Syrie: le loup islamiste sort du bois

On ne parle plus trop de la Syrie depuis que le Mali lui a momentanément volé la vedette dans la catégorie hypocrisie et enfumage. Ça tombe bien car l’image que veulent nous laisser nos chers dirigeants de la Syrie, un combat entre de courageux rebelles aidés de quelques gentils barbus et du support politique de pays affamés de liberté et de démocratie (hé hé, voir cet article)  contre l’atroce Assad,  a du plomb dans l’aile. Continue reading

Le général Petraeus ou le troufion, la pute et le truand.

Le général David H. Petraeus fut longtemps la figure humaine, professionnelle, cultivée de la sauvagerie impérialiste américaine en Afghanistan et en Irak. Il présentait bien, parlait de guerre humaine et de “nation-building”, semblait vertueux voir héroïque.  Il est également l’auteur d’un document doctrinal de la politique US qui dit entre autres ceci:

Au niveau stratégique, l’obtention durable de l’opinion public US en vue d’un déploiement (militaire, ndt) est critique. Seuls les officiers les plus gradés sont impliqués dans ce processus. Il s’agit d’une réelle activité politique. Cependant, les dirigeants militaires s’assurent typiquement que leurs actions et leurs paroles sont directement compréhensibles. Ils s’assurent également que la conduite des opérations ne nuit ni à la capacité des élus de maintenir l’approbation publique, ni à la confiance de ce même public(1). Continue reading

Sarkozy et la mafia des élites prédatrices

James Corbett est un journaliste canadien indépendant vivant au Japon, très suivi dans les milieux alternatifs anglo-saxons. Il propose cette semaine, actualité oblige, une petite émission sur Sarkozy mettant en avant les liens familiaux de ce dernier avec l’establishment américain, via notamment son demi-frère Olivier Sarkozy, co-directeur des services financiers internationaux du Carlyle Group depuis 2008. Ce groupe est une entité sulfureuse, façade de l’Etat Profond américain, joueur de premier plan dans la grande mafia mondiale de la finance, des armes et du pétrole. On aura pas oublié que “Le 11 septembre 2001, jour de l’attaque terroriste contre le World Trade Center à New York et lePentagone à Washington, Carlyle réunit dans cette même ville son conseil annuel comprenant plusieurs centaines d’investisseurs liés au groupe. Parmi les invités figurent notamment George H. W. Bush, 41e président des États-Unis et père du président George W. Bush ainsi que Shafig Ben Laden, le demi-frère d’Oussama Ben Laden dirigeant d’Al-Qaida, la structure accusée de l’agression7. Shafig Ben Laden fait partie des 13 membres de la famille Ben Laden qui ont quitté les États-Unis à bord d’un Boeing 727 immatriculé aux États-Unis N521DB le 19 septembre 20018. La proximité des noms Bush et Ben Laden en ce jour précis interpelle les médias9 et révèle Carlyle au grand public.“. Continue reading

Et surtout en retrouvant la joie de vivre

Selon le dernier rapport publié par Reporters sans Frontières, la France est passée en 2011 de la 44ème à la 38ème place, juste devant l’Espagne (39) et l’Italie (61) qui continue sa chute vertigineuse. Par rapport à ses autres voisins les plus directs, ce n’est évidemment pas brillant: Luxembourg 7ème, Suisse 8ème, Allemagne 18ème, Belgique 20ème, Royaume-Uni 28ème. L’autre pays auto-proclamé chantre de la liberté et des droits de l’homme, les Etats-Unis, pointe à la 47ème place… Comme quoi le vieil adage “faites ce que je dis, pas ce que je fais” reste parfaitement d’actualité.

La liberté de la presse, c’est une chose que RSF mesure selon des critères relativements objectifs tels le niveau de concentration des médias, le nombre de journalistes arrêtés ou tués, la censure officielle, etc… Mais cette mesure est surtout corrélée avec la liberté d’expression en général au sein des pays concernés, et par delà du niveau réel de démocratie. Comme le dit fort bien RSF, “Le classement 2011-2012 voit toujours en tête le même socle de pays – Finlande, Norvège, Pays-Bas, etc. – respectueux des libertés fondamentales, nous rappelant à la fois que l’indépendance de la presse ne peut être préservée que dans les démocraties fortes et que la démocratie se nourrit de la liberté de la presse.”

