Interview du Dr Montagnier sur la lutte contre le VIH

Le Dr Luc Montagnier, Prix Nobel (partagé) de Médecine en 2008 pour la découverte du VIH, est interviewé par Brent Leung lors de la réalisation du documentaire House of Numbers, dont j’ai déjà eu l’occasion de faire une très brève présentation ici (brève car le film n’est toujours pas distribué en France, malgré son franc succès sur le circuit des festivals américains et anglais).

L’interview du Dr Montagnier qui apparaît dans le documentaire est courte, mais vu l’importance de ses déclarations le réalisateur a publié une version longue de cet entretien visible ici:


AIDS truth exposed Un-cut footage
envoyé par Ricci1003. – Regardez les dernières vidéos d'actu.

C’est bien Montagnier qui parle, bien sur dans le contexte classique de la causalité VIH/SIDA, mais il dit clairement qu’un système immunitaire en bonne condition est capable de lui-même d’évacuer le VIH, et que le nombre de  sidéens pourrait être fortement diminué – notamment en Afrique – si on s’occupait avant tout d’hygiène et de nutrition plutôt que de médicaments et de vaccins.

Ce discours rappellera peut-être quelque chose à ceux et celles qui suivent cette affaire depuis le début…

Un autre témoignage intéressant est celui de Terry Michael, journaliste et directeur du Washington Center for Politics and Journalism, pas exactement le modèle-type du révisionniste conspirationniste, qui écrit un article sur son blog intitulé un “special report” intitulé (ma traduction) “La fin du SIDA plus proche que nous le pensons? – Ré-examen du VIH à l’occasion de son 25eme anniversaire“.

Dans ce billet l’auteur revient sur les déclarations de Montagnier puis creuse certains aspects politico-financiers de l’industrie VIH/SIDA avant de revenir sur les statistiques de contamination et de mortalité liés au SIDA. L’estimation actuelle fournie par UNAIDS est de 33 millions de personnes infectées, ce chiffre recouvrant aussi bien les séropositifs (infectés par le VIH mais pas au stade SIDA) et les sidéens. L’auteur s’inquiète du fait que l’UNAIDS ne peut pas faire de distinction entre les deux situations. Sans ces données, comment UNAIDS justifie t-il alors l’assertion comme quoi de 900 à 1000 personnes meurent chaque jour du SIDA en Afrique du Sud, par exemple? Pas de réponse, c’est une projection du modèle mathématique de UNAIDS…

L’auteur constate ensuite l’énorme différence entre la statistique de mortalité annuelle fournie par UNAIDS pour l’Afrique du Sud (de l’ordre de 320 000 décès) et le rapport officiel du gouvernement sud-africain de 2007 qui donne le chiffre de 13 521 décès liés au VIH (soit moins de 5% du chiffre UNAIDS).

Ce “special report” couvre également les effets des différences dans la définition du SIDA et de la séropositivité d’un pays à l’autre, prenant l’exemple des USA et du Canada. C’est cette différence de définition (que l’on pourrait penser surprenante dans le cas d’une causalité établie entre VIH et SIDA) qui fait que le CDC américains recensait, en 2006, 37 852 nouveaux cas (sur une population de 300 millions, soit 0,012%) alors que l’équivalent Canadien CIDPC recensait 228 nouveaux cas sur une population de 34 millions (soit 0,00067%). Autrement dit le taux d’infection au VIH est vingt fois moindre au Canada qu’aux USA… Epidémiologiquement parlant c’est bien sur une aberration, ces deux pays étant très proches géographiquement et culturellement, mais quelle est l’implication d’une telle différence sur la “réalité” de l’infection VIH?

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