La réponse à la crise financière de 2008 avait été l’implication massive des banques centrales  dans le refinancement des banques commerciales, le transfert de crédits pourris du privé vers le public, et le passage en sur-régime de la planche à billets.

Mais c’est la Chine, surtout, qui a « sauvé » l’économie mondiale au bord du gouffre par le bais d’un plan d’investissement massif dans ses infrastructures. La demande en ressources qu’impliquait ce plan a fait grimper les prix du pétrole et de nombreuses matières premières, une véritable manne pour les pays émergents riches de ces ressources.

KWN-Fleckenstein-762015Aujourd’hui, l’économie chinoise est rentrée dans le mur. En juin la bulle boursière implosait et un mois plus tard, la valorisation de la bourse de Shanghai avaient perdu un tiers de sa valeur. Mardi dernier le yuan dévaluait de 2% contre le dollar, et encore un peu plus mercredi. Du jamais vu depuis 1994. L’indice anglais FTSE 100, très représentatif du domaine minier, perdait 1,1%. Le CAC 40 perdait 1,9% et le DAX, 2,7%. Le marché immobilier chinois est à la rue.

Le ralentissement chinois n’est pas en soi une surprise, mais ce coup de frein soudain l’est – du moins sur les marchés spéculatifs. Cette situation s’ajoute à l’affaiblissement des pays dépendant de l’exportation pétrolière et des principales matières premières, comme le montrent les deux diagrammes ci-dessous:

chart (1)

chart (2)

De plus, le taux de croissance de l’économie chinoise chute depuis début 2011, passant de 12% à 7%:

chart

Le moteur de l’économie mondiale tousse, et impacte sérieusement les autres BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui font aujourd’hui tous face à de sérieuses difficultés.

Le constat général est que le coût du risque est grandement sous-évalué, et les marchés de crédits tentent actuellement de le refixer à une valeur plus raisonnable. Cette sous-évaluation est due au laxisme monétaire qui sévit depuis 6 ans, l’argent facile faisant que les spéculateurs investissent massivement sans examiner les risques de trop près. Résultat: les bourses surévaluées sont au bord du gouffre.

Au Royaume-Uni, le marché boursier est en hausse depuis 77 mois consécutifs. Du même ordre que les longues hausses ayant mené au krachs de 1929 et 2000. Le Libor (taux de change interbancaire) est en hausse depuis 12 mois, signe que les banques recommencent à se méfier de leurs capacités à se rembourser entre elles. Les banques centrales sont hors jeu, ayant épuisé leurs munitions. Gonfler encore la masse monétaire reviendrait à jeter de l’huile sur le feu. Remonter les taux d’intérêt reviendrait à décimer le peu d’investissement industriel qui nous reste.

Aux USA, le Shiller CAPE, qui mesure le ratio p/e de l’indice S&P 500, est actuellement à 27,2, soit 64% plus haut que sa moyenne historique de 16,6. Les déviations importantes du CAPE sont corrélées avec les krachs de 1929, 2000 et 2007:

shillercape

Conséquences: D’une part le ralentissement chinois va diminuer les recettes des sociétés présentes et donc impacter l’économie réelle, d’autre part cette baisse va avoir un effet massif sur les bourses et l’économie spéculative, du fait de la dévalorisation des actions.

Autrement dit: ça va chier!

 

 

 

Source: http://www.telegraph.co.uk/finance/11805523/Doomsday-clock-for-global-market-crash-strikes-one-minute-to-midnight-as-central-banks-lose-control.html

3 réflexions sur “Economie mondiale: ça va chier!

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