J’ajouterais de manière plus générale: la démocratie se nourrit de la liberté d’expression. Continue reading

Génocide Arménien: triste victoire obscurantiste

Malgré un espoir la semaine dernière suite au verdict d’irrecevabilité de ce texte condamnant (à 1 an de prison et 45 000 E d’amende) tout délit d’opinion relatif à ce qu’il est convenu de nommer le Génocide Arménien,  les soi-disant représentants du peuple français siégeant au Sénat ont courbé l’échine face aux volontés obscurantistes (et surtout politiciennes) de Sarkozy et de Hollande. 127 voix pour et 86 contre, ces dernières provenant pour l’essentiel des écolos et radicaux de gauche. Merci à eux. Honte aux autres, ce d’autant qu’en 2006 (lors d’un précédent vote sur la même loi) la proportion était largement inversée (196 contre, 74 pour). Qu’est ce qui a changé depuis lors? L’Etat fasciste a nettement progressé. Selon Wikipédia, au sens large, le terme fascisme a pris un sens générique. Il s’est étendu à tout mouvement politique s’appuyant sur un pouvoir fort, les métiers organisés en corporations, l’anticapitalisme, le militarisme, l’exaltation du sentiment nationaliste, le rejet des institutions démocratiques et libérales, la répression de l’opposition et un contrôle politique extensif de la société civile. 

Dans le cadre actuel “la répression de l’opposition” n’est pas droite politicienne contre gauche politicienne, mais bien la clique corrompue  qui s’est appropriée le pouvoir (voir l’Etat Prédateur) contre la société civile – du moins la partie de cette société qui reste attachée aux idéaux d’humanisme et de liberté. La pénalisation de l’opinion est un élément central de tout Etat policier qui se respecte. En dépit des lois existantes, l’affaire Squarcini et les écoutes téléphoniques sauvages continuent de démontrer, si besoin était, que le fait du Prince reste en France une incontournable réalité, digne de cette grande et belle république bananière qu’un certain roitelet voulait “irréprochable”. Aujourd’hui 127 sénateurs, pourtant très protégés et supposés garants d’un certain respect constitutionnel, ont baissé leur culotte sous la bave hypocrite de leurs maîtres à penser.

 

Le 11 septembre et l’Etat Profond: témoignage et analyse

Le géopoliticien français Aymeric Chauprade, directeur de la Chaire de Géopolitique du Collège interarmées de défense de 2002 à 2009, accordait à Mécanopolis une interview filmée à l’occasion de la sortie de la nouvelle édition de son atlas de géopolitique Chronique du choc des civilisations, du 11 Septembre au printemps arabe de 2011.

Cette vidéo se trouve en fin du billet, précédée d’une interview en trois parties de Susan Lindauer, présentée comme intermédiaire entre les services américains et irakiens pendant l’année 2001. Selon Reopen911 “Ses prises de position et ses dénonciations publiques lui vaudront un an de prison lorsqu’elle sera arrêtée en 2005 au titre du PATRIOT ACT pour “activité d’espionnage pour un gouvernement étranger.” 10 ans après les faits elle témoigne d’une autre réalité des contacts entre les US et l’Irak avant ce 11 septembre, du fait que les services secrets US savaient qu’une attaque aérienne allait se produire sur le WTC et qu’ils ont utilisé cette attaque pour couvrir la démolition contrôlée de tours afin de frapper les esprits de manière durable, et ainsi permettre à W. Bush, Cheney et Rumsfeld de déclarer leur guerre personnelle à l’Irak. A noter que l’entrée wikipédia sur Susan Lindauer ne fait aucunement mention de ses activités à la CIA, au contraire elle y est accusée d’avoir cherché à agir en tant que lobbyiste auprès des services secrets irakiens, d’avoir réalisé des transactions financières interdites pour le compte du gouvernement de Saddam Hussein, et d’avoir finalement été déclarée mentalement inapte à subir un procès suite à son arrestation. Les charges à son encontre furent abandonnées en 2009. A prendre donc avec un minimum de circonspection car je ne suis pas certain du statut exact de Susan Lindauer et de son rôle réel dans cette affaire. Il est intéressant de noter que la décision de son inaptitude mentale fut prise par le juge Michael B. Mukasey, grand défenseur du Patriot Act au nom duquel Mme Lindauer fut arrêtée… Par peur de se tirer une balle dans le pied? Continue reading

Semer des graines de doute. Introduction.

