Sur Copenhague

Ce n’est pas faire preuve de grande témérité que de penser, un jour avant sa fin, que l’éléphant Copenhague accouchera, peut être, d’une minuscule souris. Comme disent les anglophones, the writing was on the wall, et ce depuis longtemps. Les excellents articles de Claude-Marie Vadot retraceront pour l’éternité la descente aux enfers d’une grand-messe politico-écolo-médiatique basée sur une bulle d’air chaud qui n’a d’autre possibilité que d’éclater.

J’ai une pensée émue pour ceux et celles, labellisés écolos, qui croyaient sincèrement (et croient sans doute encore) à toute la com entourant ce sommet, car il faut changer les choses et on ne peut pas se permettre de gaspiller ainsi les bonnes volontés, mais on ne peut pas se permettre non plus de croire d’importe quoi et de sacrifier tout esprit critique sur l’autel de la bienséance écologiste ou de la récupération politicienne peinte en vert.

Ce sommet est (sera) un échec pour des raisons simples, dont celles-ci:

– Les pays émergents ont besoin d’énergie pour leur développement, le thermique reste aujourd’hui la solution la plus rapide à mettre en oeuvre et la plus rentable, et il est pour eux hors de question de brider leur développement (même si le lien entre développement économique et réelle sortie de la pauvreté est nettement plus ténu que ce que l’on entend de la part de leurs dirigeants, mais il est actuellement trop politiquement incorrect de poser cette question au sein d’une telle assemblée).

– Les USA ne feront l’effort de réduire leurs émissions que dans la mesure ou ces mêmes pays émergents réduisent les leurs dans une proportion équivalente. Ceci est inscrit dans la législation américaine depuis 1995, et fut à l’époque votée à l’unanimité par le Sénat – c’est donc du solide.

– Personne ne semble vouloir reconnaître le lien direct entre extraction (pétrole, gaz, charbon) et émissions de GAS. La seule manière de ne pas émettre des GAS d’origine hydrocarbonée est de ne pas extraire les hydrocarbures, car tout hydrocarbure extrait sera forcément utilisé quelque part sur la planète. Quelqu’un a t-il vu une proposition de moratoire sur l’extraction des hydrocarbures?

– Même si ca ne se dit pas trop, le GIEC souffre – avec raison à mon avis – d’un manque criant de crédibilité. Le « Climategate » n’est que la partie émergée de l’iceberg. La question sur la causalité (et non pas simple corrélation) entre réchauffement et activité humaine reste le point central de cette perte de crédibilité, en plus de la question du réchauffement à proprement parler (tout dépends des périodes que l’on considère).

Je pense que l’on se trompe de problème, et c’est pourquoi on ne trouve pas de solution. Le problème est que le monde actuel fonctionne sur un concept de création de richesse basé sur la production industrielle, et uniquement la-dessus. Concept qui n’est plus viable à l’échelle actuelle. Ce qu’il nous faut, c’est un Copenhague sur le concept.

Une réflexion sur “Sur Copenhague

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