Fritz Vahrenholt et le climat: une seconde opinion

Qui connait Fritz Vahrenholt en France? Pas grand monde sans doute. Outre-Rhin par contre c’est une quasi-célébrité: scientifique, militant écologiste de la première heure, membre important du SPD ayant occupé plusieurs fonctions liées à l’environnent, et cela en parallèle avec une carrière professionnelle qui l’a mené à la tête de RWE Innogy, entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables. En plus de cela, membre du GIEC dont il fut relecteur du rapport AR 3 en 2007, et du rapport de 2010 sur les énergies renouvelables.

Donc un monsieur a priori très écologiquement correct, mais voilà c’est aussi un scientifique intègre et ses relectures des rapports du GIEC l’on amené à se pencher sur un certain nombres d’erreurs factuelles et de conclusions biaisées qu’il juge inacceptables et qui l’on amené à écrire un livre, Die Kalte Sonne (le soleil froid, actuellement disponible uniquement en Allemand). Ce livre remet en cause la thèse fondamentale du GIEC, à savoir que le réchauffement climatique (on dit « dérèglement » aujourd’hui, par mesure de prudence sans doute) est lié à l’augmentation du CO2, lui-même causé par les activités humaines. Thèse dite du réchauffement anthropique.

Fritz Vahrenholt a publié un article dans le Daily Telegraph en juin 2012 dans lequel il dit: Pendant de nombreuses années je fus un militant du GIEC et de la théorie du CO2. Des expériences récentes avec ce panel m’ont néanmoins obligé à revoir ma position. En février 2010 je fus invité en qualité de relecteur pour le rapport du GIEC sur les énergies renouvelables. J’ai alors réalisé que ce rapport était fait de manière tout à fait non scientifique. Criblé d’erreurs, et édité au final par un militant de Greenpeace. J’en fus outré, me disant que si cela se passait ainsi pour ce rapport, il était possible que cela se passe de la même manières pour d’autres rapports du GIEC.  

La bonne pratique scientifique implique de vérifier ses données. Après tout, les géologues on pu étudier le climat pré-industriel, sur les derniers 10 000 ans, et ainsi isoler les éléments facteurs naturels de modification du climat (natural climate drivers). Mais selon le GIEC, ces facteurs naturels ne jouent quasiment aucun rôle dans le climat actuel et donc nous devrions nous attendre à une histoire naturelle du climat qui serait plate et ennuyeuse. Ce qui est loin d’être le cas: des données provenant de carottes de glace, stalactites, anneaux de croissance des arbres, sédiments océaniques montrent qu’il a toujours existé des variations de température de plus de 1° C, avec des phases chaudes et froides alternant sur un cycle de 1000 ans. Ces cycles sont par exemple les périodes chaudes de l’âge de bronze voici 3000 ans et de Rome voici 2000 ans (époque de la conquête romaine des Alpes, ndt). Pendant l’optimum climatique du Moyen Age autour de l’an mille, le Groenland était colonisé et on faisait du vin en Angleterre. Suite à cela le Petit Age de Glace sévit du 15ème au 19ème siècle. Toutes ces fluctuations eurent lieu avant le C02 anthropique. 

En se basant sur la reconstruction du climat à partir de sédiments profonds de l’Atlantique Nord, le professeur Gerard Bond a pu découvrir que ce cycle climatique de 1000 ans existait en parallèle avec les cycles solaires, dont ceux de Eddy qui – devinez quoi – durent 1000 ans. Donc c’est en fait le soleil qui cause les fluctuations climatiques de ces derniers 10 000 ans. 

Vahrenholt fait ensuite référence aux travaux de Svensmark (voir cet article sur Rhubarbe.net) sur le possible lien entre activité solaire et couverture nuageuse, cette dernière ayant un effet direct sur le climat, et conclu l’article en disant: D’abord, nous avons besoin de recherche sérieuse sur les facteurs naturels de variation climatique. Ensuite, la cause probable du réchauffement au cours des décennies à venir (l’activité solaire, ndt) nous donne le temps de convertir nos sources d’énergie de manière planifiée et durable, sans passer par l’appauvrissement massif que l’on nous promet actuellement… Le choix n’est plus entre une catastrophe climatique mondiale et la croissance économique, mais entre la catastrophe économique et le bon sens.

Bien entendu, Vahrenholt n’est pas le premier scientifique à remettre en question la thèse du réchauffement anthropique (voir par exemple cet interview de Vincent Courtillot) mais ce qui frappe ici est la stature particulière du personnage: éminent écologiste, scientifique, homme politique et chef d’entreprise, tout à fait intégré à l’establishment allemand, et qui n’a a priori rien à gagner à cracher dans la soupe. Ce qui rend son témoignage d’autant plus important.

 

NB: Une page très instructive sur les optimums climatiques et le petit age glaciaire: http://www.glaciers-climat.com/le-petit-age-glaciaire.html

 

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