Syrie: d’où vient le gaz sarin?

Le rapport des Nations Unies à peine publié et confirmant l’usage de gaz sarin en Syrie le 21 août dernier, l’axe guerrier constitué de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis a immédiatement estimé que la preuve était faite que Assad était à l’origine de ce massacre, dont acte. Mais le reste du monde, Russie en tête, fait remarquer que ce rapport ne précise pas du tout l’origine des obus meurtriers, et au contraire dit que les obus, une variante du modèle conventionnel « M14 », pouvait aussi bien être un original qu’une « improvisation ». Le rapport ajoute que, pendant l’expertise sur le terrain (en terrain rebelle), les inspecteurs ont vu passer d’autres munitions suspectes, impliquant la possibilité que les « preuves » auraient pu être déplacées ou manipulées.

L’ambassadeur Russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, a en outre mis le doigt sur le fait qu’il est surprenant de constater qu’une attaque chimique menée par les forces gouvernementales contre les rebelles n’aurait fait aucune victime parmi les forces rebelles. La Russie défend toujours l’hypothèse d’un coup monté par les rebelles pour faire accuser Assad et entraîner une action militaire occidentale en leur faveur.

Se pose également la question de l’origine du gaz sarin: Assad en dispose dans son arsenal, mais cette arme circule également entre l’Irak et la Turquie. Le gaz sarin a notamment été utilisé par Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak en 1988 au moment du massacre de populations Kurdes dans la ville d’Halabja, tuant près de 5000 personnes. Quelques années plus tard, des bombardements au sarin ont eu lieu lors de l’insurrection irakienne contre le régime de Saddam Hussein en avril 1991 (1).

Il semblerait, selon le reportage de RT ci-dessous (RT est une chaîne russe donc à prendre avec des pincettes évidemment), que les américains savent que des groupes locaux affiliés à Al Qaïda sont en possession de ce type d’armes. Et nous savons bien sûr depuis longtemps que les groupes islamistes sont en compétition avec les rebelles « légitimes » pour le contrôle des zones « libérées » et la chute de Assad (voir: Syrie, le grand n’importe quoi).

On doit se demander ce qui pousse la France, notamment, a vouloir frapper Assad malgré le manque de preuve qu’il est effectivement coupable de cet acte. Quelques promesses faites à Total pour l’exploitation future de champs pétroliers en territoire rebelle, peut-être? Allez savoir. Mais ce qui est le plus inquiétant est évidemment la forte probabilité que des mercenaires, islamistes de surcroît, auraient accès à des stocks de sarin. D’un autre côté il est clair que si un groupe islamiste conduisait une attaque chimique contre des objectifs occidentaux, leur fine couche de crédibilité (dans le cadre Syrien) serait irrémédiablement détruite et la réponse militaire occidentale sans doute impitoyable. Mais, comme disait un certain, les cons ça ose tout, c’est même à cela qu’on les reconnait.

(1) http://www.radiovl.fr/le-sarin-histoire-dun-gaz-mortel/

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