Chronique de la Bêtise n° 5

Le 30 juillet 2010 le Conseil Constitutionnel déclarait la garde à vue contraire aux libertés fondamentales garanties par la Constitution et donnait un an au gouvernement pour rectifier le tir. Contrainte et forcée (la pauvre), Michèle Alliot-Marie vient de proposer un premier projet qui ne contente personne malgré quelques avancées, notamment la présence d’un avocat tout au long de la GAV.

Les récriminations policières ne se sont pas fait attendre.

Ici un communiqué de la SNOP sur lequel on peut lire « La garde à vue ne peut être réformée à l’identique dans le cadre d’une refonte globale de la procédure pénale ou dans l’état actuel du droit, mais dans tous les cas des moyens seront nécessaires« .

Traduction?

Chez Synergie-Officiers on peut lire « SYNERGIEOFFICIERS redoute, une fois de plus, que l’intérêt collectif soit sacrifié sur l’autel de principes éthérés (mais aussi mercantiles) au mépris des réalités criminelles contemporaines et des difficultés insupportables qui entravent le travail des policiers pour »la manifestation de la vérité« .

On suppose que par « principes éthérés » il faille entendre la Déclaration des Droits de l’Homme.

C’est quand même extraordinaire que dans un pays supposé civilisé tel celui-ci il faille encore aller au charbon pour essayer de récupérer des droits basiques de dignité et de liberté qui servent de paillasson à ceux censé les faire respecter – les flics, leur président-chef et sa clique de pétainistes patentés!

Ah quel malheur pour les policiers s’ils ne pouvaient plus torturer tranquillement leurs victimes en GAV pour obtenir les aveux qui les arrangent, terroriser des braves gens ayant osé rouler sans ceinture (Oh mon Dieu!) ou ayant bu un coup de trop (Oh ma MAM!) ou pire encore ayant osé répondre aux provocations racistes d’un troufion de service (Oh mon Bessonfeu!!) cherchant à se faire bien voir des bottes cirées de l’étage du dessus (Aïe mon Sarko!)

« On ne fait qu’obéir aux ordres » disent les flics. Certes. C’est aussi ce que disaient les miliciens sous Vichy et les nazis condamnés à Nuremberg.

« On a pas assez de moyens: » Peut être, mais raison de plus pour utiliser ceux qui existent pour traquer les vrais délinquants et criminels, et laisser les autres tranquilles. Evidemment cela n’est pas compatible avec le respect de la politique du chiffre, incitant majeur à la manipulation.

Manipulation qui semble par exemple avérée dans la fameuse affaire Tarnac:

« Les policiers de la PJ admettent donc à présent une méprise dans la rédaction de leurs procès-verbaux. Ils indiquent avoir confondu le chiffre«3» et le chiffre «5» dans leur transcription. Cela n’a l’air de rien. Mais c’est un aveu de taille, quand cette prise de notes fautive concerne le procès-verbal crucial d’une enquête: les policiers antiterroristes ont écrit «3h50»au lieu de «3h30». Et ces vingt minutes supplémentaires leur permettent de rendre crédible la chronologie de la filature de Julien Coupat, le soir de l’attentat ». (Source Médiapart)

Que va t-il se passer pendant cette année de transition, supposant qu’une loi correcte soit votée dans les temps? La police/gendarmerie va t-elle être frappée d’un éclair de lucidité et tenter un atterrissage en douceur avec un retour volontaire aux valeurs républicaines, ou va t-elle au contraire en profiter pour assouvir ses démons sadiques dans une apothéose orgasmique de violence et de perversité?

Résister se conjugue au présent, disait Lucie Aubrac. Cela n’a jamais été aussi vrai depuis longtemps.

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