Test clinique RV144 pour vaccin anti-Vih. Que faut-il comprendre?

Lisant cet article sur Futura-Sciences intitulé VIH : pourquoi un vaccin contre le Sida a été partiellement efficace ?, je ne sais pas s’il s’agit de quelque chose de sérieux ou du foutage de gueule à visée subventionniste…

L’espoir était né en 2009, en Thaïlande. En septembre de cette année-là, des chercheurs annonçaient avoir conçu pour la première fois un vaccin pouvant protéger partiellement l’Homme du VIH, le virus du Sida, dans un test clinique nommé RV144. Cependant, seuls 31,2 % des sujets vaccinés (des personnes alors séronégatives au virus du Sida) avaient été en mesure de contrer la maladie, alors que pour des vaccinations plus classiques, l’efficacité dépasse généralement les 95 %.”

Alors, 31,2% d’un groupe séronégatif vacciné reste séronégatif au terme de l’étude. Mais comment sait-on que c’est du fait du vaccin? Ont-ils tous reçu une dose de Vih en même temps que le vaccin? Poussés dans les bras de prostituées ou de gigolos séropositifs? Et même dans ce cas, sachant que le taux officiel de transmission du Vih par voie sexuelle ”classique” est de l’ordre de 0,05% il faudrait attendre 1000 rapports  à risque pour atteindre 50% de chance  d’infection…  Donc je ne comprend pas la méthode.

Comment le vaccin a-t-il fonctionné ? Est-ce grâce à des anticorps, à des cellules particulières du système immunitaire ? Et pourquoi seul un tiers des individus a été protégé ? Grâce à une collaboration internationale de grande ampleur, les chercheurs commencent enfin à entrevoir des pistes de réponse, expliquées dans le New England Journal of Medicine.

J’aurais pensé que la question du “comment” se serait posée avant la mise en oeuvre du test… Ca existe, des gens a priori en bonne santé qui acceptent de se faire piquer avec un vaccin contre le Vih (qu’ils n’ont pas) dont on ne connait pas le principe de fonctionnement ni, a fortiori, les effets secondaires?

L’article parle ensuite de la traque de deux anticorps faisant partie du vaccin, VIV2 et C1, le premier avec un apparent effet inhibiteur et le second avec un effet accélérateur sur la propagation du virus. L’article dit même “Le vaccin aurait-il pu stimuler la propagation d’un virus mortel ? Étrange et inquiétant.“. Je ne vous le fait pas dire, presque aussi inquiétant que la méthode employée.

Dans la dernière partie on enfonce le clou: “Le problème pourrait être plus complexe. Les scientifiques supputent que C1 pourrait annuler les effets protecteurs de V1V2…. Les scientifiques ne peuvent pas encore affirmer que les anticorps soient directement impliqués dans la protection ou la facilitation de l’infection par le VIH. Ils pourraient bien être simplement les intermédiaires d’une machinerie plus sophistiquée…. Des études ultérieures sont donc prévues pour mieux cerner tous les mécanismes. Dans un éditorial paru simultanément à l’étude, les auteurs précisent que ces expériences risquent d’être très difficiles à mener, mais qu’elles sont nécessaires. Car si elles sont réussies, elles pourraient enfin ouvrir la voie à un vaccin contre le Sida vraiment efficace.”

Donc je résume: dans le cadre d’une étude dont la méthode semble difficilement compréhensible, on injecte un vaccin dont on ignore les modalités de fonctionnement pour un résultat indéterminé mais qui appelle de longues, complexes et certainement très coûteuses études complémentaires… De qui se moque t’on?

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