Category Archives: Science & techno

Toi, moi, Facebook et les autres

psychotherapie-couple

 

- Dis-moi que tu m’aimes!

- Ben oui euh je t’aime, on vient de passer un super week-end en zamoureux, tu as déjà oublié?

- Non, dis-moi que tu m’aimes sur Facebook, crétin!

 

En trois lignes, l’introduction d’un débat auquel de plus en plus de couples sont confrontés, et pas seulement les jeunes hyperconnectés: du fait des réseaux sociaux et notamment Facebook, l’amour est en voie de passer de la zone intime, l’entre-toi-et-moi, à la zone publique de la valorisation personnelle 2.0.

L’amour, a priori vecteur de bonheur partagé et graal de ceux et celles qui ne l’ont pas encore (re)trouvé, transformé en outil d’autopromotion et de domination: aimes-moi sur FB ou je te quitte, like ma photo si tu es vraiment amoureux, et arrête de commenter les publications de ceux ou de celles que je n’aime pas.

Un peu extrême? Pas sûr, à en lire les articles divers et variés (liste non exhaustive ci-dessous), et je ne doute pas que certain(e)s lisant ceci et ayant l’expérience de l’association amour/résocs puissent aussi en parler.

Statistiquement, selon cet article du NouvelObs, les réseaux sociaux ne modifient pas le nombre de couples, mais il accélère le mouvement: on trouve plus vite, on quitte plus vite. Les réseaux sociaux et notamment Facebook sont de plus en plus souvent cités dans les causes de séparation, mais aussi en tant que moyen d’estimation par les juges du niveau de vie réel des personnes en cours de divorce: si vous prétendez à l’insolvabilité mais que votre compte Facebook regorge de photos de vous dans des paradis tropicaux, ça ne va pas le faire.

Selon cet article de Lily Ponthieux dans Mycommunitymanager.fr, aujourd’hui deux couples sur cinq se sont rencontrés sur les réseaux sociaux. Et d’ajouter: Nous ne sommes plus deux dans une relation, nous sommes deux plus les autres. Ce nouvel usage de la vie de couple modifie considérablement notre gestion des sentiments au quotidien : la jalousie est le parfait exemple de ce changement qui s’opère chez nos nouveaux couples 2.0. Combien sont-ils à s’être séparés pour des photos, des commentaires postés qui ont suscité des disputes démesurées ? 

Elle introduit également le concept de dépendance affectivo-numérique: Les réseaux sociaux nous imposent une norme, sans même vous en rendre compte vous rentrez dans ce schéma sociologique de la dépendance affectivo-numérique. Être ami avec son partenaire sur Facebook, en dit suffisamment long sur l’état relationnel des couples de nos jours. Quels sont ces couples qui, dans une confiance absolue, acceptent de ne pas être amis sur Facebook ? Mais une intimité de couple bien ordonnée commence avant tout avec une intimité de soi-même bien ordonnée. Une relation libératrice repose sur un choix de vie volontaire et non un conformisme social

Que l’on soit ou non d’accord avec ce point de vue, ou que l’on se trouve soi-même confronté, ou pas, à une inflation inconsidérée de la place des réseaux sociaux au sein de nos relations amoureuses, le volume de publications semble attester de la réalité du phénomène. Et il n’y a là rien de bien grave, finalement, si les partenaires intègrent pareillement cette manière d’être, tout comme nos grands-parents ont du intégrer le téléphone (celui avec un fil et un gros boîtier en bakélite…) dans une culture basée sur l’écrit et la patience du retour du facteur. Mais c’est un gros “si” car, si la plupart d’entre nous (je parle en particulier des 40-50 ans qui ont pris le train 2.0 en marche) sont branchés et profitent des fonctions de partage, de veille internet et d’expression que sont Facebook & Co, la frontière que nous plaçons entre notre vie privée et notre profil publique n’est pas la même pour tout le monde – et nous pouvons nous trouver en décalage avec un conjoint qui pose cette frontière différemment. Et là, il n’y a pas de modes d’emploi, de guides, de bonnes ou de mauvaises façons de faire qui seraient validées par une quelconque autorité.

On retrouve la même teneur dans cet article du site protegersonimage.com dont je cite ce passage: Peu importe leur typologie, les réseaux sociaux prennent une place de plus en plus importante dans votre vie et participent au décloisonnement de vos différents cercles de fréquentation (pro, amis, famille, couple, etc).  Avec plusieurs centaines de millions d’adeptes et d’inscrits, ils s’imposent comme outils de communication et impulsent le changement. Bien entendu ces réseaux sociaux permettent aux adhérents de bénéficier de nombreux avantages, mais ils possèdent aussi de nombreux inconvénients et peuvent provoquer des désagréments, surtout dans la vie de couple. En effet, que ce soit la jalousie ou la méfiance, la surveillance du compte de l’autre, les disputes ou les infidélités réelles ou perçues, l’impact des réseaux sociaux sur la vie à deux est réel.

A tel point qu’une boîte a développé Between, un réseau social pour couples: le principe est de former un réseaux social juste pour deux (enfin, dans le schéma amoureux classique du moins) qui permet de partager photos, vidéos, textes hors du regard de l’espace public. La panacée? Peut-être, à condition de renoncer à l’aspect promotion personnelle, qui agit telle une drogue: la recherche du “j’aime” est sans doute à l’autopromotion 2.0 ce que le “high” est au fumeur de chichon.

 

Sans solutions toutes faites, il faut regarder les choses en face: comme le souligne cet article du site cestcalavie.com, les réseaux sociaux et Facebook en particulier sont des facilitateurs de rencontres, de communication et de promotion personnelle (on montre son meilleur “moi”, celui qui risque d’attirer le plus). Si ces fonctions intrinsèques sont perçues par l’un(e) comme un risque inacceptable (de faire une rencontre, de maintenir une relation cachée, etc..) la réaction immédiate est la montée en puissance du flicage, de la suspicion et des scènes de ménage, avant abandon de poste définitif de l’un ou de l’autre.

