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Noam Chomsky: la connexion Madison – Le Caire

Je faisais référence dans ce billet à un certain lien entre la révolte populaire au Wisconsin et la révolution égyptienne, lien symbolisé par le message du leader syndical Kamal Abbas aux manifestants de Madison.

Noam Chomsky vient de publier un article intitulé The Cairo-Madison Connection dans lequel il analyse plus avant les similarités et différences entre ces deux évènements, certes d’envergure différente mais tous deux le fruit d’un refus de la dictature politique dans un cas, économique dans l’autre. Il note qu’au delà d’une certaine ressemblance (implication des jeunes, utilisation intensive des réseaux sociaux) ces deux mouvements n’ont pas le même but: les égyptiens veulent établir des droits, les américains veulent protéger ceux qu’ils ont déjà.

Chomsky fait une critique en règle de l’hypocrisie politique occidentale et des méfaits de la financiarisation de l’économie, estimant que “Washington va rester sur sa politique traditionnelle: la démocratie (au Moyen-Orient, ndt) n’est tolérable que si elle est conforme a ses objectifs économiques stratégiques. Le mythe américain de désir de démocratie est réservé aux idéologues et à la propagande“. Et parlant de propagande il ajoute un peu plus loin que “la colère populaire doit être écartée des agents de la crise financière, de ceux qui en profitent. Par exemple ………. le patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, va recevoir cette année un bonus de $12,6 million pendant que son salaire de base triple pour atteindre $2 millions. Il faut au contraire blâmer les enseignants et les fonctionnaires pour leurs gros salaires et pensions – tout cela n’est que fabrication, selon un modèle bien connu“.

Pour Noam Chomsky,  le destin de la démocratie se joue autant à Madison, Wis. qu’à Tahrir Square mais de manières différentes.

 

 

 

FinanceWatch: Appel à un contre-pouvoir européen

Un certain nombre d’élus européens ont publié un appel à contre-pouvoir au lobby financier, “Call for a Finance Watch” dont voici le premier paragraphe et lien vers la page complète, à partir de laquelle chacun est invité à soutenir l’appel.

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Nous, élus européens en charge de réglementer les marchés financiers et les banques, constatons tous les jours la pression exercée par l’industrie financière et bancaire pour influencer les lois qui la régissent.
Il n’est pas anormal que ces entreprises fassent entendre leur point de vue et discutent régulièrement avec les législateurs. Mais l’asymétrie entre la puissance de ce lobbying et l’absence de contre-expertise nous semble un danger pour la démocratie. Le lobbying des uns doit en effet être contrebalancé par celui des autres. En matière environnementale et de santé publique, en face des industriels, les organisations non gouvernementales (ONG) ont développé une véritable contre-expertise. Il en est de même en matière sociale entre les organisations patronales et syndicales. Cette confrontation permet aux élus d’entendre des arguments contradictoires. En matière financière, ce n’est pas le cas. Ni les syndicats de salariés, ni les ONG n’ont développé d’expertise capable de rivaliser avec celle des banques.

Il n’existe donc pas aujourd’hui de contre-pouvoir suffisant dans la société civile.
Cette asymétrie constitue à nos yeux un danger pour la qualité des lois, et pour la démocratie.

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Suite sur http://www.callforfinancewatch.org/financewatchFRappel.html

Bank Run: ne pas se tromper de cible…

La formule de Cantonna est évidemment sympathique et des articles tels celui de Michel Collon résument assez bien les bizarreries du système financier actuel. Je suis de ceux qui pensent que ce système est contre-productif en termes de développement d’économies locales fonctionnant au bénéfice de la société (voir ces articles par exemple) mais s’en prendre aux banques de détail qui n’ont de toutes manière pas assez de monnaie fiduciaire (billets et pièces) en stock pour répondre à une fraction des dépôts sous leur contrôle ne servira à rien sinon à faire perdre leur temps aux gens en train de faire la queue au guichet. Au pire, ceux qui pourront retirer leurs sous se verront facturer des frais divers et variés (les banques sont très fortes à ce petit jeu) et des agios lors du premier prélèvement automatique qui fera passer leur compte sous zéro.

Bien sur il y a le symbole et c’est la-dessus que se joue ce Bank Run, mais justement: le problème ce n’est pas la banque en tant que telle, c’est la spéculation que font les banques et les agents de la finance en général, spéculation qui entraîne des choix économiques et des décisions d’entreprises ayant beaucoup plus à voir avec la rentabilité purement financière (donc court-termiste) que la rentabilité économique et sociale (qui se calcule sur le long terme et prend en compte de nombreux facteurs, pas seulement le bénéfice financier). Les spéculateurs se foutent complètement du Bank Run, s’il a lieu. Et des spéculateurs, il y en a des gros, mais aussi beaucoup de petits: tous ceux qui boursicotent font le jeu de l’ennemi (boursicoter, par opposition à l’investissement à long terme dans des entreprises qui créent de la valeur, le “bon” capitalisme).

Evidemment il est difficile de s’attaquer directement à la spéculation, hors prendre d’assaut la Bourse et les quartiers généraux de banques. Ce serait tout aussi symbolique que le Bank Run prévu demain, mais au moins ça toucherait la bonne cible.

Economic hit men – John Perkins

Très bonne petite vidéo (VOSTFR) sur les “economic hit men” tiré de l’autobiographie de John Perkins Confessions d’un assassin financier.

http://www.dailymotion.com/video/xdzi2a_john-perkins-les-assassins-economiq_news?start=66#from=embed

Ceci illustre ce que je décrivais l’an dernier dans ce billet sur l’esclavagisme monétaire.

A lire également cet excellent billet sur Mediapart par Anaxagore.

L’Esclavagisme Monétaire. Partie 2

On peut très bien se contenter de son sort d’esclave monétaire en se disant que, finalement, ca pourrait être pire. En effet, si on n’avait pas trouvé un système de création monétaire aussi souple que celui en place actuellement, ou en serions-nous ? Je ne prétends pas répondre à cette question pour l’instant, par contre je vais tenter de répondre à la question de savoir ou nous en sommes aujourd’hui. Read more