Nouveau rapport des Nations Unies sur la suite du génocide Rwandais

Un rapport en cours de publication par les N.U. revisite les évènements qui se sont déroulés au Congo (à l’époque, le Zaire) suite à l’établissement du nouveau régime Rwandais de Paul Kagame en 1994. L’intervention au Rwanda du FPR de Kagame depuis sa base Ougandaise pour mettre fin au massacre des Tutsi n’est évidemment pas remise en cause, mais néanmoins ce rapport pourrait être dommageable politiquement pour Kigali car il fait état d’un autre génocide, cette fois-ci perpétré par le FPR contre la population civile de l’Est du Congo (dont de nombreux réfugiés Hutus, civils et militaires, ayant quitté le Rwanda à l’arrivée du FPR).

Le rapport couvre les grandes phases de massacres auxquelles durent faire face ces population de l’Est du Congo: une première phase de 1993 à 1996 examine les atrocités commises par les forces Zaïroises de Mobutu contre la minorité Tutsi de cette région, ainsi que les raids menés par les réfugiés Hutu sur le territoire Rwandais à partir de camps de réfugiés au Zaïre gérés par l’ONU. Raids conduits par des éléments de l’ex-armée nationale Rwandaise et par la milice Hutu Interahamwe, les deux principaux vecteurs du génocide Rwandais.

En 1996 ces camps furent fermés et les réfugiés Hutus au Zaïre furent pris en chasse par les forces Rwandaises associées aux forces de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo de Laurent Kabila, qui allait devenir Président du Congo l’année suivante (et père du Président actuel, Joseph Kabila). Cette énorme chasse à l’homme fit, selon le rapport, des ravages dans la population Congolaise en plus de la population réfugiée. Les assaillants ne faisaient pas la différence entre Hutus refugiés Rwandais et Hutus Congolais, tuant tout le monde.

Une autre phase de 1998 à 2001 couvre la seconde guerre Congolaise, au cours de laquelle 8 pays africains se disputaient le contrôle du Congo, ce comme d’habitude aux dépends de la population. Encore aujourd’hui des bandes armées issues de ce conflit terrorisent la campagne et violent des milliers de femmes chaque année.

Cette investigation de l’ONU avait débuté en 1997 mais s’était heurtée d’une part au refus de Laurent Kabila d’ouvrir l’Est du Congo aux enquêteurs, et d’autre part aux bonnes relations entretenues par le Rwanda avec les USA et le Royaume-Uni. Néanmoins la découverte en 2005 de trois grandes fosses communes dans la province du Nord Kivu permit de relancer l’enquête qui abouti aujourd’hui avec ce rapport que le New York Times s’est procuré en avant-première.

Nous verrons dans les semaines ou les mois qui suivent si ce rapport donne lieu à un procès.

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