Réunion CLUPP de Boulogne-sur-Mer du 20 octobre

Ce matin avait lieu la réunion plénière du CLUPP de Boulogne-sur-Mer, un comité regroupant toutes les parties prenantes du port de Boulogne: les associations de plaisanciers d’un côté et les institutions de l’autre: Région, Département, Chambre de Commerce, Ville, Communauté d’Agglomération de Boulogne (CAB) et autorités portuaires.  La session est ouverte par Mme Régine Splingard, Conseillère Régionale et Présidente du CLUPP. A ses côtés sur le podium Mr Jérôme Latron (Commandant au Port de Boulogne), Mr Chrisitian Allard (CCI – Adjoint à la Direction Générale des affaires portuaires), Mme Cécile Locqueville (Région – adjointe à la Direction Générale Pôle Mer), Mme Mireille Hingrez-Céréda (Maire de Boulogne), Mr Daniel Rouhier (Sous-Préfet de Boulogne) et Matthieu Le Garrec (Exploitation du Port de Boulogne).

La première partie de la réunion concerna la question de l’écluse du bassin Napoléon, avec un historique des faits, un point technique et un planning pour la suite. L’information principale à en retirer est que l’écluse fonctionnera normalement au printemps-été 2013, sera à nouveau en travaux à l’hier suivant (donc, ouvertures à pleine mer seulement) pour réouvrir définitivement au printemps 2014. Du moins jusqu’au prochain problème.

Ensuite vient la question de la descente à bateaux – car il faut savoir qu’il n’existe pas à Boulogne-sur-Mer de possibilité de descendre des bateaux à la mer autrement que via la grue, ce qui est un non-sens pour les propriétaires de petits bateaux à voiles et pêches-promenade. Evidemment, l’usage obligé de la grue rapporte des sous. A quoi Mme Splingard lança la première remarque surréaliste de la réunion, en disant que l’urgence soudaine de cette descente était quand même surprenante vu que les Boulonnais s’en étaient bien passé depuis soixante ans… Sous-entendu: remerciez-nous plutôt de bien vouloir prendre en compte vos demandes à la c…. Mais, de mon humble point de vue, l’existence d’une situation inepte ne justifie pas sa continuation, et surtout la plaisance à beaucoup changé en soixante ans, à l’époque les petits bateaux de pêche pouvaient se lancer de la plage, et il existait plusieurs possibilité de cale à sec à marée basse dans le port pour des petits bateaux, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Autre ineptie d’ailleurs, il est aujourd’hui impossible (plus exactement: interdit) pour un plaisancier d’échouer son bateau à marée basse à Boulogne, ne serait-ce que pour vérifier sa coque ou son hélice. Il faut encore et toujours passer par le service payant de la grue.

Bref, il s’avère que la décision initiale (prise en commun par les différents intéressés) de créer une descente du côté du port dit de Commerce (car de ccommerce il n’y a plus), à des kilomètres du centre, est remise en question du fait notamment qu’un embryon de descente à été réalisé lors des travaux de dragage d’épaves dans le Petit Port, et que partir sur cette base pourrait s’avérer bien moins compliqué et onéreux que la solution initiale. Ce que, ne connaissant pas le dossier, je veux bien croire sur parole.

Ensuite virent un certain nombre de questions diverses dont une notamment au sujet de la sécurisation du bassin Napoléon. Sécurisation des bateaux d’une part contre les petits vols ou tentatives de vols assez courantes et le squat des pontons et des bateaux par des ivrognes en pleine nuit, d’autre part pour faire face à la question des enfants qui nagent l’été dans l’eau hautement polluée du bassin, et pire encore ceux qui récoltent des moules sur ces pontons, moules dont je n’ose même pas imaginer la teneur en métaux lourds et autres saloperies déversées dans ce bassin depuis des années par le chantier naval voisin et son aire de carénage. La réalité de la petite délinquance autour de ce bassin ne semble pas convaincre Mr Rouhier (Sous-Préfet) qui remporte la palme surréaliste du jour: si la situation était à ce point grave, dit-il, personne ne voudrait venir à Boulogne, il n’y aurait pas une liste d’attente d’une centaine de personnes pour des anneaux, et les investissements (modestes) prévus pour l’extension du port de plaisance n’auraient pas lieu d’être.

Argument qui semblait plaire aux autres membres sur la tribune, et qui illustre en fait parfaitement le fond du problème du port de Boulogne: les autorités ne perçoivent la plaisance qu’en termes de coûts, et les plaisanciers une bande de bobos argentés dont il est bon d’optimiser le plumage. Ils ont complètement perdu la notion qu’un port est fait pour accueillir des bateaux et qu’un nombre important de bateaux aide à faire vivre la ville (car les places sont chères, 1800 E pour une place à l’année pour un bateau de 10m – pour ceux qui ont la chance d’avoir une place-, et des frais de pontons à la nuitée pour les visiteurs au prix d’une chambre d’hôtel). C’es une mentalité de petit comptable. Alors qu’il faudrait évidement faire l’inverse: Boulogne à la grande chance d’être un port en pleines eaux (accessible à toute heure), une grande rade inutilisée comprenant une grande darse et un port de commerce tous les deux vides, et un plan d’eau superbe juste en face. Il suffirait d’installer des corps-morts et quelques pontons en ces lieux, instaurer un service de navette pour relier la rade et le port intérieur, et l’été il y aurait des centaines de bateaux à l’escale. Construire 500 anneaux fixes supplémentaires et ils seraient loués très rapidement par des anglais, des belges, des néerlandais intéressé par un port d’attache au sud de la zone compliquée à naviguer que représentent  les côtes de la Mer du Nord. Bon on peut rêver.

Dans le même registre, j’ai été assez surpris du fait que MM Allard et Rouhier semblaient découvrir un certain nombre de questions et problèmes,  qui devront donner lieu à des commissions. Problèmes dont tout le monde, côté plaisance, semble pourtant être au courant mais on peut imaginer que ce qui ne passe par par les voies officielles n’a pas à être pris en compte.

Il semble également que la prise de gestion de l’aspect plaisance par la CAB, au lieu de la CCI, soit en voie de négociation, voire même en bonne voie. J’ignore si c’est a priori une bonne ou une mauvaise chose, mais cela devrait au moins simplifier certaines procédures.

Donc voilà pour ma première réunion d’usagers du port, instructive certes mais aussi un peu surprenante par certaines réactions des représentants institutionnels. Surprenante également par le peu de membres des associations de plaisance présent, une quarantaine seulement. Vu les enjeux, il me semble qu’une plus grande mobilisation s’impose.

 

 

 

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