Monnaie locale Bou’Sol: naissance de l’APMC

Cet article de novembre présentait, en texte et vidéo, le Bou’Sol, la nouvelle monnaie locale qui sera lancée dans le Boulonnais courant 2013.

Bousol statuts

Une étape symbolique a été franchie ce mardi 19 février avec la signature des statuts de l’APMC (Association pour la Promotion de la Monnaie Citoyenne du Pays Boulonnais). Cette association est composée de trois collèges représentant les parties prenantes, à savoir:

- les utilisateurs (clients et consommateurs qui échangeront des Euros en Bou’sols afin d’effectuer leurs achats en monnaie locale), Continue reading


Monnaies locales complémentaires et économie réelle

Tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie réelle savent que 20% de la population mondiale se partagent 80% des richesses, et que 95% de la masse monétaire, tous types confondus, ne sert qu’à la spéculation et 5% à faire tourner l’économie humaine. Et que cette situation est une catastrophe, un gâchis et une magnifique arnaque perpétrée par les institutions financières et politiques sur le dos des populations. Une réplique souvent décrite sur ce blog est celle des monnaies locales complémentaires (MLC pour les intimes) qui fleurissent partout dans le monde (on en recense plus de 5000). Actuellement en France plusieurs sont en phase de lancement, telle la monnaie Heol sur le Pays de Brest, l’Epi pour l’agglomération du Havre ou encore “Les 2 lions” pour l’agglomération de Rouen. Une autre est à l’étude ici à Boulogne-sur-Mer.

Toutes ces MLC partagent une philosophie de relocalisation de l’économie, de développement durable, de “vertu” sociale et économique (tels le bio et le développent durable), de rejet de la spéculation, de construction identitaire. Elles sont montées par un partenariat essentiellement issu de l’économie sociale et solidaire (associations, mutuelles, banques coopératives) et des collectivités locales, à l’inverse des MLC dites de première génération (tel le Chimgauer allemand ou l’Abeille française) montées par des associations ou collectifs tout à fait indépendants des pouvoirs locaux. Elles sont également toutes basées sur une parité avec la monnaie officielle, en l’occurrence l’Euro, associée à une prime d’entrée et une taxe de sortie. Pour encourager leur utilisation et combattre le risque de thésaurisation, elles sont souvent “fondantes”, c’est à dire qu’elle perdent un peu de leur valeur au fil du temps (le plus souvent de l’ordre de 2% par trimestre) si elles ne sont pas échangées.

Deux questions fondamentales se posent face à cette éclosion – salutaire – d’initiatives monétaires locales: d’abord quelle est la taille critique qui permettra à une monnaie de passer de l’état de “gadget bobo” à celui de vecteur économique réel et donc, quelle structure et taille de marché faut-il tenter d’atteindre. Deuxièmement quelle est la place dans, et le mode d’accès des populations dites défavorisées, à ces nouveaux circuits locaux. Continue reading


Monnaies parallèles et désobéissance civile

Les monnaies locales / parallèles / alternatives sont un thème récurrent de ce blog et un sujet sur lequel j’ai passé pas mal de temps finalement, y ayant même consacré un petit mémoire dans le cadre d’une formation.

Les initiatives en France ne sont pas très nombreuses mais ont le mérite d’exister, au point que même le journal les Echos fit récemment un article sur la monnaie complémentaire Sol lancée à Toulouse le 6 mai dernier: “Les Toulousains peuvent acheter des sols au Crédit Coopératif et au Crédit Municipal. Le sol vaut 1 euro ou presque : l’utilisateur gagne 5 % à l’achat contre des euros et perd 5 % à la revente. Il doit aussi prendre une carte d’adhésion de 15 euros dont le produit est reversé à des associations de chômeurs. La monnaie est gérée par un comité d’agrément réunissant des entreprises du réseau, les deux banques et la mairie. La ville a injecté 120.000 euros dans le dispositif, qui a reçu des aides du Crédit Coopératif, de GRDF, de la Caisse des Dépôts, la Macif, etc. L’imprimerie municipale a frappé les billets dotés d’un code à bulles infalsifiable fabriqué par Prooftag à Montauban. Pour lancer la monnaie, la ville a donné 8 cartes de 30 sols à chaque commerçant du réseau pour qu’ils les distribuent à des « ambassadeurs ». Elle attribue aussi 30 sols par mois pendant six mois à 90 familles au chômage des quartiers en difficulté.Continue reading