Monthly Archives: December 2010

Quand arrêterons-nous de nous sécuri-taire?

La glissade de la France vers le bas du classement de Reporter sans Frontières, 44 sur 178 en 2010 et avant-dernière du groupe Europe de l’Ouest, une reculade de 33 places en huit ans, ne va certainement pas s’arranger depuis l’adoption de LOPPSI2. Prendre la 50ème place à l’Italie en 2011 est tout à fait réalisable, même si Berlusconi & Cie vont se battre comme des diables pour garder le bas du classement de ce groupe. Bref, une belle bataille en perspective mais au-delà des questions sportives, quand arrêterons-nous de nous sécuri-taire?

Se sécuri-taire, c’est accepter la dictature du tout-sécuritaire, qui n’est que la main gantée de la dictature technocratique et policière pourrissant tous les espaces de vie au nom de la sacro-sainte “sécurité”. C’est fermer nos gueules, d’autant que n’importe quel fonctionnaire ou politique pourra dorénavant faire fermer sans autre forme de procès les sites et blogs allant à l’encontre du politiquement correct du moment. Se sécuri-taire, c’est accepter que les petites cantines de villages ferment car incapables de répondre aux demandes surréalistes des services d’hygiène et sécurité – plus précisément, aux demandes des lobbies de l’agroalimentaire industriel. Car il est bien sur plus “sécurisant” et sans doute plus “durable” pour nos enfants de manger les cochonneries à la Sodexo préparées en usine et véhiculés par camions que de manger les légumes et oeufs (ne parlons même pas de la viande) des fermes voisines. Il est évidemment plus sûr de ne plus faire de sorties de classes, vu l’escorte armée qu’il sera bientôt nécessaire de louer pour aller visiter le musée local. Et puis surtout faudrait quand même pas que les gamins se cultivent, ça pourrait les faire réfléchir. Se sécuri-taire, c’est accepter que les services de l’Etat se fassent corrompre par l’industrie pharmaceutique pour écouler des vaccins foireux et inutiles associés à un message de peur, ou inonder le paysage avec des tests rapides de séropositivité totalement décontextualisés.  Se sécuri-taire, c’est laisser les flics mettre 800 000 personnes par an en garde à vue, dans des conditions de stabulation animale, en bonne partie pour des faits (si faits il y a) ne relevant pas de la criminalité. C’est laisser le pouvoir répandre sa haine xénophobe à l’encontre des pauvres types, femmes et enfants sans papiers sous couvert d’une simple nécessité administrative que rien d’objectif ne justifie. Se sécuri-taire, c’est continuer d’accepter de se faire bouffer le croupion par les forces de l’argent spéculatif, du rendement à deux chiffres, en ce disant que ça pourrait être pire. Effectivement, elles pourraient demander un rendement à trois chiffres.

Je formule donc un voeu pour 2011: que la population refuse massivement de se taire par sécurité. Et je salue tous ceux et celles qui refusent de se taire, même d’une toute petite voix car comme le dit la fable du colibri, l’important est que chacun fasse sa part.

Bon réveillon et Bonne Année à toutes et à tous!

Police: lettre ouverte au premier ministre

Deux policiers, auteurs de livres qui leur ont valu une mise en cause pour manquement à l’obligation de réserve, interpellent le chef du gouvernement. Le premier, le commandant Philippe Pichon, est l’auteur du Journal d’un flic (Flammarion, 2007). La seconde, l’adjoint administratif Sihem Souid, a publié cet automne Omerta dans la police (Le Cherche Midi).

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«Si nous nous adressons directement à vous, Monsieur le Premier ministre, c’est que, dirigeant la politique de la Nation, et disposant pour ce faire de l’administration (art. 20 de la Constitution), vous êtes l’organe majeur de l’appareil administratif de l’État. Ce faisant, vous avez compétence pour assurer le bon ordre qui doit régner dans notre démocratie pour que la continuité normative de l’État soit assurée.
Cette responsabilité exclusive dans la conduite de la politique de la Nation entraîne également l’existence d’une responsabilité politique, exercée constitutionnellement devant le Parlement, bien plus sûrement que devant le président de la République.

