False Flags Unraveling

Pour son édition du 27 février, James Corbett revient sur les trois “false flags” (“faux drapeau”, une opération conduite contre son propre camp afin d’obtenir une légitimation politique) que sont – d’après lui et pas mal de médias alternatifs aux US et ailleurs – les attentats d’Oklahoma City en avril 1995, de New York le 11 septembre 2001, et de Londres en juillet 2005. Corbett se base sur des révélations journalistiques et judiciaires récentes.

Attentat de Londres (7/7) : le journal The Guardian a sorti ce mois-ci une série d’articles sur les bizarreries du dossier, et notamment le fait que Mohammed Junaid Babar, le musulman (éduqué aux US) qui avait mis en place les camps d’entrainement au Pakistan où il enseignait la construction de bombes à, entre autres, le “chef terroriste du 7/7″ Mohammed Sidique Khan, était en fait un informateur américain qui coopérait avec les autorités américaines bien avant son arrestation en 2004. D’après des documents judiciaires obtenus par le Guardian, Babar a travaillé avec le FBI et d’autres gouvernements dans l’investigation autour du 7/7 et des agissements de Al-Quada en général. Suite à cela Babar, seul inculpé en tant que co-responsable de cet attentat et placé de facto en détention à vie, se voyait discrètement libéré par les autorités américaines après seulement 4 ans et demi de détention. Chose évidemment totalement inacceptable pour, entre autres, les familles de 52 personnes tuées dans cet attentat aveugle. Pour Corbett, la seule explication logique à cet état de fait est que Babar est effectivement un opérateur des services secrets américain. Comme le dit ensuite un parent d’une des victimes, dans ce cas pourquoi les autorités – qui savaient nécessairement ce que faisait Babar et à qui ils avaient affaire – n’ont pas stoppé l’attentat à temps. Dans le cadre d’un false flag, la réponse est évidemment afin de faire peur à l’opinion publique et de légitimer par la suite un train de mesures liberticides “pour la sécurité du pays” et qui bénéficient directement à certains intérêts particuliers.

Attentat de Oklahoma City: Le FBI aurait reçu un appel un jour avant l’explosion de l’immeuble fédéral à Oklahoma City, soit le 18 avril 1995, avertissant de cet attentat. Appel resté sans conséquence. D’après l’avocat Jesse Trentadue, qui travaille ce dossier depuis le début, des documents du FBI obtebus au nom du Freedom of Information Act révèlent comment Michael Sleby, avocat travaillant “off the books” pour le FBI, avait tenté en 2005 de faire un deal avec le poseur de bombe Terry Nichols (co-auteur de l’attentat avec Timothy McVeigh, lui-même exécuté en juin 2001) pour remplacer  sa condamnation à mort par une autre peine en échange que Nichols reconnaisse être l’auteur du coup de fil d’avertissement du 18 avril (ce qu’il n’est pas). Interview plus complète de Trentadue ici. Autrement dit le FBI sait qui a passé ce coup de fil mais ne veut pas le dire et ne peut éliminer les traces du fait, donc cherche à le mettre sur le dos de Nichols. Pour qu’il y ait effectivement “false flag”, il faudrait soit que le vrai informateur soit “de la maison” (un remord de dernière minute?), soit que le FBI ait décidé sciemment de ne rien faire afin que l’attentat ait lieu et que l’on pusse ensuite l’utiliser politiquement.

Attentats du 11 septembre (11/9): vaste chantier, mais Corbett se concentre aujourd’hui sur Donald Rumsfeld: d’une part son explication abracadabrante pour justifier la “disparition”, le 10 septembre 2001 (1 jour avant l’attentat) de 2,3 milliards de dollars des comptes du Pentagone. Finalement, 10 ans plus tard, d’après Rumsfeld il s’agissait tout bêtement d’un problème de traçabilité comptable… Ben voyons.  Plus fort encore, lors d’une récente interview radiophonique du même Rumsfeld sur le Mancow Muller Show, questionné sur le sujet de la tour n° 7 (tombée comme les deux autres mais sans avoir subi d’impact, voir par exemple ce billet), Rumsfeld prétend ne pas être au courant de cette tour. Donc le Secrétaire à la Défense américaine, le 11 septembre 2001 et jusqu’au 23 février 2011, ne savait pas qu’il existait une tour WTC 7 de 47 étages abritant toute une série de services fédéraux et qu’elle était aussi tombée? C’est tellement énorme que l’on se demande si ce n’est pas un hoax,  mais il semble bien que non.

Tout ceci semble hautement conspirationniste, pourtant le Guardian a bien les preuves de ce qu’il avance, Trentadue a bien les documents du FBI, les interviews de Rumsfeld ne sont pas truquées, et la tour WTC n°7  est bien tombée “toute seule”. Nous sommes donc bien a priori face à des symptômes (pour certains, des preuves accablantes) de graves dysfonctionnements dans l’appareil gouvernemental américain. Dysfonctionnements ou volonté de faire, that is the question à laquelle le temps va très certainement continuer à apporter des éléments de réponses. Pour ma part et pour avoir suivi ces affaires depuis pas mal d’années, je suis de ceux qui considèrent Rumsfeld (et d’autres de l’équipe W. Bush) comme des parfaits représentants d’une über-mafia de grands criminels ayant infiltré les hautes sphères du système gouvernemental américain (et pas seulement américain, voir ce récent billet sur l’hypocrisie et la corruption des classes politiques délinquantes.) et dont les objectifs sont l’enrichissement personnel massif par le contrôle des ressources et des populations qu’ils prétendent représenter. La démocratisation des technologies de l’information permet, encore, à une multitude de petites entités autonomes de creuser les sujets qui fâchent, d’informer et de percer des trous dans les discours de la pensée unique officielle. Pour combien de temps encore, je l’ignore.

On peut espérer, comme ce fut récemment le cas en Tunisie, en Egypte et actuellement, dans l’esprit du moins, au Wisconsin, que l’alliance entre un ras-le-bol de plus en plus généralisé, une reconnaissance de la réalité des manipulations et des exactions de cette über-mafia, et l’accès à l’outil réseau globalisé génère une vague de fond capable de détruire cette classe prédatrice et délinquante et nous fasse revenir à des démocraties dignes de ce nom.

Ci-dessous la vidéo du Corbett Report du 27 février.