Pour éviter cela il faudrait soit accepter le risque et le minimiser en prenant soin du couple en le valorisant avant tout dans l’espace privé; soit limiter l’usage des réseaux sociaux à du non-personnel: activité professionnelle,recherche d’information mais sans “amis”, sans “likes” et sans nourrir le système avec quoi que ce soit ayant trait à notre vie privée. Pas évident si on est déjà impliqué dans une vie sociale connectée….

 

http://www.mycommunitymanager.fr/relation-de-couple-vs-reseaux-sociaux-un-match-impossible/

http://www.relationaide.com/2013/05/19/facebook-ami-ou-ennemi-du-couple/

http://tempsreel.nouvelobs.com/vu-sur-le-web/20120524.OBS6493/facebook-est-il-un-briseur-de-menages.html

http://www.protegersonimage.com/couple-reseaux-sociaux-quel-impact-dans-la-vie-a-deux/

http://sophiebrousseau.com/2013/11/26/couple-et-medias-sociaux-2/

http://zapside.com/393_un-reseau-social-gerer-sa-vie-couple.html http://www.cestcalavie.com/fidelite-couple-medias-sociaux.html

Un autre MOND est possible!

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J’ignore si George Lucas y pensait en inventant le côté sombre de la Force pour Star Wars, mais le monde des vraies étoiles est supposé être également doté de son côté sombre: la matière noire et l’énergie noire. Plusieurs articles de ce blog en parlent déjà, mais le but de celui-ci est de faire connaissance avec une hypothèse que l’on pourrait appeler “effet Jedi”: une solution ne nécessitant pas ce côté sombre pour expliquer la formation des galaxies – hypothèse dont le vrai nom est MOND (MOdifyed Newtonian Dynamics, ou Dynamique Newtonienne Modifiée), inventée en 1981 par le physicien israélien Mordehai Milgrom. Read more

NSA: The Day We Fight Back

Thanks for signing up to take part in The Day We Fight Back on February 11th 2014. In the last 6 months we’ve seen that government agencies, namely the NSA and GCHQ, have broken laws and twisted legal interpretations to create an infrastructure of mass surveillance of all of us online.This creates a dark form of censorship as people become afraid to speak freely — and it’s one that undermines our security and our right to privacy as well. As users of the Internet, we have a responsibility to defend its freedom.That’s why we’re planning this online protest. But we need you – the users of the Internet – the help make it happen.Will you forward the email below to your friends to urge them to join us?

Thanks.

David Segal,
Co-founder, Demand Progress. Read more

Quizz 2014: le mystère de l’effet placebo

La science fait face à de nombreux mystères, certain très éloignés de nos préoccupations quotidiennes, et d’autres nettement plus proches. Je lance ici une petite série d’articles présentant quelques uns de ces mystères, en commençant par l’effet Placebo.

Pierre Pichot formulait en 1961 le placebo de la manière suivante:  l’effet placebo est, lors de l’administration d’une drogue active, la différence entre la modification constatée et celle imputable à l’action pharmacologique de la drogue.

Une définition plus courante, issue de Wikipédia: Un placebo est un traitement d’efficacité pharmacologique propre nulle mais agissant, lorsque le sujet pense recevoir un traitement actif, par un mécanisme psychologique et/ou physiologique. Le médicament placebo ne contient que des composés chimiques neutres ou n’interférant a priori pas avec l’évolution de la maladie. Dans le cadre de la médecine allopathique, le placebo est équivalent en principe à la médecine homéopathique vu que dans les deux cas, au-delà d’une dilution de 9 CH, il n’existe plus d’effet actif mesurable dans la solution. Il ne peut donc, selon ce paradigme, s’agir que d’un effet psychologique et des expériences ont été menées pour en déterminer le mécanisme.
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De l’origine des origines

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En ces temps de célébration des origines d’une certaine vision du monde, il est peut être approprié de faire un petit tour du côté de l’origine des origines d’un monde que ni la religion, ni la science n’arrivent à décrire et à expliquer de manière complète et convaincante. Au contraire, la montée du simplicisme religieux, du créationnisme chrétien(1) au fondamentalisme islamique, fait écho à l’incertitude existentielle qui ronge la maison scientifique depuis quelques décennies avec la réalisation de l’irréalité du modèle matérialiste, déterministe et fondamentalement connaissable de l’univers. Non pas que l’on ne découvre plus rien, bien au contraire: on découvre de plus en plus, mais ces découvertes ne font qu’ajouter à la complexité, elles posent le plus souvent plus de questions qu’elles n’en résolvent. Read more

Guerre antibiotique: pour un retour au bon sens.

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Au 19ème siècle, la pionnière des soins infirmiers Florence Nightingale avait compris qu’un facteur majeur conditionnant la guérison des malade hospitalisés était l’accès à l’air frais et à la lumière naturelle. Les cliniques construites selon ces critères avaient des chambres à hauts plafonds, des grandes fenêtres qui s’ouvraient, et des balcons orientés au sud. Le soleil tue non seulement les bactéries aériennes ou au contact de la peau, mais a également un effet positif sur la tuberculose via l’augmentation de la vitamine D.

En 1928, Alexander Fleming découvrit la pénicilline. La puissance de cette découverte eu tôt fait de reléguer les principes d’aération et de luminosité au rang de curiosités, et dans les années 60 les médecins étaient convaincus que les maladies infectieuses étaient sur le point de disparaître sous la puissance de feu des multiples antibiotiques qui sortaient en rangs serrés des laboratoires.
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