Sidaction, l’incompréhensible foutage de gueule

C’est Sidaction-day en France. En 2012 l’opération a collecté 2,4 millions d’euros, dont 27% part en frais de gestion et de collecte – soit 648 000 euros tout de même.

Le marché des anti-rétroviraux a généré, en 2011, un volume sur les USA et les 5 plus grands marchés européens (Italie, France, Grande-Bretagne, Espagne et Allemagne) de plus de 10 milliards d’euros. Gilead Sciences, sans doute le principal fabricant de ces rétroviraux avec les marques Truvada et Atripla, a vendu à lui seul au dernier trimestre 2012 pour un total de 1,4 milliard d’euros pour ces deux produits (sur chiffre d’affaire pour la même période de 2 milliards d’euros). Profits déclarés de Gilead sur cette même période de 3 mois: 600 millions d’euros, dont au moins 400 millions pour Truvada et Atripla (marge bénéficiaire sur ces produits: entre 30% et 50% du chiffre d’affaire).

Et ça  c’est juste Gilead. Le bénéfice Sida pour les labos pharmaceutiques sur les marchés « riches », en 2011, se chiffre donc entre 3 et 5 milliards (3000 à 5000 millions d’euros), sans parler des autres marchés (Asie, Amérique Latine, Europe hors les 5 « gros » pays, et Afrique). En France, le marché pharmaceutique du VIH est de l’ordre de 1,5 milliards d’euros, soit un bénéfice estimé entre 500 et 750 millions d’euros. Et on demande au public de donner des sous pour financer une industrie qui réalise des bénéfices stratosphériques sur le dos des malades et de la sécu, sans parler des apports de la recherche publique et des financements divers et variés que l’industrie récolte par ailleurs.

Ce matin sur France Inter j’entendais des dames déclarer que la prise d’antirétroviraux éliminait le risque de transmission sexuelle du Vih. En dehors de tout débat (qu’il faudrait conduire sur la place publique) de la véritable nature du Vih et de ce que signifie réellement l’état de « séropositivité, ce type de proclamation me semble extraordinaire car il laisse entendre que si vous êtes séropositif mais « soigné » et avec une charge virale indécelable, vos partenaires ne risquent plus l’infection lors de rapports non protégés. Affirmation tendancieuse me semble t’il, car on si trouve dans la littérature des études qui semblent démontrer que la réduction de la charge virale à des niveaux dits indétectables, par médication, réduit le risque de transmission de 95%,  il ne l’élimine pas pour autant et on trouvera, par exemple sur cette fiche info du Réseau Canadien d’info-traitement Sida, le passage suivant (sous forme de question-réponse):

Si ma charge virale est indécelable, puis-je encore transmettre le VIH à d’autres personnes?
Oui. Bien que le VIH soit indécelable dans votre sang, il peut en rester encore assez pour infecter quelqu’un. De même, il est possible que le taux de VIH soit plus élevé dans le sperme et les sécrétions vaginales. Ainsi, même si votre charge virale est indécelable, vous risquez toujours d’infecter quelqu’un en partageant des aiguilles ou en ayant des rapports sexuels non protégés

Alors, qui croire, au sein même de l’orthodoxie ? Une autre dame (ou était-ce la même) lors de la même émission déclarait que 30% des français « à risques » sont des séropositifs qui s’ignorent, et qu’il fallait donc que tout le monde se fasse dépister. Ensuite, tous les séropositifs devaient se soumettre à la tri-thérapie. Même s’ils sont par ailleurs en bonne santé. Même s’ils vont devoir souffrir le reste de leur vie des effets secondaires de ces médicaments. A 10 000 euros le traitement annuel, sans oublier les tests de dépistage et de mesure (souvent répétés) de charge virale. Sans oublier non plus les traitements qu’il faudra prévoir pour compenser ces effets secondaires…Alors que si les séropositifs sont en bonne santé, il suffit qu’ils utilisent des préservatifs dont le coût, en comptant 200 rapports annuels, est de l’ordre de 150 euros par an…

Cahuzac, c’est de la petite bière à côté de l’arnaque magistrale perpétrée par le lobby pharmaceutique, les « experts » en santé publique et les bonnes âmes de la « guerre contre le Sida ». Tout ce cirque vise une seule chose: maximiser les ventes d’antirétroviraux et de tests de dépistage, donc les profits des labos, donc des commissions alléchantes qui doivent ruisseler vers certaines poches. Ecoeurant.

