L’appel des sirènes ou sirènes à la pelle?

Si à titre d’expérience personnelle et poétique l’existence des sirènes ne fait pour moi plus guère de doutes,  à titre de démonstration scientifique il reste du chemin à parcourir mais on ne part pas de rien non plus. J’ai précédemment proposé cet article intitulé “Etre humain: où sont les poils?” faisant un rapide état des lieux de la théorie dite “aquatic ape”, proposée dans les années 60 par un certain Alistair Hardy de l’université d’Oxford et visant à donner une explication à l’indubitable mais difficilement explicable réalité humaine: nous n’avons presque pas de poils et un certain nombre d’autres caractéristiques (position du larynx, capacité à tenir notre respiration, flexibilité dorsale, capacité de nos bébés à nager dès la naissance, couche de graisse cous-cutanée, etc..) qui n’apportent pas d’avantages (et nombre de désavantages) à un animal terrestre mais qui, par contre, sont tout à fait compatibles avec une adaptation aquatique. La possibilité d’allers et venues entre formes terrestres et aquatiques n’a, en elle-même, rien de révolutionnaire: les cétacés ont des ancêtres terrestres, les premiers animaux terrestres sont très probablement venus de la mer, l’ours polaire actuel est en cours de métamorphose entre un ours terrestre et un animal aquatique. Selon les tenants de la théorie du “primate aquatique“, l’ancêtre de l’homme moderne serait passé voici quelques millions d’années par une phase marine, lui procurant ainsi certaines caractéristiques typiquement aquatiques, avant de retourner à un environnement essentiellement terrestre.

Mais en seraient-il tous revenus? Peut-on imaginer que certains de ces hominidés aquatiques ne soient pas revenus sur terre mais aient continué à vivre dans l’eau et à s’y adapter au point de ne plus jamais avoir besoin de revenir à terre? L’imaginer, oui bien sur: les textes et légendes faisant apparaître des sirènes ne manquent pas, et ce de l’Europe à l’Afrique et à l’Asie. On peut même en voir une sur un rocher à Copenhague, quand elle n’est pas en déplacement…

La sirène fait partie de la mythologie humaine depuis bien longtemps mais il me semble impossible d’affirmer qu’elle n’est que mythologique: à partir du moment où les mammifères marins existent, on ne peut exclure d’office la possibilité que des hominidés aquatiques, des “sirènes”, aient pu exister, voir existeraient encore aujourd’hui cachés dans les profondeurs océaniques. Comme on peut le lire dans le Livre Bleu résumant le Grenelle de l’Environnement: près de 95% du fond des océans n’a jamais été exploré.  L’utilisation de sonars pour émettre et capter des signaux sous-marins, dont l’un des effets néfastes est “l’aveuglement acoustique” des baleines qui en arrivent à s’échouer, n’a fait qu’augmenter le suspens: certains bruits marins, d’origine organique, restent non identifiés. Voir par exemple l’histoire du “Bloop” détecté en 1997.

Plus récemment, un pseudo-documentaire intitulé “Mermaids: the body found” développe l’hypothèse en se basant sur la théorie de l’aquatic ape et sur la place de ces “légendes” dans l’histoire de l’humanité.

Je dis “pseudo-documentaire” car il s’agit en fait d’une fiction tournée à la manière d’un documentaire, un peu comme l’était le fameux “Blair Witch Project”. Il n’en reste pas moins vrai que l’ensemble se tient et est, à ma connaissance, la première oeuvre visuelle et grand public à faire le tour de la question.

Voici l’occasion de relancer le débat sur la théorie du primate aquatique (théorie volontairement ignorée par l’establishment car elle n’ente pas dans la vision académiquement correcte de l’évolution, sans pour autant fournir de réponses sérieuses aux questions posées par ladite théorie) et, de manière tout aussi passionnante, voir dans quelle mesure la mythologie autour des sirènes aurait, peut être, une base de réalité faite de chair et d’os…

 

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