Vers une théorie quantique objective?

Vers une théorie quantique objective?

La mécanique quantique a fait de nombreuses apparitions sur ce blog au fil des ans, mais le plus souvent dans son acceptation classique, dite de Copenhague, qui dit que tant qu’une particule n’est pas observée elle n’existe que sous la forme d’une « fonction d’onde » décrivant tous ses états possibles à l’instant t.

Cette interprétation, qui n’était d’ailleurs pas acceptée par Einstein, date de 1927 et fut proposée par Niels Bohr pour un ensemble de raisons décrites par exemple ici (1). Cette approche reste encore aujourd’hui la principale façon d’interpréter la réalité quantique, mais elle souffre depuis toujours d’un mal mortel: l’univers s’est développé bien avant l’apparition d’un observateur, donc les fonctions d’ondes des premières particules se sont bien condensées en de « vraies » particules toutes seules, qui du fait de la gravité ont ensuite commencé à former gaz, poussières, etc… Si l’interprétation de Copenhague était fondamentalement vraie, rien ne pourrait jamais se passer et l’univers ne serait que virtuel, un champs de fonctions d’ondes. Ce qu’il n’est pas, à moins qu’il ne soit qu’une simulation mais c’est un autre sujet (2).  Lire la suite « Vers une théorie quantique objective? »

M’enfin il est où ce VIH?

M’enfin il est où ce VIH?

Un récent article du New Scientist intitulé « Des revers obligent les chercheurs du VIH à se focaliser sur les rémissions plutôt que sur les remèdes » (1), illustre une fois de plus le surréalisme de cette soi-disant science. Selon cet article, les chercheurs ont reconnu qu’il reste un très long chemin à parcourir pour arriver à éliminer le VIH, et que cet objectif est peut-être même inatteignable.

Pourtant la International AIDS Society avait lancé un vaste programme en 2012 intitulé « Vers un remède au VIH », mais plusieurs revers ont depuis lors plombé l’optimisme initial. La stratégie consistant à prendre des anti-rétroviraux très tôt après la supposée infection ont semblé un moment donner quelques résultats (disparition de la charge virale mesurable) mais pour un temps seulement: dans tous les cas l’infection est revenue. Lire la suite « M’enfin il est où ce VIH? »

Cet été, burkinez à la plage!

Cet été, burkinez à la plage!

L’observation des débats et actions en justice cet été autour du fameux burkini photographie de manière intéressante l’état du débat public dans ce pays. En premier lieu elle montre que la possibilité de débat existe toujours bel et bien malgré la provocation et la manipulation des uns et des autres. C’est déjà pas mal.

Ensuite, que la question fondamentale sur la nature et la signification de l’accoutrement en question ayant trouvé une réponse en droit – il ne signifie rien qui tombe sous le coup de la loi, dixit le Conseil d’Etat, allant en cela à l’encontre du tribunal administratif de Nice qui avait, lui, validé les arrêtés anti-burkini en arguant de la revendication identitaire islamiste du vêtement et de l’inacceptabilité d’un tel abaissement du statut de la femme (obligée de se couvrir même à la plage) dans une société démocratique – il reste à lui trouver une réponse politique et sociale. Lire la suite « Cet été, burkinez à la plage! »

A genoux!

A genoux!

Pour y avoir un peu vécu, être né pas très loin et en partager une certaine culture à base de bière, de patates et de Mer du Nord, j’aime bien le Nord. Terre de grandes gueules et de gueules noires, mélange civilisationnel où se croisent, pas toujours facilement, les descendants de travailleurs immigrés arrivés, après-guerre, par camions dans les industriels minières, sidérurgiques et textiles. Un pays un peu féodal de gauche qui se souvient de sa grandeur passée et aujourd’hui se relève, petit à petit, de la désertification économique qui l’assèche depuis plus de trente ans.

Un pays récemment rebaptisé Hauts-de-France et qui vient pourtant de courber l’échine, de se mettre à genoux devant les islamopithèques et psychopathes assimilés: annulation de la braderie de Lille, pour la première fois en 70 ans, alors sous l’Occupation. Certes, les annulations arrivent à la pelle depuis l’attentat de Nice donc la mairie de Lille n’innove pas, mais là c’est du lourd: 2 millions de visiteurs, un sacré coup de pied au fesses de milliers de commerces, et une tradition qui date du XIIème siècle mise à mal par peur. Non pas réellement par peur d’un attentat en soi, car à moins de faire un couvre-feu permanent et arrêter toute activité l’attentat est toujours possible. Le moindre marché d’une ville lambda agrège des centaines de personnes sur une surface réduite tout à fait accessible à n’importe quel poids-lourd ou commando. Aubry va t’elle fermer Wazemmes, l’un des plus grands marchés de France ouvert trois fois par semaine, et plein d’Arabes en plus? Lire la suite « A genoux! »

La mort, une notion à réhabiliter?

