En février de cette année je publiais un article irrévérencieux sur le virus Zika censé être la cause de l’explosion de microcéphalie enregistrée au Brésil fin 2015 (1). La question reste posée, la position actuelle officielle de OMS étant la suivante (2):

« Le virus Zika est une maladie bénigne et la plupart des personnes infectées par le virus ne présentent aucun symptôme. Néanmoins, l’explosion récente de la propagation du virus Zika au Brésil a été accompagnée d’une augmentation sans précédent du nombre d’enfants naissant avec une microcéphalie, soit une tête particulièrement petite.

En outre, plusieurs pays, dont le Brésil, ont signalé une forte recrudescence du syndrome de Guillain-Barré, un trouble neurologique qui peut entraîner la paralysie et la mort. Sur la base des recherches, un consensus scientifique s’est établi identifiant le virus Zika comme cause de la microcéphalie et du syndrome de Guillain-Barré. »

On notera que la version française dit « le virus Zika comme cause de la microcéphalie » alors que la version anglophone dit « Based on research, there is scientific consensus that Zika virus is a cause of microcephaly and Guillain-Barré syndrome« . Soit « est une cause », donc une parmi d’autres causes possibles. Le site dit aussi:

« Alors que d’intenses efforts sont déployés pour tenter de corroborer et de préciser le lien entre le virus Zika et divers troubles neurologiques dans un cadre de recherche rigoureux, plusieurs analyses récentes de rapports de cas, ainsi qu’un petit nombre d’études cas-témoins et d’études de cohortes, étayent la conclusion selon laquelle il existe une association entre le virus Zika et la microcéphalie et le syndrome de Guillain-Barré. »

Que Zika soit un vecteur possible de troubles neurologiques semble avéré, mais la question est de savoir s’il est un vecteur principal ou marginal, justifiant ou non des mesures lourdes, coûteuses et sources d’effets secondaires. Et cela ne semble pas défini au sein même de l’orthodoxie, d’autant que d’autres voix montrent que le problème de microcéphalie au Brésil a commencé bien avant l’épidémie Zika de 2015.

Le site CBC News (3) citait en février le Dr Sandra Mattos qui mène un recensement des circonférences des têtes de 100 000 nouveau-nés dans l’Etat de Paraiba depuis 2012, dans le cadre d’une étude sur les déformations cardiaques congénitales. L’épidémie Zika la mena à réanalyser ses données et elle se rendit compte que de nombreux cas de « mild microcephaly » existent depuis au moins 2012, mais qu’effectivement les chiffres ont explosé depuis 2014. Signe d’une corrélation, mais quid de la causalité?

En effet, plus de 80% des cas de microcéphalies sont concentrés dans le Nord-Est du Brésil, et d’autres pays avec le même climat et des femmes enceintes porteuses du Zika, n’ont pas de problème particulier de microcéphalie (4).

Mattos a suggéré à l’OMS que d’autres facteurs (de microcéphalie) doivent être analysés et notamment d’autres infections, l’exposition à des agents tératogènes ou causes d’anormalités à la naissance telles les drogues et la malnutrition, qui pourraient avoir un effet intensificateur.

A Berlin, l’épidémiologiste Dr Christoph Zink suit la distribution géographique de l’épidémie de Zika et de la microcéphalie au Brésil. Il dit que « j’ai vite eu l’impression que faire porter le blâme au virus Zika pour cette épidémie (de microcéphalie) est un peu à côté de la question ». Zink suspecte que le nombre réel de cas de microcéphalies dans cette région du Brésil est massivement sous-évalué et recommande au toxicologues brésiliens de se pencher sur l’usage réel des produits agrochimiques dans leur pays.

En l’état, en attendant un vaccin, la politique de prévention générale se base sur l’éradication des moustiques porteurs du virus, par voie de pesticides ou par voie de modification génétique. Politique dont les premières victimes visibles sont les abeilles: la Floride et la Caroline du Sud ont décidé de faire de l’épandage aérien avec le pesticide Naled (Dibrom), un organophosphate neurotoxique, et pas que pour les moustiques (5).

Comme le rapporte cet article du WashingtonPost (6), l’épandage aérien de Naled a eu comme effet immédiat la mort de millions d’abeilles. Pour ce qui est des humains, comme d’habitude, c’est sans danger mais il est néanmoins hautement recommandé de ne pas s’exposer au produit…

Nous sommes, avec Zika, encore face à un cas où une problématique complexe (le lien entre le virus et la microcéphalie dans un environnement hautement pollué par d’autre facteurs, notamment les produits agrochimiques) ouvre la porte à une surenchère sécuritaire où le « remède » va finir par être bien pire que le mal. Mais avec de gros profits à la clé pour les fabricants de pesticides, de vaccins et de traitements neurologiques pour les gens qui vont se bouffer du pesticide à dose massive.

 

Notes:

(1) https://rhubarbe.net/2016/02/14/zika-syndrome-de-corruption-avancee/

(2) http://www.who.int/features/qa/zika/fr/

(3) http://www.cbc.ca/news/health/microcephaly-brazil-zika-reality-1.3442580

(4) http://www.cbc.ca/news/health/zika-colombia-numbers-1.3427235

(5) http://nospray.org/naled-insecticide-fact-sheet/

(6) https://www.washingtonpost.com/news/morning-mix/wp/2016/09/01/like-its-been-nuked-millions-of-bees-dead-after-south-carolina-sprays-for-zika-mosquitoes/

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