L’Esclavagisme Monétaire. Partie 1

Nous, les « gens normaux » qui travaillent (ou qui essaient d’en trouver), qui avons des dettes, qui pâtissons de la crise économique actuelle, sommes les esclaves du système monétaire.

Tentative d’explication :

Quelle est la cause profonde de la crise économique actuelle? Bien sur on a tous entendu qu’il s’agit au départ d’un problème de prêts bancaires consentis à tord et à travers pour des achats immobiliers survalués, essentiellement aux USA, dont le non remboursement par des débiteurs exsangues à enclenché par effet de dominos toute une série de pertes financières colossales et une vitrification du système de crédit mondial. En gros.

Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas l’origine du problème, seulement un de ses effets.

L’origine du problème, c’est la provenance des fonds prêtés: d’ou vient l’argent? Ceux et celles avec un minimum de bagage économique savent que les monnaies, du moins les monnaies échangeables (euro, dollar, yen, livre sterling, etc…) ne reposent sur aucun actif depuis 1973 et l’introduction du régime des taux flottants. La valeur d’une monnaie est entièrement basée sur la confiance que lui accordent les opérateurs financiers, confiance qui peut varier pour des raisons n’ayant rien à voir avec une quelconque valorisation économique (variation du taux de change suite à une élection, par exemple). Les variations sont, pour l’essentiel, spéculatives.

Mais alors, d’ou vient l’argent, s’il n’est pas la contrepartie d’une réalité économique?

L’argent est crée par les banques, qui bénéficient de ce pouvoir en contrepartie du respect de certaines règles, par exemple le respect d’un certain rapport entre fonds propres et crédits accordés (le ratio prudentiel). Un certain rapport (quelques % selon les pays et les situations), là est la clé: les prêts accordés par une banque, que ce soit entre une banque centrale et banque commerciale, ou une banque commerciale et un client, ne sont que partiellement liés à une contrepartie existant au sein de la banque. La plus grande partie du prêt est une création ex nihilo, une dette virtuelle (du point de vue du créancier) car qui ne lui coûte rien. La banque crée de l’argent (qui vous permet d’acheter des biens) par la création d’une dette correspondante. L’argent est ni plus ni moins une dette. Mais une dette qui rapporte gros, via l’intérêt. Intérêt qui n’est remboursable que par la création de réelle valeur ajoutée, par le travail.

Donc voilà peint, au gros pinceau certes, une bizarre réalité: l’argent est créé par les banques sans contrepartie, ou du moins avec une contrepartie limitée (donc avec un coût limité), mais lui donne droit à la perception d’un intérêt calculé sur l’ensemble du montant prêté, et plus fort encore lui donne droit sur l’ensemble des biens qui vous achetez avec ce prêt, si vous ne le remboursez pas.

C’est ce qui s’appelle de l’esclavagisme monétaire.

Il fut un temps, heureusement révolu (enfin, pas partout) ou l’esclavagisme consistait à bénéficier pour un coût modique (l’acquisition et l’entretien des esclaves) d’une valeur ajoutée importante liée au travail des esclaves.

L’esclavagisme monétaire fonctionne à l’identique: le système financier s’octroie pour un coût tout à fait marginal un droit à un intérêt (du « vrai » argent) qui couvre nettement plus que ce coût initial, et en plus un droit de propriété sur l’objet acquis via ce prêt.

N’est-ce pas extraordinaire? Une véritable pierre philosophale? Mais au bénéfice de qui, finalement? A suivre…

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