Je ne m’étendrais pas ici sur la partie plus technique de la notion de séropositivité, sauf pour un développement concernant la fameuse charge virale, vu que le but de la médication est de la rendre indécelable. Voici ce que cette même fiche info canadienne dit à propos de la variation de la charge virale (pour quelqu’un sous traitement):

Si votre charge virale a augmenté, il se peut que votre médecin vous demande de subir un autre test immédiatement. Ce deuxième test permettra de vérifier si l’augmentation est passagère ou si elle suit une tendance. Les variations passagères peuvent avoir différentes causes. Par exemple :
• Il arrive que votre charge virale soit décelable dans le cadre d’un test particulier, puis
revienne à un niveau indécelable lors du test suivant. On parle alors d’anomalie passagère et ça n’a rien d’anormal;
Votre charge virale peut augmenter temporairement en raison d’un rhume ou d’une autre maladie de courte durée;
Votre charge virale peut également augmenter temporairement après un vaccin, comme le vaccin contre la grippe. Faites-vous vacciner si vous en avez besoin, mais attendez peut-être un mois après la vaccination (ou une maladie) avant de subir un autre test de charge virale;
La façon dont on mesure votre charge virale varie d’un laboratoire à l’autre, ce qui peut influer sur les résultats du test. N’oubliez pas cette possibilité lorsque vous passez des tests dans deux laboratoires différents, et plus particulièrement si ces derniers se trouvent dans des provinces ou pays différents. Si l’augmentation de la charge virale ne peut être expliquée d’une autre façon, il faudra peut-être envisager de remettre en question votre traitement actuel.

La charge virale ne semble donc pas être une mesure tout à fait objective, vu cette variabilité. Comment mesure t’on alors la charge virale? On considère qu’une charge virale (en termes savants, on parle de « quantification de l’ARN plasmatique ») inférieure à 50 copies par ml est « indétectable » et signe que le Vih est « planqué ». Il faudrait arriver à 0 copies pour qu’il soit effectivement éradiqué.

La méthode utilisée est la PCR, une technique d’amplification d’ADN, et plus spécifiquement la RT-PCR (RT pour Reverse Transcriptase ou Transcriptase inverse, qui permet d’obtenir de l’ADN à partir de l’ARN en provenance d’un rétrovirus). La charge virale n’est donc pas une mesure directe de quelque chose qui se trouverait dans le sang, mais un traitement chimique suivi d’une extrapolation à partir d’un ARN associé au Vih de part l’existence de la fameuse enzyme « transcriptase inverse ».

Mais le Vih n’est pas le seul rétrovirus générant de la transcriptase inverse (ils en génèrent tous), donc comment savoir à qui on a réellement affaire? On ne le peut pas, donc on part du principe que, le patient ayant auparavant été déclaré séropositif, l’ARN en question est nécessairement celle du Vih.

Logique a priori, mais d’une part cela ne consiste pas une preuve qu’il s’agit bien du Vih vu que le test de séropositivité n’est pas spécifique au Vih, et d’autre part on pourrait très bien être séropositif et avoir une charge virale détectable liée à autre chose que le Vih. Et c’est bien pourquoi il est explicitement mentionné dans la fiche info ci-dessus que la charge virale peut varier en fonction de plusieurs facteurs: rhume, vaccins, maladies, et variabilité des méthodes utilisées. Connaissons-nous tous les facteurs à même de générer une charge virale décelable par une telle approche? L’inventeur de la technique PCR lui-même, Prix Nobel Kary Mullis, reste extrêmement critique de l’usage de cette méthode dans un tel contexte d’incertitude quand à la présence réelle d’un rétrovirus pathogène – même si la réalité de la déficience immunitaire n’est pas contestée.

Tout cela n’empêche pas des laboratoires de vendre à prix d’or, et avec la bénédiction des services publics et des associations d’aide au séropositifs, des médicaments virulents qu’il faut prendre à vie. Certes, ces médicaments parfois soulagent des patients en souffrance du fait essentiellement de leur effet antibiotique, mais ils sont probablement loin d’être une réponse appropriée au syndrôme de déficience immunitaire. Comme on le dit souvent, plus c’est gros, plus ça passe.

 

NB: Ce blog contient un certain nombre d’articles sur la question du Vih, ainsi qu’un reportage effectué lors d’une conférence de « dissidents » en juin 2012.

 

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