Que faire d’en quête de sens?

Les projectionsCe lundi était projeté, au cinéma municipal de Cluny (71), le documentaire En quête de Sens nous invitant à un petit tour du monde de penseur(e)s qui tentent de répondre à une question simple: qu’est ce qui ne va pas avec le système actuel, et que faire. Continue reading

La banalité du mal, revisitée

Adolf Eichmann, au procès de Jérusalem en 1961

En 1963, la sortie du livre d’Hannah Arendt Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal a installé dans la pensée conteporaine la notion – sujette à débat dans les milieux philosophiques cependant – que le “mal” pouvait n’être rien de plus que l’exécution par des bureaucrates – dans le cas d’Eichmann, mais la notion s’applique à tout exécutant – d’ordres ou de politiques dont l’aspect immoral échappe au dit exécutant – qui peut par ailleurs passer pour un brave type en société. Il obéit, et il n’hésite pas le cas échéant – comme à Nuremberg ou comme dans tous les cas d’abus de pouvoir ou de violence par les institutions, les policiers, etc… – à invoquer son rôle de simple exécutant n’ayant pas le choix que de faire ce que l’on lui dit de faire. Continue reading

De l’origine des origines

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En ces temps de célébration des origines d’une certaine vision du monde, il est peut être approprié de faire un petit tour du côté de l’origine des origines d’un monde que ni la religion, ni la science n’arrivent à décrire et à expliquer de manière complète et convaincante. Au contraire, la montée du simplicisme religieux, du créationnisme chrétien(1) au fondamentalisme islamique, fait écho à l’incertitude existentielle qui ronge la maison scientifique depuis quelques décennies avec la réalisation de l’irréalité du modèle matérialiste, déterministe et fondamentalement connaissable de l’univers. Non pas que l’on ne découvre plus rien, bien au contraire: on découvre de plus en plus, mais ces découvertes ne font qu’ajouter à la complexité, elles posent le plus souvent plus de questions qu’elles n’en résolvent. Continue reading

La France rejette le droit au secret des sources pour les blogueurs

Encore une fois, la France “Pays des droits de l’Homme et de la liberté d’expression” remets un tour de vis à cette fameuse liberté d’expression en refusant le principe du secret des sources au journalistes “non-professionnels” – et ce malgré l’avis très ferme de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) avait qui jugé “essentiel de ne pas limiter la protection des sources aux seuls journalistes professionnels“, n’y voyant que corporatisme. Question qui fut abordée récemment dans mon billet “Du journalisme au journalisme open source“. Continue reading

Qu’est ce que la réalité?

Finalement, peut être que Douglas Adams n’avait pas tort quand il écrivait que “The answer to the ultimate question of life, the universe and everything is 42“. Car 42 est un chiffre  basé sur un concept que l’on appelle les nombres. Il aurait tout aussi bien pu écrire que “the answer…. is nothing“. Que la réponse est le rien. Ce à quoi Raymond Devos n’aurait pas manqué de répondre que le rien n’est pas rien vu que trois fois rien font déjà quelque chose…

Reprenons. Faisant pour le moment abstraction des approches spirituelles, chamaniques ou mystiques pour rester dans un réductionnisme bien rationnel et scientifique, la “réalité vraie” est l’élément ou la structure de base sur laquelle tout le reste est construit. Dans cette optique, la réalité que nous percevons est alors le fruit d’un processus à étages, avec en haut notre conscience et en bas… ce fameux élément ou structure fondamentale, cette “réalité vraie” d’où découlent toutes les autres. L’approche classique, fonctionnaliste, est alors de dire que notre conscience est fondée sur l’existence de notre cerveau, lui-même une entité biologique électro-chimique dont les éléments relèvent essentiellement de la chimie, qui n’est elle-même qu’une version spéciale de la physique, physique qui sonde la matière à la recherche de particules fondamentales qui ne sont elle-même que des condensats de l’espace-temps, lui-même un concept essentiellement mathématique qui n’existe… que dans notre conscience. Fâcheuse circularité. Continue reading

RECIT – Lettre d’information “Pélican” n° 41

Tout maigre, le Pélican engrange de la nourriture dans son bec généreux pour la restituer à ses petits. Cette lettre mensuelle apporte quelques informations sur des thèmes qui ne sont pas traités dans les medias, ou qui s’y trouvent noyés. Un lien permet d’accéder à la source de l’information et de la consulter dans son intégralité.