La mort, une notion à réhabiliter?

Ce billet est une petite réflexion personnelle sur le sujet de la mort et du suicide dans le contexte actuel du terrorisme islamique, de la religion, de la médecine, et des options post-mortem.

Maintenant que les dommages collatéraux des stratégies affairistes politico-militaires occidentales ne concernent plus seulement quelques centaines de milliers d’arabes et assimilés massacrés « là-bas » mais nous touchent par ricochet ici, à Paris, Nice ou dans des églises de village, la valeur médiatique de la mort est remontée en flèche. C’est devenu binaire donc vendeur: la mort des nôtres simplifie la donne. Il y a désormais les bons qui se font tuer pour rien, nous, et les méchants, eux, mélange indéterminé de psychopathes et de fondamentalistes islamiques, cinquième colonne d’un monde obscur qu’il faudrait combattre sans comprendre car, comme le dit un fameux imbécile, « expliquer c’est déjà vouloir un peu excuser » (1). Lire la suite « La mort, une notion à réhabiliter? »

Brexit, porte ouverte sur l’avenir de l’Europe

Brexit, porte ouverte sur l’avenir de l’Europe

52% du vote en faveur du Brexit, soit une majorité de l’ordre du million de votants qui veulent retrouver un sentiment d’indépendance et d’auto-détermination. Hors Londres, l’Ecosse et l’Irlande du Nord, le Royaume-Uni est clairement, massivement pro-Brexit. Dont acte.

A nouveau les sondages ont eu tout faux et la campagne du Remain, axée sur la peur des –  certes probables – retombées politiques et économiques, n’a fait que conforter l’idée que l’Europe servait avant tout les intérêts de la City, de la classe cosmopolite et des migrants est-européens aux dépens d’une « certaine idée de l’Angleterre », une idée ancrée dans le récit fondateur d’un peuple qui ne se débrouille jamais aussi bien que quand il se tient seul et fier sur ses deux jambes. L’identité britannique n’est pas, par principe, soluble dans une vague identité politique européenne. Le marché commun oui, la perte de souveraineté non. Que les anglais aient choisis de sacrifier le premier au nom du second montre à quel point l’abcès était réel.

Les anglais ont choisi et ils assumeront. Les écossais, et peut-être les irlandais du Nord, tenteront à leur tour l’indépendance vis-à-vis de la Couronne afin de rejoindre à nouveau l’UE. Ce qui montre à quel point l’union de peuples différents qu’est le Royaume-Uni reflète les problèmes de l’UE, les écossais ayant vis-à-vis de la domination anglaise les mêmes griefs que les anglais vis-à-vis de l’UE.

L’Europe est clairement à la croisée des chemins. Non pas que le Brexit la mette en péril, mais c’est un élément de plus qui vient coiffer une pyramide de problèmes qui affectent l’UE et face auxquels elle semble impuissante: crise économique, crise migratoire ayant révélé la profonde hypocrisie de certains de ses membres, crise de confiance envers les institutions européennes- la Commission qui est perçue comme une proto-dictature de technocrates et le Conseil des ministres, une chambre opaque au sein de laquelle les intérêts des peuples passent loin derrière les intérêts politiciens des uns et des autres. Sans parler du Parlement, dont le quota français est majoritairement composé d’europhobes  et de porte-flingues déclassés (Hortefeu, Dati…) dont l’inutilité n’a d’égale que le montant des salaires et autres indemnisations.

Clairement, pour que l’UE revienne aux citoyens il faut que la manière dont elle se construit et se gère change radicalement. Et qu’elle forme un ensemble cohérent, c’est-à-dire débarrassée des pays ne partageant pas, ou plus, ses valeurs fondatrices. Le Royaume-Uni n’a jamais voulu de l’Euro ni d’une intégration politique, c’est son droit. Les quasi-dictatures que sont aujourd’hui la Hongrie et la Pologne ont-elles une place dans un ensemble garantissant à priori l’état de droit et la liberté d’expression? La notion saugrenue d’une possible intégration de la Turquie, pays en passe de devenir une dictature islamique, est tellement risible qu’on en rit plus. A tel pont que les turcs eux-mêmes ont laissé tombé l’affaire.

