Question de propriété intellectuelle

La propriété privée est le fondement de l’économie traditionnelle, et de manière générale nous sommes sans doute d’accord sur l’idée que le fait de prendre quelque chose appartenant à autrui sans permission ou compensation est du vol. C’est évident dans le domaine matériel, mais l’extension de ce concept dans le domaine intellectuel a t-il un sens? En effet le fait de prendre une idée (ou un concept, une création, une découverte etc..) à quelqu’un ne lui enlève pas l’idée ni le droit de l’utiliser. Ce que cela peut lui enlever, par contre, ce sont les bénéfices qu’il peut tirer du fait d’avoir le monopole de cette idée (les royalties). Mais le système des royalties et donc de la reconnaissance du concept de propriété intellectuelle, supposé promouvoir l’innovation (c’est la rengaine de Microsoft vis-à-vis du logiciel libre par exemple), concoure t’il réellement au bien commun? La vidéo ci-dessous analyse la légitimité du concept de propriété intellectuelle.

Albert Jacquard démonte le concept de ‘Propriété Intellectuelle’ from kassandre on Vimeo.

Outre les aspects philosophiques de la question de la légitimité de la propriété intellectuelle, ses aspects concrets prennent notamment la forme de l’ACTA (Accord commercial anti-contrefaçon) dont la mise en oeuvre elle-même démontre l’opacité démocratique et la mise en avant d’intérêts commerciaux bien spécifiques sous couvert d’une “chasse aux pirates”.

Voici d’ailleurs ce que l’on peut lire sur Wikileaks au sujet de l’ACTA (source: Numerama):

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Wikileaks dispose de nouvelles informations sur l’ACTA. C’est ce qu’a affirmé Julian Assange au cours d’un entretien avec les lecteurs du Guardian. Le site lanceur d’alerte s’était déjà illustré en 2008 en dévoilant l’existence d’un accord commercial anti-contrefaçon négocié entre les grandes puissances.

Le 3 décembre dernier, Julian Assange a participé à un entretien avec les lecteurs du Guardian. Au cours de la séance de questions / réponses, le porte-parole de Wikileaks a indiqué que certains des 251 287 télégrammes diplomatiques issus du réseau des ambassades américaines concernent directement l’accord commercial anti-contrefaçon (ACTA).

Oui, nous avons des fuites sur l’accord commercial anti-contrefaçon, un cheval de Troie conçu dès le début pour satisfaire les principaux acteurs liées aux industries de la propriété intellectuelle et des brevets. En fait, c’est Wikileaks qui a le premier attiré l’attention du public sur l’ACTA – avec une fuite” a expliqué Julian Assange, même s’il n’a pas détaillé les informations en sa possession.

En 2008, Wikileaks avait effectivement révélé le contenu d’un accord négocié en secret par les principales puissances du monde. L’an dernier, le site lanceur d’alerte avait diffusé d’autres documents liés à l’accord commercial anti-contrefaçon, dont ceux rédigés par la direction générale du commerce de la Commission européenne

Ces différentes fuites avaient suffisamment agacé la MPAA pour qu’elle demande en septembre dernier, au cours d’une réunion informelle organisée par le gouvernement mexicain, s’il s’était possible d’obtenir le blocage de Wikileaks, grâce aux dispositions de l’ACTA.

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A lire également sur le sujet de la propriété: “le partage est légitime“.

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