Jean-Claude Guillebaud dans son dernier livre[1] dit au chapitre « La domination : une catégorie mutante » : Nous sommes confrontés à des systèmes. Ils sont proliférants et peu gouvernables. Ils charrient, en les mêlant de manière confuse, promesses et menaces. L’idéologie qui les habite est rarement facile à identifier. Elle est ordinairement invisible. La séduction qu’ils exercent résulte de cette intrication, toujours plus serrée, du meilleur et du pire, de la rationalité et de l’idéologie. L’économie mondiale est ainsi devenue un système. La technoscience en est un autre. L’appareil médiatique planétaire, qui s’est substitué à l’ancien journalisme, s’apparente à un système. Le cyberespace est un dispositif comparable. La même remarque peut être faite de la finance planétaire, vaste réseau hors sol dont rend assez mal compte l’expression « marchés financiers ». Ces différents systèmes posent les mêmes difficultés à la citoyenneté démocratique et aux Etats nations. Qui les gouverne vraiment ? A quels desseins obéissent-ils ? Comment départager les bienfaits qu’ils apportent et les dominations qu’ils induisent ? Où faudrait-il se poster pour leur résister ? Continue reading

Obama resigne pour le Patriot Act

Malgré ses promesses électorales de mettre fin aux lois liberticides contenues dans le Patriot Act mis en place par l’administration Bush, le président Obama vient de signer pour la reconduction jusqu’en 2015 de trois des plus féroces dispositions de cet Act:  la surveillance à volonté de toutes les communications d’un suspect, l’accès à quasiment toutes les transactions et déplacements d’un suspect, et la surveillance d’individus non suspects de liens avec des organisations étrangères. Comme si le recul sur Guantanamo ne suffisait pas, ce renouvellement honteux montre à quel point l’administration Obama est inféodée aux mêmes intérêts que l’administration Bush. Les autres dispositions du Patriot Act n’ont pas de “date de péremption”.

Le Patriot Act, signé par G.W. Bush le 26 octobre 2001 dans la foulée du 11 septembre, n’a évidemment servi à rien d’autre que d’accroître de manière dramatique la capacité d’espionnage et de contrôle des citoyens US par le gouvernement américain. Exemple suivi depuis par de nombreux régimes liberticides et culminant en France avec la fameuse LOPPSI.

En 2005 au Sénat, Obama s’insurgeait contre le “gag order” issu du Patriot Act interdisant à tout citoyen espionné par l’Etat d’en connaître la raison. En 2007, lors de sa campagne présidentielle, Obama s’attaquait de front au Patriot Act en proclamant “(nous ne voulons) plus d’écoutes téléphoniques illégales des citoyens américains.  (Nous ne voulons) plus de clauses (National Security Letters) permettant à la sécurité nationale d’espionner les citoyens sans raison.” Or l’an dernier le nombre de National Security Letters est passé de plus de 6 000 à plus de 14 000…

Comme ici, le gouvernent américain se prépare à combattre l’opposition qui vient avec tous les moyens que peut lui conférer un Etat policier.

 

Source: http://www.wsws.org/articles/2011/may2011/patr-m28.shtml

LOPPSI 2 : pas en notre nom !

Communiqué interassociatif initié par le Collectif Liberté Egalité Justice (CLEJ)

Le projet de « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure » (dite « LOPPSI 2 ») sera examiné la semaine prochaine en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Les organisations membres et partenaires du Collectif Liberté Egalité Justice (CLEJ), inquiètes de l’absence de réel débat concernant ce texte, tiennent à alerter les citoyens sur les dérives dont il est porteur, qui mettent en péril les équilibres démocratiques de notre pays.

Ce projet de loi se présente comme un agrégat hétéroclite de dispositions techniques qui justifie le terme, désormais consacré, de « fourre-tout législatif ». L’illisibilité qui résulte de cet assemblage a pour effet d’évincer les débats parlementaires et publics, en empêchant les différents acteurs de prendre le recul suffisant pour discuter des grandes orientations qui s’en dégagent. Or, ce texte révèle une ligne politique particulièrement inquiétante : fichage, surveillance, contrôle, enfermement ! Les nouvelles valeurs que le gouvernement veut imposer à la société seraient-elles : répression, exclusion, stigmatisation, suspicion ? Continue reading