Le Brexit va obliger les européens à regarder les choses en face. Le tabou d’une réduction du périmètre européen vient de sauter, c’est une très bonne chose. Cet événement va bien sur donner un coup de boost aux nationalismes et notamment le FN en ce qui nous concerne en France, mais on ne pourra plus ignorer les questions qui fâchent et noyer les problèmes sous une infernale fuite en avant. Certains imaginent une Europe à deux, voir trois vitesses: une petite dizaine de pays désirant aller plus loin dans l’intégration politique, avec une harmonisation fiscale et sociale et une défense commune, formeraient le premier cercle. Un second cercle de pays ne voulant pas avancer plus loin, du moins pas aussi vite. Et un troisième cercle de pays à la marge de l’intégration européenne, des partenaires plutôt que des membres.

La question est: dans quelle cercle voulons-nous être, et sous quel mode de représentation. Merci aux anglais d’avoir ainsi ouvert en grand les portes d’un débat plus que nécessaire.

 

E-Cat, fusion froide, magouilles et gros sous

E-Cat, fusion froide, magouilles et gros sous

Cet article est la suite de « E-Cat, le réacteur à fusion froide en phase de test » (1) publié en octobre 2015. Le E-Cat, réacteur dit LENR (Low Energy Nuclear Reaction) développé par Andrea Rossi promet, s’il est validé expérimentalement, de fournir de l’énergie presque gratuite et non polluante à partir d’un processus de fusion froide et de matériaux abondants.

Le but déclaré de Rossi a toujours été de démarrer une production de masse des E-Cat. Il a, pour ce faire, vendu en 2012 une licence sur le E-Cat à une société d’investissement, Industrial Heat (IH) créée pour l’occasion et filiale du groupe Cherokee, pour 1,5 million USD avec un contrat de fabrication sous licence couvrant les Amériques, Russie et Chine, Arabie Saoudite et Emirats. Rossi, au travers de sa société Leonardo Corp., reste détentrice des droits de propriété intellectuelle et cherche un schéma de production pour l’Europe.  Lire la suite « E-Cat, fusion froide, magouilles et gros sous »

Les raisins de la colère anti-flic

Les raisins de la colère anti-flic

En ce jour de manifestation des policiers contre la « haine anti-flic », France Inter proposait ce matin une intéressante conversation (1) entre la commissaire de police Céline Berthon, du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), et Fabien Jobard, chercheur au CNRS et spécialiste de la sociologie de la police (2). Lire la suite « Les raisins de la colère anti-flic »

Camp de migrants de Norrent-Fontes

Camp de migrants de Norrent-Fontes

Quelque part dans le Sud Soudan? Pas du tout, mais à quelques kilomètres au nord-ouest de Béthune se niche un camp accueillant entre cent et deux cent migrants, aujourd’hui majoritairement en provenance de l’Érythrée. Peuplé principalement de jeunes hommes, sans électricité ni eau courante, c’est un camp de passage pour ceux et celles qui tentent, chaque nuit ou presque, de monter à bord de véhicules en direction de Calais.  Lire la suite « Camp de migrants de Norrent-Fontes »

M’enfin Papa, fait gaffe à tes épigènes!

M’enfin Papa, fait gaffe à tes épigènes!

Peu importe l’inexistence des épigènes tant qu’il y a des épiplaisirs, n’est-ce-pas. L’épigénétique progresse depuis son avènement voici une quinzaine d’années et l’idée que la qualité de vie d’un père pouvait impacter sa progéniture, sans passer par une modification génétique, a été vérifiée empiriquement sur des souris. J’ai présenté cette étude dans le billet « Papa, gaffe à ce que tu manges! » (1) en 2011, avec des souris mal nourries (par rapport à un groupe de référence bien nourri) et dont le métabolisme développa en conséquence une augmentation de l’activité des gènes responsables de la synthèse du cholestérol et des lipides – afin de stocker du gras. Ceci n’a aucun impact sur le génome de la souris, et pourtant les jeunes souris issues de ces mâles, jeunes nourris normalement dès la naissance, présentaient néanmoins cette même aptitude à stocker du gras comme si la mémoire de la sous-alimentation du père leur avait été transmise en dehors de toute modification génétique.  Lire la suite « M’enfin Papa, fait gaffe à tes épigènes! »