Comprendre

Le Pacte budgétaire, un traité pour couler l’Europe

Le 1er mars 2012, 25 chefs d’État et de gouvernement ont signé un nouveau traité, dénommé « Pacte budgétaire », qui symbolise la réponse à la crise que proposent  la Commission européenne, la BCE, le FMI (la « Troïka »), et les gouvernements européens. Ce « pacte d’austérité », qui doit être ratifié par les différents pays, engagera durablement l’Europe sur la voie de l’austérité permanente, contre toute logique, en l’absence de tout débat démocratique Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique alerte les citoyens et propose de se mobiliser pour en empêcher la ratification. Lirela suite http://www.audit-citoyen.org/?p=2341 Continue reading

Conservateurs vs progressistes: plus qu’une affaire d’opinion

En cette période électorale française bientôt suivie de la campagne présidentielle américaine, pour ne parler que de celles-là, la question de la différence entre la pensée conservatrice dite de droite et la pensée progressiste dite de gauche (ou “libérale” outre-Atlantique) est au centre des débats même sil elle n’est généralement pas formulée en ces termes. Mais au-delà des différences de programmes politiques, qu’est ce qui différencie fondamentalement un électeur conservateur d’un électeur progressiste? J’utiliserai ces termes plutôt que “droite” et “gauche” car il existe de nombreux progressistes de droite et de conservateurs de gauche.  J’entend ici par conservateur une pensée construite sur la peur de l’autre et le néodarwinisme social, autrement dit: un ordre “naturel” bien établi avec les plus forts en haut et chacun chez soi. Et toutes les mesures sécuritaires, militaires ou religieuses qui garantissent le maintien de cet ordre. A l’inverse il faut entendre ici par “progressiste” une tendance à l’égalité entre les hommes et les peuples et une notion de bien commun qui soit autre chose qu’un ensemble de privilèges de classe, ainsi qu’un tropisme éducatif et universaliste induisant souvent un certain relativisme culturel et la relégation des religions et traditions au statut de folklore.

Ces précisions faites, la question posée par des chercheurs aussi en bien en biologie qu’en psychologie est la suivante: ces deux modes de pensées sont-ils le fruit d’une réflexion consciente, ou plutôt le fruit de facteurs biologiques et psychologiques innés ou induits, qui font de ces deux visions politiques les reflets de deux manières très différentes de ressentir et d’interpréter le monde qui nous entoure? Continue reading

Loi sur le génocide Arménien: mal parti pour les obscurantistes.

Ce blog s’était fortement opposé (voir article) au vote du Parlement légiférant le droit d’opinion relatif au génocide arménien.. La chambre haute du Sénat vient de voter une motion d’irrecevabilité autour du texte de loi. Continue reading

Du quantique au classique: Que percevons-nous du monde?

La mécanique quantique est largement validée en tant que théorie descriptive du comportement de l’univers à l’échelle atomique. Le fait qu’elle fonctionne expérimentalement implique qu’au moins l’un de deux éléments de ce qui fonde “notre” réalité, la localité (les propriétés d’un objet sont indépendantes de toute influence extérieure) et le réalisme (les propriétés d’un objet existent indépendamment de la mesure), soit faux. Continue reading

Du gène égoïste au génie collaboratif

Ce billet est tiré d’une publication de la Harvard Business Review écrite par le Professeur de droit entrepreneurial Yochal Benkler. Harvard est la business school la plus réputée au monde et un temple de ce que l’on appelle le corporate management: comment utiliser un ensemble d’actifs humains, matériels et financiers pour générer le plus de profit possible au travers d’un ensemble de méthodes. Cette approche est fondée sur le principe que l’être humain est par essence égoïste et rationnel (posant les choix les plus avantageux pour lui-même) et que la somme bien agencée de tous les égoïsmes génère la situation économique la plus rationnelle possible. C’est ce que l’on appelle la “main invisible” proposée par Adam Smith dans son ouvrage de 1776 La Richesse des Nations. Corollaire de cette vision de l’humain égoïste, la nécessité de créer des systèmes de contrôle, de mesure (tels les droits de propriété), de récompense et de punition sans lesquels les sociétés humaines se déliteraient rapidement. C’est la encore une ancienne théorie attribuée à Thomas Hobbes et son Leviathan, de … 1651. Et pour couronner le tout, la notion d’égocentrisme inhérent à l’être humain fut renforcée dans les années 70 par le biologiste néo-darwiniste Richard Dawkins et son livre Le Gène Egoïste. Là c’était définitif: même le bloc fondamental de toute vie, le gène, était bâti sur l’égoïsme pur et dur et rien d’étonnant alors que l’homme soit ainsi fait. Bien sur Keynes a combattu Smith, Rousseau a combattu Hobbes et de nombreux biologistes tel Gould ont combattu Dawkins et nous savons, aujourd’hui, que cette inclinaison à l’égoïsme rationnel est tout sauf une réalité générale mais dans le monde du corporate management et de la technocratie en général, on en est toujours à Hobbes, Smith et Dawkins. D’ou l’intérêt particulier de cet article de Benkler paraissant dans la propre publication du saint des saints du corporate management, la Harvard Business Review. Continue reading