Un moteur de recherche pour la Vérité?

Stephen Wolfram est un phénomène bien connu du monde des mathématiques. Doctorant à 20 ans, il a à son actif la création du logiciel de calcul formel Mathematica, et a beaucoup travaillé dans les domaines de la physique des particules et des automates cellulaires. Ce dernier domaine forme la base d’une thèse, publiée en 2002 sous le nom de New Kind of Science (NKS). Cette thèse propose une vision de l’univers basée sur la logique de l’automate cellulaire, soit la répétition incessante des règles simples qui seraient à l’origine de la complexité, et du vivant. Il y aurait beaucoup à dire sur NKS, mais ce n’est pas l’objet de ce billet.

En effet, en mai de cette année Stephen Wolfram lancera un outil web qui n’est pas à proprement parler un moteur de recherche à la Google, mais un moteur qui formulera lui-même une répone à la question que lui posera l’utilisateur. Plutôt que de proposer des pages de liens qui correspondent à des mots clés, ce moteur appelé Wolfram Alpha proposera une réponse, sous forme d’un mot, d’une ligne ou d’une page entière, selon sa complexité, censée représenter « la réponse vraie » à la question posée.

Cet outil repose sur une base de données de tous les faits scientifiques connus (par exemple les formules chimiques), sur une recherche classique permettant d’obtenir des informations non figées, et sur un moteur d’interprétation issu des travaux de Wolfram.

Exemples: la requête « 26/3/2009 + 90 days » renvoie une date 90 jours après le 26 mars 2009.

La requête “mt. everest height length of golden gate” renvoie la hauteur de l’Everest sous la forme d’un multiple de la longueur du Golden Gate. Et si la requête est « “temperature in los gatos », le moteur vous renvoie la température actuelle à Los Gatos, les prévisions pour la semaine, et un graphque des températures sur les douze derniers mois (exemples pris d’un article de Rudy Rucker, http://www.hplusmagazine.com/articles/ai/wolframalpha-searching-truth)

Cet outil s’inscrit dans la démarche de Wolfram sur la systématisation de la connaissance. Pour lui, tout est fondamentalement calculable (computational) et il s’inscrit dans une logique ayant pour origine Newton et le calcul différentiel (à l’époque, une nouvelle manière de voir « la vérité ») et poursuivie par Leibniz et sa bibliothèque universelle.

La compréhension informatique de la requête posée par l’utilisateur provient d’une approche algorithmique qui « mouline » cette requête afin d’en extraire le « sens profond » au-delà de la pure syntaxe.

Cet outil sera la première déclinaison applicative du concept NKS. Vivement les premiers essais!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s