jelutte-afficheProjection ce 17 octobre du film documentaire « Je lutte donc je suis », à Cluny (71), en présence du réalisateur Yannis Youlountas.

« De Grèce et d’Espagne, un vent du sud souffle sur l’Europe contre la résignation. Dans les villes et les campagnes, dans les îles et les montagnes, au cœur des luttes et des alternatives en actes, des femmes, des hommes, mais aussi des enfants refusent de baisser les bras. Une même devise résume leur courage de résister, leur joie de créer et leur persévérance à toute épreuve : « JE LUTTE DONC JE SUIS » (prononcer « AGONIZOMAI ARA IPARKO » en grec et « LUCHO LUEGO EXISTO » en espagnol). Quelques mots pour vivre debout, parce que rester assis, c’est se mettre à genoux. Une brise marine, souriante et solidaire, de Barcelone à Athènes et d’Andalousie en Crète, qui repousse les nuages du pessimisme. Un voyage palpitant en musique, d’un bout à l’autre de la Méditerranée, en terres de luttes et d’utopie. » (1)

« Yannis Youlountas en 2013 » par Eric Philos — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Yannis_Youlountas_en_2013.jpg#/media/File:Yannis_Youlountas_en_2013.jpg
« Yannis Youlountas en 2013 » par Eric Philos — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Le film est très bien fait, mais la contextualisation qui en est faite par Yannis Youlountas lors du débat qui s’ensuit est à mon avis tout aussi importante. Ce notamment pour ceux qui comme moi ne sont pas des spécialistes de l’histoire contemporaine grecque en général et des ses mouvements sociaux en particulier. L’analyse par Yannis des épisodes Syriza 1 et 2, de la stratégie politique d’Alexis Tsipras et du positionnement des divers factions sur l’échiquier politique grec vaut à elle seule le détour.

J’y ai notamment appris que, pour les anti-libéraux grecs, la notion de liberté d’expression n’est pas reconnue pour l’extrême-droite (Aube Dorée) du fait de la dangerosité de leurs idées pour un pays gardant encore, dans sa chair, la trace de la férule nazie puis de la dictature des colonels. L’importance quasi mythique du quartier athénien de Exarchia, un élément important du film, est aussi expliquée par le réalisateur: quartier universitaire devenu quartier contestataire, le seul endroit d’Athènes où il était encore possible de se promener avec les cheveux longs sous les colonels, et décrit aujourd’hui comme une sorte d’interface entre le monde « de dehors » des banques et du capitalisme prédateur, et le monde « de dedans » fait de coopération et de solidarité. Et la découverte de l’ampleur du désastre grec actuel, où une partie de la population est en mode survie, où les montagnes sont vendues à des groupes tel EDF pour produire de l’éolien et les plages des îles privatisées par des promoteurs.

Pour Yannis Youlountas, l’erreur du mouvement social grec fut de se croiser les bras après la première victoire de Syriza alors qu’il aurait fallu mettre la pression pour transformer l’essai, à l’instar de la grève générale qui obligea ici le Front Populaire de Blum, en 1936, à instaurer les premiers congés payés.

Ci-dessous le trailer de ce très bon documentaire, peuplé de caractères qui donnent envie de se lever:

(1) http://jeluttedoncjesuis.net/

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