Au-delà de la monnaie locale

DSC06316Se tenait à Boulogne-sur-Mer, le 12 juin dernier, la première rencontre régionale “Collectivités locales et monnaies complémentaires”. Organisée par la Communauté d’Agglo du Boulonnais (CAB) et l’APES, avec Patrick Viveret en qualité de “speaker”, la rencontre visait avant tout à la présentation du concept à des élus et représentants des collectivités.

J’étais heureux de rencontrer Patrick Viveret à nouveau, ayant organisé avec lui une conférence à Cluny en octobre 2009 sur le thème de “Reconsidérer la richesse”, dont un compte-rendu existe sur ce blog. Conférence ayant contribué à ma recherche pour l’étude réalisée quelques mois plus tard, “Pour une monnaie locale en Sud-Bourgogne“. Cet intérêt pour le concept de monnaie locale m’incita également à participer au groupe de travail pour la création de la monnaie locale Bou’Sol, lancée à Boulogne-sur-Mer en mai 2013. Continue reading

Monnaie locale Bou’Sol: naissance de l’APMC

Cet article de novembre présentait, en texte et vidéo, le Bou’Sol, la nouvelle monnaie locale qui sera lancée dans le Boulonnais courant 2013.

Bousol statuts

Une étape symbolique a été franchie ce mardi 19 février avec la signature des statuts de l’APMC (Association pour la Promotion de la Monnaie Citoyenne du Pays Boulonnais). Cette association est composée de trois collèges représentant les parties prenantes, à savoir:

– les utilisateurs (clients et consommateurs qui échangeront des Euros en Bou’sols afin d’effectuer leurs achats en monnaie locale), Continue reading

BOU’SOL, Monnaie Locale Boulonnaise


La monnaie locale Boulonnaise par rhubarbare

A mon arrivée à Boulogne-sur-Mer en novembre 2011 j’assistais à la soirée de clôture du Mois de l’ESS à la Gare Maritime, une manière de se faire une idée de la dynamique locale. Je fut quelque peu surpris d’entendre le maire de l’époque, Frédéric Cuvillier – aujourd’hui Ministre délégué chargé des Transports, Mer et Pêche – appeler à la création d’une monnaie locale boulonnaise. Continue reading

Monnaies locales complémentaires au Crédit Municipal de Boulogne-sur-Mer


Table Ronde sur les Monnaies Locales – Crédit… par rhubarbare

Ce jeudi 20 septembre se tenait à Boulogne une journée de découverte du Crédit Municipal, une banque sociale dont l’actionnaire unique est la ville de Boulogne-sur-Mer et dont l’une des activités est le prêt sur gage, ce qui s’appelait anciennement le Mont de Piété. Lors de cette journée était organisée une table ronde sur le thème des monnaies locales, sujet d’actualité ici suite à l’annonce en novembre dernier par le Maire d’alors, un certain Frédéric Cuvillier aujourd’hui Ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche: Il annonçait sa volonté de créer une monnaie locale complémentaire sur la CAB (Communauté d’Agglomération de Boulogne). Quelques temps après un comité de pilotage fut monté avec, entre autres, le Crédit Municipal comme future “banque centrale” de cette monnaie. Continue reading

De la non-économie d’échelle à l’économie P2P?

Un court mais très intéressant article paru le 1er juin dans El Correo de la Indias s’intitule “L’Espagne et la tragédie des échelles”. Il pose la question suivante: pourquoi les capitaux ont-ils désertés une économie réelle composée d’un nombre importants de petites et moyennes entreprises très productives, au profit de bulles spéculatives notamment dans l’immobilier qui, en éclatant, ont virtuellement coulé l’économie espagnole?

Réponse: parce que la rentabilité financière du secteur industriel, basée sur le long terme, est moins élevée à l’instant t que les “coups” spéculatifs basés sur le court terme. Le capital a besoin “d’exubérance” et ne se satisfait plus d’une rentabilité normale et durable. L’échelle des PME est trop petite. Or le capital “exubérant” ne peut s’exprimer que dans la production de la rareté, là où les prix montent, les volumes importants et les risques… très importants mais cachés par les opérations de titrisation. D’ou la spéculation immobilière, organisée par les banques et l’Etat, qui a pompé le circuit financier au dépends de la production réelle et au profit des spéculateurs. Continue reading

Monnaies locales complémentaires et économie réelle

Tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie réelle savent que 20% de la population mondiale se partagent 80% des richesses, et que 95% de la masse monétaire, tous types confondus, ne sert qu’à la spéculation et 5% à faire tourner l’économie humaine. Et que cette situation est une catastrophe, un gâchis et une magnifique arnaque perpétrée par les institutions financières et politiques sur le dos des populations. Une réplique souvent décrite sur ce blog est celle des monnaies locales complémentaires (MLC pour les intimes) qui fleurissent partout dans le monde (on en recense plus de 5000). Actuellement en France plusieurs sont en phase de lancement, telle la monnaie Heol sur le Pays de Brest, l’Epi pour l’agglomération du Havre ou encore “Les 2 lions” pour l’agglomération de Rouen. Une autre est à l’étude ici à Boulogne-sur-Mer.

