Les USA sont-ils encore une démocratie?

Beaucoup d’entre nous se posent la question depuis longtemps, mais ce qui est nouveau aujourd’hui est le fait que le vénérable et ûber-orthodoxe Financial Times se pose la même question. Is the USA a functioning democracy?

En cause, le shutdown d’une bonne partie de l’administration américaine cette semaine. Cet arrêt a été voulu par la droite républicaine qui a décidé de bloquer par la force la loi dite “Obamacare”, pourtant votée et appliquée selon le calendrier prévu. Cet acte de guerre envers l’administration Obama est à double détente: le blocage actuel pourrait être combiné avec le refus, par ces mêmes républicains, de lever le seuil d’endettement du pays pour lui permettre de faire face à ses obligations – et dont l’échéance tombe le 17 octobre. Le FT ne croit pas vraiment qu’ils oseront aller jusque là, mais s’ils osaient (et comme disait Coluche, les cons ça ose tout…) les USA pourraient se trouver en état de défaut de paiement. Personne ne semble à même de prédire les conséquences réelles d’une telle situation, mais le fait qu’elle soit possible en dit long sur la volonté de nuire des républicains, d’où la question posée par le FT: les USA sont-ils encore une démocratie, quand une partie des députés préfère tout casser plutôt que de laisser se mettre en oeuvre le programme politique du gouvernement, faisant ainsi fi du processus démocratique? Continue reading

Syrie: le grand n’importe quoi

Cela faisait dix ans que l’on ne nous avait pas ressorti les armes de destruction massive, utilisées par quelque infâme régime, pour justifier du hold-up d’un pays supposément souverain, mais le vieux diable est de retour. De retour mais pas en grande forme quand même. L’ange blanc de 2003, la France, à l’époque de droite, s’est transformée en 2013 en faucon socialo-impérialiste, sans doute de vieux fantasmes guerriers ravivés par une impression de succès au Mali et qui font bander les petits hommes en costumes-cravates dans leurs salons parisiens. Sûr que la castagne, surtout à distance et sur plus faible que soi, ça change des réformes des retraites et du chômage. Continue reading

My American friends, it’s time to wake up. Really.

Dear American friends,

You’ve heard of the NSA eavesdropping scandal that recently hit the US “security” establishment via whistleblower Ed Snowden. You’ve probably heard President Obama’s response (transcript here) including this passage:

But I think it’s important to recognize that you can’t have a hundred percent security and also then have a hundred percent privacy and zero inconvenience. You know, we’re going to have to make some choices as a society.” Continue reading

Port d’armes aux USA: la police pourrait-elle défier Obama?

Suite au massacre de 26 écoliers à Sandy Hook le mois dernier, Obama a présenté des propositions de régulation renforcée qui, d’un point de vue européen, restent suprêmement libérales (interdiction des fusils d’assaut et des chargeurs de plus de 10 cartouches, enquêtes sur la solidité psychologique des possesseurs d’armes) mais qui rendent furieux non seulement les militants de la NRA à la solde de l’industrie de l’armement mais, de manière plus significative, certains policiers qui y voient une attaque directe au sacro-saint Deuxième Amendement de la Constitution américaine qui garanti la liberté du port d’armes. Continue reading

Et pourquoi pas Startup France?

Après la victoire de la société civile américaine contre SOPA, le co-fondateur d’AOL Steve Cage en appelle à une même mobilisation pour faire passer la proposition d’Obama en faveur du Startup America Partnership. Ce projet vise à relancer la création d’entreprise et plus généralement de la “entrepreneurial economy” qui, selon Cage, a généré 40 million d’emplois US au cours des trente dernières années. Le rythme de création a baissé de 23% depuis 2007, et Obama veut relancer cette dynamique.

Se pose en France la même problématique, le nombre de créations étant en décroissance – même en prenant en compte l’effet auto-entrepreneur (voir INSEE). Bien sur, le nombre de startups n’est pas en soi un guide très fiable de création de valeur, on l’a bien vu lors de l’explosion de la bulle Internet au début des années 2000. Et c’est pourquoi le projet d’Obama intègre un facteur “durée” afin de contrer le tropisme hautement spéculatif des investisseurs. Voyons les grandes lignes du projet: Continue reading

Et surtout en retrouvant la joie de vivre

Selon le dernier rapport publié par Reporters sans Frontières, la France est passée en 2011 de la 44ème à la 38ème place, juste devant l’Espagne (39) et l’Italie (61) qui continue sa chute vertigineuse. Par rapport à ses autres voisins les plus directs, ce n’est évidemment pas brillant: Luxembourg 7ème, Suisse 8ème, Allemagne 18ème, Belgique 20ème, Royaume-Uni 28ème. L’autre pays auto-proclamé chantre de la liberté et des droits de l’homme, les Etats-Unis, pointe à la 47ème place… Comme quoi le vieil adage “faites ce que je dis, pas ce que je fais” reste parfaitement d’actualité.

La liberté de la presse, c’est une chose que RSF mesure selon des critères relativements objectifs tels le niveau de concentration des médias, le nombre de journalistes arrêtés ou tués, la censure officielle, etc… Mais cette mesure est surtout corrélée avec la liberté d’expression en général au sein des pays concernés, et par delà du niveau réel de démocratie. Comme le dit fort bien RSF, “Le classement 2011-2012 voit toujours en tête le même socle de pays – Finlande, Norvège, Pays-Bas, etc. – respectueux des libertés fondamentales, nous rappelant à la fois que l’indépendance de la presse ne peut être préservée que dans les démocraties fortes et que la démocratie se nourrit de la liberté de la presse.”

