleurs le problème de l’avènement originel bien sûr, mais si la vie nous est venue de l’espace on peut de ce fait affirmer qu’elle existe aussi ailleurs qu’ici, et qu’il est plausible qu’elle ait évolué vers des systèmes civilisationnels dont certains, plus proches de la « source », pourraient avoir quelques millions d’années d’avance sur nous… Faute de la démonstration d’une création in situ de la vie terrestre, la théorie de la panspermie reste d’actualité, défendue par des scientifiques tels Francis Crick et Stephen Hawking. Et d’autant plus que nous nous rendons compte de l’incroyable résilience de certaines bactéries et virus qui vivent dans des conditions extrêmes: cet article paru dans Scientific American en mars 2013 fait état de la découverte de bactéries au sein de la croûte terrestre. Elles utilisent l’hydrogène pour convertir le CO2 en matière organique (chimiosynthèse). Ces bactéries et virus ont des cycles de vie qui se comptent en dizaines de milliers d’années, au sein de sédiments vieux de 100 million d’années! Elles pourraient très probablement voyager à travers l’espace.

Un autre indice concerne les objets volants non identifié. J’ai déjà traité ce sujet dans quelques articles et notamment OVNIs et la pathologie de la Raison d’Etat qui fait, entre autres, référence au Rapport Cometa, la seule étude officielle vraiment sérieuse sur le sujet et accessible au public, ainsi qu’au témoignages d’anciens officiers militaires au National Press Club en 2010. Je vous replace ici la conclusion du Rapport Cometa: « Le problème des OVNIs ne peut pas être éliminé par de simples traits d’esprit caustiques et désinvoltes… (ces études) démontrent la réalité physique quasi-certaine d’objets volants totalement inconnus, aux performances de vol et au silence remarquable, apparemment mus par des intelligences… Des engins secrets d’origine bien terrestre ne peuvent expliquer qu’une minorité de cas… Force est donc de recourir à d’autres hypothèses…L’hypothèse extraterrestre est de loin la meilleure hypothèse scientifique; elle n’est certes pas prouvée de façon catégorique, mais il existe en sa faveur de fortes présomptions, et sil elle est exacte, elle est grosse de conséquences.»  A bon entendeur, salut!

L’OVNI le plus intéressant est sans doute le Black Knight ou Chevalier Noir, nom donné par les Américains dans les années 60 à un satellite doté d’une orbite polaire rétrograde, caractéristique rendant impossible une explication terrestre – ou du moins humaine: la technologie pour la mise en place d’un satellite avec une telle orbite n’existait pas encore à l’époque. On lit parfois que l’aspect rétrograde de son orbite implique une mise en orbite artificielle, mais cette assertion n’est pas valable car même s’ils sont rares, il existe des exemples de satellites naturels sur orbite rétrograde – notamment Triton, en orbite rétrograde par rapport à Neptune.  Par contre, ce type d’orbite implique que le satellite vient de l’extérieur, telle une comète. L’historie connue du Chevalier Noir début en 1899 lorsque Nikola Tesla enregistra des signaux venant de l’espace. Dans les années 1920, des radio-amateurs enregistrèrent le même type de signal. Dans les années 60 les radars américains découvrirent l’écho d’un satellite inconnu en orbite, mais une orbite apparemment instable: on le voyait certains jours, d’autres pas. En 1963 l’astronaute Gordon Cooper à bord de Mercury 9 vit un objet vert bouteille, qui fut en même temps localisé par radar. Enfin en 1998, lors de son premier vol vers la station spatiale, l’équipage de la navette Endeavor photographia un étrange objet. Ces photos furent un temps mises sur le site de la NASA avant de disparaître, puis de réapparaître ici et là sur le web. Alors ce Chevalier Noir, un débris de l’espace, un satellite naturel, un hoax ou un engin extraterrestre? A chacun de faire son analyse.

Il existe bien entendu une foultitude de « preuves » et assertions en tous genres de l’existence d’E.T. qui nous rendent visite, voir qui cohabitent sous une forme déguisée avec nous ou au sein de la Terre elle-même. Tout n’est pas à jeter, mais il est extrêmement difficile de faire la part des choses entre les hoax purs et durs, les extrapolations saugrenues à partir d’indices réels, les vrais-faux rapports déclassifiés de la CIA ou du KGB et les nombreux témoignages de rencontres du troisième type dont tous ne peuvent être balayés sous le tapis des hallucinations. Mais de tout ceci je retire l’idée qu’il est bien possible que la question de Fermi ne soit pas fondée: il y a suffisamment de matière à notre disposition pour parler de « présomption de visite E.T. », que ce soit par le biais d’une observation direct ou par un ensemencement dont nous ignorons tout – et ce n’est pas le récent navet film Jupiter Ascending qui va nous apporter des réponses utiles!

Cette présomption me semble en tout cas, au vu des nos connaissances actuelles, plus crédible que le modèle linéaire d’une création in-situ du vivant menant à un Humain qui serait l’unique créature « intelligente » de notre galaxie, et a fortiori de l’Univers. Il y a juste trop de maisons dans le voisinage pour qu’elles soient toutes inhabitées, et trop de traces de pas bizarres au fond du jardin.

 

Une réflexion sur “100 milliards de planètes, et nous et nous et nous?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s