Apollo et le mystère des Hasselblads de contrebande

The Data Acquisition Camera was designed to capture footage of final approach, Neil Armstr...

En mars 2014 eu lieu la vente aux enchères d’une caméra Hasselblad 16 mm ayant voyagé sur Apollo 15 en 1971. Cette caméra était à l’époque vantée comme étant la seule caméra au monde ayant fait l’aller-retour entre la Terre et la Lune, la procédure normale étant d’abandonner tout le matériel inutile au retour dans le module lunaire. Elle avait pu bénéficier de la grâce « nasanienne » du fait d’un problème technique ayant empêché son abandon.

Ça, c’est la théorie. Mais apparemment tous les astronautes ne respectaient pas nécessairement cette règle. Pas plus tard que cette semaine nous avons appris que la femme de feu Neil Armstrong, premier astronaute a avoir foulé le sol lunaire en 1969 avec Apollo 11, décédé en 2012, avait retrouvé dans un banal sac plus de 4 kg d’objets récupérés de la mission d’Apollo 11 – dont une caméra Hasselblad 16 mm (en photo ci-dessus). Ces objets étaient supposés être restés sur le module lunaire Eagle, et s’être écrasés avec ce dernier sur la Lune. Pourquoi avoir gardé ces « souvenirs », pourquoi ensuite les cacher et n’en parler à personne pendant les 45 années entre son retour de la Lune et son décès, nul ne semble le savoir. Mais le cas Armstrong n’est pas le seul!

Apollo 14 astronaut Ed MitchellEdgar Mitchell faisait partie de l’équipage Apollo 14 et fut, en 1971, le sixième homme à fouler le sol lunaire. En 2011, Mitchell a eu besoin d’argent pour financer un projet nommé Quantrek (dont la page web n’est pas accessible au public) dans le cadre de son institut de recherche Noetic Sciences, dont j’ai déjà eu l’occasion de parleApollo 14 lunar module pilot Edgar Mitchell will surrender this flown-to-the-moon 16-mm data acquisition camera to settle a federal lawsuit against him. r dans l’article La Noosphère et le Global Consciousness Project. Il mis donc aux enchères, via la maison Bonhams et au prix de 60 000 USD…. une caméra Hasselblad 16 mm ayant fait le voyage vers la Lune sur Apollo 14!

Mais la NASA ne l’entendit pas de cette oreille et intenta un procès à Mitchell pour recel, interdisant la vente et demandant le retour de la caméra prétendument « volée » par Mitchell. Son argument fait référence au règlement cité ci-dessus selon lequel aucun matériel inutile au retour ne devait être récupéré, tout devant rester dans le module lunaire et disparaître avec lui lorsqu’il s’écraserait plus tard sur la Lune. Mais Mitchell conteste cet argument, disant qu’à l’époque la NASA n’interdisait pas la récupération de petit matériel par les astronautes, Selon Mitchell, « (ce type de récupération) était une pratique courante à l’époque et était approuvé par la NASA en tant qu’incentive ». Il pense que la règle a changé après son départ, au moment de l’introduction de la navette spatiale. A partir de ce moment, en effet, tout le matériel devenait récupérable et il était compréhensible qu’il fut interdit aux équipages de s’approprier ce « petit matériel » qui n’est quand même pas donné… Mitchell prétend, en outre, détenir d’autres équipements qui lui furent donnés par la NASA lors des différentes missions auquel il participa.

Néanmoins, en octobre 2011, Mitchell restitua la caméra à la NASA qui la fit déposer au Smithsonian National Air and Space Museum à Washington, là-même où la caméra de Armstrong ainsi que les autres éléments en sa possession, devraient se trouver exposés un jour. Je n’ai pas réussi à trouver l’une ou l’autre de ces caméras sur le site du Smithonian. Mitchell restitua la caméra sous la contrainte légale mais il pu néanmoins vendre les autres éléments en sa possession, ce qui est assez bizarre car on voit mal en quoi la caméra consisterait un cas particulier. En fait, il s’avère que des astronautes sur la plupart des vols Apollo ramenèrent du matériel censé rester sur la Lune, au vu et au su de la Nasa, sans que cela pose problème: sur Apollo 13 c’est même cet équipement supplémentaire qui aida l’équipage à survivre à l’explosion de leur module lunaire. Les astronautes de Apollo 12 et 15 récupérèrent des éléments de leurs scaphandres, et beaucoup d’éléments ont depuis été vendus aux enchères par des astronautes à la retraite, pour le plus grand bonheur des collectionneurs.

Alors pourquoi la NASA (en fait, le gouvernement des Etats-Unis) fait-elle si grand cas, après 40 ans, d’une caméra vouée à la destruction si elle n’avait pas été récupérée par Mitchell? Il y a t’il, planquées quelque part, d’autres caméras ramenées en douce par des astronautes? Et on notera qu’au moment de l’affaire Mitchell, la NASA publiait des règles de conduite pour la protection des sites Apollo afin d’éviter que les nouveaux visiteurs robotisés (rovers) prévus dans les années à venir ne viennent perturber ces sites. Les sites Apollo 11 et 17 (premier et dernier de la série) sont interdits d’accès à moins de 75 m pour Apollo 11 et 225 m pour Apollo 17. Pour les autres les futurs robots pourront s’approcher de très près en faisant attention de ne pas effacer les traces de pas des astronautes, et dans tous les cas le survol et l’alunissage à proximité immédiate des sites sont interdits. Idem pour les sites de crash des modules lunaires (dans lesquels devaient se trouver, entre autres, les fameuses caméras) que les futurs rovers pourront approcher et filmer mais ne pas toucher.

Bref, la NASA semble d’ores et déjà vouloir faire un musée privé du bazar qu’elle a abandonné sur la Lune, même en mille morceaux! C’est compréhensible jusqu’à un certain point, mais les USA ne disposent pas à ma connaissance d’un quelconque droit de propriété sur la surface lunaire.

En conclusion, rappelons-nous de cette phrase mystérieuse prononcée par Neil Armstrong lors d’une rare apparition en public pour le 25ème anniversaire de la mission Apollo 11, en 1994 (avec mes commentaires):

 » Aujourd’hui nous sommes en présence d’étudiants, parmi les meilleurs de l’Amérique. A vous nous disons: nous n’avons réalisé que le commencement. Nous vous laissons beaucoup de ce qui est défait (généralement traduit par « Nous vous laissons beaucoup de ce qui n’est pas fait »: we leave you much that is undone, une tournure de phrase très particulière car la phrase standard pour « Nous vous laissons beaucoup de ce qui n’est pas fait / reste à faire  » aurait été we leave you with much that is not done… Pourtant le verbe « undo » veut bien dire « défaire » ou « annuler une action », donc quand Armstrong, loin d’être un personnage jouant de l’approximatif, parle de « much that is undone » on a vraiment l’impression qu’il pointe vers quelque chose qu’il sait être faux (à défaire), ce qu’il semble confirmer dans la phrase suivante:), il y a de nombreuses idées non découvertes, des grandes avancées ouvertes à ceux qui arrivent à enlever l’une des couches protectrices de la vérité. »

 

 

2 réflexions sur “Apollo et le mystère des Hasselblads de contrebande

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