Nos cellules biologiques, des ordinateurs quantiques?

Ce billet du mois de mars présentait une expérience quantique à l’échelle macroscopique mais sous condition de froid presque absolu.

Un nouveau pas dans le rapprochement des phénomènes quantiques et la « vraie vie » semble être en cours de franchissement: les cellules de certaines algues seraient capable d’optimiser le transfert d’énergie issue de la photosynthèse en coordonnant ces transferts le plus efficacement possible le long de plusieurs pigments moléculaires. Pour ce faire les cellules « sondent » l’état des chemins possibles et déterminent celui qui est le plus rapide et avec le moins de perte d’énergie.

Autrement dit, ces cellules mesurent « l’amplitude quantique » d’états moléculaires superposés pendant un bref instant (400 femtosecondes, soit 4 x 10EXP-13 seconde) avant leur décohérence et ce à température ambiante – ce qui selon l’interprétation habituelle du phénomène quantique ne devrait pas être possible.

Ces cellules utiliseraient (gardons le conditionnel tant que les expériences n’auront pas été validée de manière plus générale) le même processus que celui à la base des ordinateurs quantiques, à savoir l’utilisation de ces superpositions pour multiplier (je résume grossièrement) la puissance de calcul. Mais les ordinateurs quantiques utilisent des atomes refroidis.

Roger Penrose avait déjà émit, au début des années 90, l’hypothèse du fonctionnement quantique du cerveau humain. C’était supposé impossible du fait de la décohérence immédiate de tout phénomène quantique à température ambiante, mais cette récente découverte à propos des algues par des chercheurs de l’Université de Toronto (Canada) dont Gregory Scholes remet en selle cette hypothèse, tout comme celle émise par le spécialiste de la théorie quantique Paul Davies sur le rôle de la mécanique quantique au niveau de l’information génétique et l’origine de la vie.

Nous sommes sans doute en train de rentrer de plein pied dans le domaine de la biologique quantique. La vision mécaniste de la vie basée uniquement sur des processus physico-chimiques devra, si tout ceci se vérifie, opérer un changement de paradigme pour prendre en compte l’optimisation quantique des processus cellulaires.

De même, s’il s’avère que Penrose a finalement raison cela rend caduque la notion d’intelligence artificielle basée sur de l’informatique classique quel que soit sa puissance et la sophistication de sa programmation.  Et l’idée de Davies comme quoi ce seraient des processus quantiques qui ont rendu possible la construction de l’ADN par les molécules prébiotiques mettrait un nouvel éclairage sur l’origine de la vie.

Source: Futura-sciences

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008: sciences, société, politique... Indécrottable indépendant ayant travaillé dans la vidéo et l'informatique industrielle. Actuellement dans la photo (www.vincentverschoore.com).

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