Toutes ces MLC partagent une philosophie de relocalisation de l’économie, de développement durable, de “vertu” sociale et économique (tels le bio et le développent durable), de rejet de la spéculation, de construction identitaire. Elles sont montées par un partenariat essentiellement issu de l’économie sociale et solidaire (associations, mutuelles, banques coopératives) et des collectivités locales, à l’inverse des MLC dites de première génération (tel le Chimgauer allemand ou l’Abeille française) montées par des associations ou collectifs tout à fait indépendants des pouvoirs locaux. Elles sont également toutes basées sur une parité avec la monnaie officielle, en l’occurrence l’Euro, associée à une prime d’entrée et une taxe de sortie. Pour encourager leur utilisation et combattre le risque de thésaurisation, elles sont souvent “fondantes”, c’est à dire qu’elle perdent un peu de leur valeur au fil du temps (le plus souvent de l’ordre de 2% par trimestre) si elles ne sont pas échangées.

Deux questions fondamentales se posent face à cette éclosion – salutaire – d’initiatives monétaires locales: d’abord quelle est la taille critique qui permettra à une monnaie de passer de l’état de “gadget bobo” à celui de vecteur économique réel et donc, quelle structure et taille de marché faut-il tenter d’atteindre. Deuxièmement quelle est la place dans, et le mode d’accès des populations dites défavorisées, à ces nouveaux circuits locaux. Continue reading

Crise Grecque: le TEM, une monnaie alternative à Volos

Nous sommes tous au courant de la problématique économique sans doute sans précédant auquel fait face une grande partie de la population grecque. Situation liée au plan d’austérité (le mot est faible) concocté par politiciens, technocrates et banquiers du monde pour “sauver” une économie minée par Goldman Sachs et la mafia bancaire, la corruption et l’évasion fiscale. Je ne reviendrai pas ici sur les causes du désastre ni la pertinence ou non des mesures de sauvetage, mais sur ce que les gens peuvent faire de mieux, sur le terrain, pour se soustraire à l’emprise d’un système symbolisé par l’Euro: ne plus s’en servir.

A Volos, capitale économique d Thessalie comptant 71 000 âmes et ville touristique en bord de mer, une initiative citoyenne se développe autour d’une monnaie alternative, le TEM. Continue reading

Et surtout en retrouvant la joie de vivre

Selon le dernier rapport publié par Reporters sans Frontières, la France est passée en 2011 de la 44ème à la 38ème place, juste devant l’Espagne (39) et l’Italie (61) qui continue sa chute vertigineuse. Par rapport à ses autres voisins les plus directs, ce n’est évidemment pas brillant: Luxembourg 7ème, Suisse 8ème, Allemagne 18ème, Belgique 20ème, Royaume-Uni 28ème. L’autre pays auto-proclamé chantre de la liberté et des droits de l’homme, les Etats-Unis, pointe à la 47ème place… Comme quoi le vieil adage “faites ce que je dis, pas ce que je fais” reste parfaitement d’actualité.

La liberté de la presse, c’est une chose que RSF mesure selon des critères relativements objectifs tels le niveau de concentration des médias, le nombre de journalistes arrêtés ou tués, la censure officielle, etc… Mais cette mesure est surtout corrélée avec la liberté d’expression en général au sein des pays concernés, et par delà du niveau réel de démocratie. Comme le dit fort bien RSF, “Le classement 2011-2012 voit toujours en tête le même socle de pays – Finlande, Norvège, Pays-Bas, etc. – respectueux des libertés fondamentales, nous rappelant à la fois que l’indépendance de la presse ne peut être préservée que dans les démocraties fortes et que la démocratie se nourrit de la liberté de la presse.”

J’ajouterais de manière plus générale: la démocratie se nourrit de la liberté d’expression. Continue reading

SeaFrance, Calais, Boulogne: et maintenant?

La société est liquidée mais les jeux ne sont pas fais pour autant: la SNCF propose (avec un indice de crédibilité très incertain, certes) de reprendre 500 ex-employés, mais on se doute que tous ne trouverons pas une place dans le Nord-Pas-de-Calais. On apprend également que Louis Dreyfus Armateur, qui opère déjà des navires entre Calais et Douvres, prévoit de reprendre 300 personnes sur ses propres navires. Certes à des conditions LDA et non plus SeaFrance, où le rythme était du type 48h à bord, 48h repose trois fois de suite puis six jours de repos, et des salaires très corrects semble t’il. Chez LDA c’est plutôt du genre 15 jours à bord, 15 jours à terre, et des salaires plus compressés. Et on se doute que les candidats associés de trop près à la CFDT Maritime partent avec un handicap. Néanmoins, 300 + 500 ca fait presque le compte des 870 ex-SeaFrance aujourd’hui sans emploi, si (et c’est un gros “si”) tout le monde tient ses promesses.

Ce que je trouve énervant, en tant que nouvel arrivant à Boulogne-sur-Mer, c’est que tout se passe à Calais. Continue reading