Coût énergétique d’une recherche sur Google?

Dans le New Scientist de cette semaine le physicien James Clarage fait le calcul suivant: Google dispose d’un bon million de serveurs, consommant chacun de l’ordre d’un KWh soit une consommation globale de l’ordre d’un million de kilowatt par heure. Google réalise environ 10 million de recherches par heure, ce qui fait dire à notre chercheur que chaque recherche consomme l’équivalent d’une ampoule de 100W allumée pendant une heure. Ce genre de calcul est évidemment assez vite récupéré par les discours écologiquement corrects du moment, j’ai moi-même récemment entendu une candidate EE dire lors d’une conférence qu’une recherche sur Internet consommait assez d’énergie pour faire chauffer une tasse de café, ce qui doit être du même ordre que l’ampoule de Clarage.

Personnellement j’ai un problème avec ce genre de calcul, d’abord au niveau des chiffres, ensuite au niveau de l’interprétation. Au niveau des chiffres, le nombre de serveurs de Google est bien de l’ordre de 1 million (selon Gartner) et le nombre de recherches effectuées est correct (selon ce site). Par contre il n’y a pas de définition de ce qui constitue un « serveur », et là la consommation peut varier d’un facteur 5 selon que l’on parle d’une petite boîte avec une carte et un disque (100 à 200W, type serveurs en rack 19 »/1U), ou une grosse boîte avec plusieurs cartes et plusieurs disques (type blade server pour les technos). Mais admettons, for the sake of argument, le chiffre de 1 Kw de Clarage.

Au niveau de l’interprétation: la conclusion de Clarage revient à dire que les serveurs de Google ne font que répondre à des recherches, et qu’ils fonctionnent à 100% pendant les recherches et à 0% entre les recherches. Mais c’est évidemment faux: Google fait tourner plein de services en continu sur ses serveurs: Google Apps, Blogger, les robots d’indexation, le stockage de données, le mail, bref un tas de choses dont la partie « recherche » ne représente qu’une partie. Les recherches viennent en plus de toutes ces autres applications, et il serait intéressant de calculer le coût énergétique marginal réel d’une recherche. Je postule qu’il est en fait très faible (à vue de nez, plus proche du centième de watt que de la centaine de watts), et en tout cas beaucoup plus faible, à durée égale, qu’une opération de streaming ou de téléchargement par exemple.

Ensuite et pour terminer, quelle est la valeur ajoutée de faire une recherche, et est-ce qu’elle « vaut » l’énergie qui lui est dédiée?  Autrement dit, quel serait l’effet de ne pas pouvoir faire cette recherche, en terme de déplacements (à la bibliothèque par exemple) ou simplement en terme de « manque à connaître »?

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