La dignité humaine est une valeur fondamentale de notre société qui mérite à ce titre la protection du Droit. Il est malgré tout difficile de définir précisément la dignité qui apparaît plutôt comme une notion permettant d’en englober de nombreuses autres. On peut, en conséquence, porter atteinte à la dignité de nombreuses façons. Ce qui semble pouvoir faire l’unité de la notion de « dignité », c’est en réalité la notion même « d’humanité ». Porter atteinte à la dignité d’un individu, c’est nier son caractère d’être humain.

En ce sens, Monsieur le Premier ministre, les atteintes portées à deux policiers à travers le rôle qu’ils remplissent dans la République des citoyens, en leur déniant ce rôle par exemple, peuvent aussi réaliser une grave atteinte à la dignité de ces fonctionnaires.

En effet, l’un (commandant de police) et l’autre (adjoint administratif) sommes aujourd’hui accablés par des procédures contentieuses, dont le but véritable d’atteindre à notre dignité sociale permet à certains de nos chefs de lâcher des coups dirigés en réalité contre notre statut de policier républicain, impartial et diligent.

Les agissements répétés et insistants du ministère de l’Intérieur, sous la tutelle de M. Hortefeux, ont eu pour objet et pour effet une dégradation de nos conditions de travail telle qu’elle compromet gravement notre avenir professionnel. Or, nul ne peut apporter aux droits des personnes au travail et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché, si l’on en croit quelques décisions du Conseil constitutionnel.

Malgré ce harcèlement moral, nous réaffirmons que le « devoir de réserve » ne crée pas un privilège, une prérogative, ou une protection pour certains chefs policiers indélicats vis-à-vis de collaborateurs indociles. Il s’agit avant tout d’une obligation qui est faite au policier de neutralité et d’objectivité dans ses relations avec les usagers et ne concerne donc pas ses rapports avec les chefs. Le « devoir de réserve » viserait même, selon nous, à garantir aux policiers une pleine liberté de conscience sans craindre des reproches, voire des représailles, sur le plan disciplinaire !

Car ces quelques chefs policiers indignes ne sont pas « couverts » mais « soumis » au même « devoir de réserve » auquel sont « astreints » leurs subordonnés. Hélas, aujourd’hui, ce « devoir », qui n’est ni une obligation absolue de se taire ni une interdiction générale de s’exprimer publiquement, est devenue une arme de dissuasion massive pour certains chefs policiers contre des collaborateurs jugés trop « progressistes ».

Ainsi, devant de graves dysfonctionnements dans son institution, dans quelles circonstances un policier peut-il parler, doit-il parler, peut-il se taire, doit-il se taire ? L’on mesure là la prudence avec laquelle un policier doit examiner les intérêts en présence, avant de prétendre bénéficier de la permission légale de dénoncer ces dysfonctionnements. Le policier qui est confronté à la délicate situation d’avoir à choisir entre respecter le « devoir de réserve » et dénoncer les dérives de son institution est placé devant ce qu’il est convenu de nommer : une option de conscience.

Mis en cause pour « violation de secret professionnel », nous allons être contraints, Monsieur le Premier ministre, à démontrer que cette obligation statutaire et le « tas de petits secrets » (selon l’expression de Malraux) qui l’accompagne a une portée plus large que la seule protection de faits qui ne doivent pas être révélés et le voile pudique que le policier doit conserver pour que les informations qu’il détient sur les dysfonctionnements graves de son institution ne soient pas connues des citoyens.

Il y a très longtemps que nous avons fait fi des pratiques coutumières de l’institution « Police ». Seule la légalité nous guide, policiers auxiliaires d’une Justice indépendante. Nous rendrons compte à celle-ci d’informations dont nous avons eu connaissance dans le cadre de l’exercice de notre métier et serons jugés à cette aune. Car pour contrer les allégations déshonorantes de nos hiérarchies respectives, la production en Justice de documents de nature à jeter le doute sur nos accusateurs est incontestablement nécessaire à un procès équitable et au principe de la contradiction. C’est d’ailleurs là le sens même de nos deux ouvrages récemment parus.