J’ajouterais de manière plus générale: la démocratie se nourrit de la liberté d’expression. Continue reading

USA, Obama, NDAA et la dérive totalitaire

En mai 2011 Barack Obama, détenteur d’un Prix Nobel de la Paix, faisait un discours sur le Moyen Orient et l’Afrique du Nord, qu’il concluait en faisant un parallèle entre les développements récents dans cette région, dont les bouleversements peuvent inquiéter de nombreux américains, et l’Histoire américaine qui est justement issue d’un rejet de l’autorité non choisie et le combat pour l’émancipation. Saisissons, disait-il, cette opportunité pour créer un monde plus pacifique, plus stable, plus juste.

A la fin du même mois, Barack Obama signait la reconduction du Patriot Act, législation barbare ayant instauré, officiellement, l’Etat Policier aux USA dans la foulée des évènements du 11 septembre 2001.  Sept petits mois plus tard, un 31 décembre pour que cela ne se voie pas trop (et pour cacher un reste de honte, peut être)  ce même Barack Obama signait le NDAA (National Defense Authorization Act for Fiscal Year 2012) laissant entendre dans ses articles 1031 et 1032 qu’il est dorénavant permit de détenir, sans procès ni limitation de durée, tout citoyen américain suspecté d’avoir collaboré avec des individus ou groupes perçus (identified as) comme terroristes.   Continue reading

Obama resigne pour le Patriot Act

Malgré ses promesses électorales de mettre fin aux lois liberticides contenues dans le Patriot Act mis en place par l’administration Bush, le président Obama vient de signer pour la reconduction jusqu’en 2015 de trois des plus féroces dispositions de cet Act:  la surveillance à volonté de toutes les communications d’un suspect, l’accès à quasiment toutes les transactions et déplacements d’un suspect, et la surveillance d’individus non suspects de liens avec des organisations étrangères. Comme si le recul sur Guantanamo ne suffisait pas, ce renouvellement honteux montre à quel point l’administration Obama est inféodée aux mêmes intérêts que l’administration Bush. Les autres dispositions du Patriot Act n’ont pas de “date de péremption”.

Le Patriot Act, signé par G.W. Bush le 26 octobre 2001 dans la foulée du 11 septembre, n’a évidemment servi à rien d’autre que d’accroître de manière dramatique la capacité d’espionnage et de contrôle des citoyens US par le gouvernement américain. Exemple suivi depuis par de nombreux régimes liberticides et culminant en France avec la fameuse LOPPSI.

En 2005 au Sénat, Obama s’insurgeait contre le “gag order” issu du Patriot Act interdisant à tout citoyen espionné par l’Etat d’en connaître la raison. En 2007, lors de sa campagne présidentielle, Obama s’attaquait de front au Patriot Act en proclamant “(nous ne voulons) plus d’écoutes téléphoniques illégales des citoyens américains.  (Nous ne voulons) plus de clauses (National Security Letters) permettant à la sécurité nationale d’espionner les citoyens sans raison.” Or l’an dernier le nombre de National Security Letters est passé de plus de 6 000 à plus de 14 000…

Comme ici, le gouvernent américain se prépare à combattre l’opposition qui vient avec tous les moyens que peut lui conférer un Etat policier.

 

Source: http://www.wsws.org/articles/2011/may2011/patr-m28.shtml

Barack Obama sur le Moyen Orient et l’Afrique du Nord

Barack Obama vient de faire un discours sur le positionnement des Etats-Unis d’Amérique sur les révolutions en cours au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Faisant particulièrement référence à la Tunisie (le pays déclencheur des évènements de la région) et à l’Egype (le plus grand pays de la région et allié historique des US), il a estimé qu’il s’agissait d’une opportunité historique pour l’auto-détermination des peuples, et que les USA comptaient participer activement à cette auto-détermination.

“Passer du monde tel qu’il est au monde tel qu’il devrait être (the world as it should be)”, introduction à une politique proactive de changement politique et économique. Au-delà des axes traditionnels de la politique US dans cette région (la lutte anti-terroriste, le libre échange, la sécurité nucléaire…) Obama propose une implication américaine portant sur l’opposition à l’usage de la violence contre les populations (référence particulières à la Libye, la Syrie, l’Iran et Bahreïn), le respect des droits universels et notamment l’égalité des femmes et la liberté de religion, la liberté d’expression (même celle avec laquelle les US n’est pas d’accord) et la démocratie. Continue reading

Acte de naissance d’Obama: un vrai faux?

Voici quelques temps que les conservateurs américains réclament de la part de Barack Obama la preuve de sa naissance en territoire américain. Il est censé être né à Hawaï le 4 août 1961 Cela peut sembler saugrenu mais le fait de ne pas être né en territoire américain aurait pour effet immédiat la destitution d’Obama vu la loi américaine, chose qui arrangerait lesdits conservateurs. Cet acte de naissance revêt deux formes, la “short form birth certificate” qui est un acte notarié attestant de l’existence de l’autre certificat,  le “long form birth certificate” qui est le document complet, avec signatures du médecin et des parents.

Obama avait, dès 2008 et les premières réclamations à ce sujet, fourni le short-form mais s’était refusé à fournir le long-form. Finalement, le 27 avril 2011 sous la pression médiatique, il a fourni ce certificat qui est disponible sur le site de la Maison Blanche ou directement ici. Le document est au format PDF (format de document électronique très couramment utilisé) et l’affaire semblait réglée. Sauf que. Continue reading