Croyez bien, Monsieur le Premier ministre, que nous vivons comme un échec d’avoir à dénoncer nous-mêmes et publiquement le comportement parfois déviant et peu honnête de certains de nos chefs. S’ils sont si peu nombreux, pourquoi sont-ils si puissants ?

Au procès d’une certaine flexibilité du « devoir de réserve », l’égalité procédurale d’agents publics se trouvant dans une situation semblable pourrait aussi relever de désagréables surprises : pour un manquement au « devoir de réserve », un officier ici fait l’objet d’un blâme pour avoir écrit un livre et, là, un autre est nommé sous-préfet pour avoir défendu l’État-UMP…

Le « devoir de réserve » tel que nous le pratiquons n’est pas incompatible avec l’exigence démocratique d’une police transparente et moderne ou les débats publics. C’est ainsi que nous nous sommes toujours jurés de remplir nos fonctions avec impartialité et diligence, en toute loyauté, intégrité et dignité, dans le respect du secret professionnel. Avec cette seule réserve : avant d’être au service du carnet d’adresses de nos chefs, l’être à celui de la Loi et de nos concitoyens.

Quoiqu’il nous en coûte, soyez assurés Monsieur le Premier ministre, que nous resterons attachés à ce que la Police Nationale demeure l’outil privilégié de l’État pour garantir aux citoyens l’exercice des droits, devoirs et libertés réaffirmés par la Constitution de la Vème République, dont le préambule est empreint de la noblesse et de la légitimité des principes fondamentaux de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen d’août 1789.

Philippe PICHON, commandant de police
Sihem SOUID, adjoint administratif

Source: http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/201210/police-lettre-ouverte-au-premier-ministre

Signifiance et conséquences des tests de séropositivité au VIH

Cette première vidéo de 12 minutes (anglais/allemand) est un ensemble d’extraits d’un documentaire plus complet en cours de réalisation au sujet de personnes confrontées à la séropositivité mais qui ont refusé ou arrêté les traitements anti-viraux. Ces personnes relatent leurs expériences de séropositifs non traités et en bonne santé, et dénoncent l’industrie du VIH. On y retrouve Karri Stokely, dont j’ai déjà publié un témoignage sur ce blog. Si ce sujet vous surprend, je vous invite à d’abord lire le billet Pourquoi la polémique sur le VIH Read more

L’agriculture biologique encaisse un mauvais coup

Communiqué de presse commun Confédération paysanne – Nature et Progrès – FNAB

Afin de faire des « économies », le gouvernement fait flèche de tout bois, s’attaquant aujourd’hui au crédit d’impôt pour l’agriculture biologique en le divisant par deux.
Le projet de loi de finances 2011, qui vient d’être adopté par le Sénat, réduit de 4 000 à 2 000 € le montant du crédit d’impôt sur le revenu dont bénéficient les agriculteurs convertis à l’agriculture biologique. Read more

Voyager à la limite du système solaire

A 17,4 milliards de km de la Terre et 33 ans après son lancement, la sonde Voyager 1 approche une étape majeure: sortir du système solaire. En effet la sonde détecte actuellement que le flux de particules (vent solaire) a changé de direction, il n’est plus dirigé vers l’extérieur du système mais se déplace latéralement, signe de la frontière (héliopause) entre le système solaire et l’espace interstellaire. Frontière qu’il devrait avoir traversé d’ici cinq ans à raison d’une vitesse de croisière de 17 km/seconde.


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Vaccin Gardasil: “Judicial Watch” expose les effets secondaires signalés aux Etats-Unis

L’ONG conservatrice “Judicial Watch” a annoncé le 28 septembre les résultats de sa dernière demande auprès de la FDA (Food and Drug Administration: agence du médicament des Etats-Unis), en application de la loi sur la liberté de l’information (Freedom of Information Act). Celle-ci oblige toute institution publique à donner les renseignements en sa possession sur simple demande écrite de n’importe quel citoyen.

Extrait:

Risques un peu trop fréquents pour un bénéfice non démontré Read more

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