Syrie: Israël s’emmêle.

Syrie: Israël s’emmêle.

Voici un an et demi, en septembre 2015 et au début de l’installation de la force russe aux côtés d’Assad, le premier ministre israélien Netanyahou faisait une importante visite à Moscou (1). Importante car Israël a pour habitude de faire des incursions aériennes en territoire syrien en vue, officiellement, de détruire les convois d’armes qui y transitent en provenance d’Iran au profit du Hezbollah. L’Iran, le Hezbollah et les russes étant, comme chacun sait, alliés dans la guerre contre Daech et, plus généralement, l’opposition à Assad. Guerre dans laquelle Israël a une position neutre, se contentant de surveiller la Syrie et le Liban depuis le plateau du Golan (territoire syrien conquis par Israël en 1967). Il fallait donc s’assurer que les F-16 israéliens n’allaient pas se retrouver confrontés aux Su-27 russes stationnés à Lattaquié, ou chassés par les missiles ultras-performants S-400 (SA-21 en langue OTAN) de ces mêmes Russes.  Lire la suite « Syrie: Israël s’emmêle. »

Alep selon l’ONU: Syrien ne bouge.

Alep selon l’ONU: Syrien ne bouge.

Ce 30 novembre M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, s’est fendu d’un discours intitulé Alep est en train de tomber sous nos yeux  dans lequel il fustige l’action militaire sanglante sur Alep et en appelle à la communauté internationale, et en particulier à la Russie, à « rompre l’engrenage en cours – un engrenage dont le legs sera un pays dévasté, promis à des décennies d’instabilité, de violence et de terrorisme.« (1). Certes. C’est juste dommage, pour la France, d’avoir collaboré à la mise en marche de cet engrenage en prenant si rapidement parti pour les rebelles anti-Assad, qui se sont vite fait bouffer par les islamistes. On ne se serait pas mêlé des affaires internes de la Syrie qu’on en serait sans doute pas là. Non pas que le Bachar soit particulièrement sympathique mais il était reconnu comme le représentant légitime de la Syrie, qu’il est de facto redevenu. Donc tout ça pour rien, mais à quel prix! Lire la suite « Alep selon l’ONU: Syrien ne bouge. »

Le spectaculaire jeu d’échecs syrien.

Le spectaculaire jeu d’échecs syrien.

syrie carteLes Russes s’y connaissent en matière d’échecs, tout comme les Iraniens qui, dit-on, y jouaient déjà au VIIème siècle. Les manœuvres géopolitiques et militaires autour de la Syrie actuelle ont tout d’un tournoi d’échecs à grande échelle. Le jeu d’échecs implique stratégie et capacité à profiter de toute ouverture laissée par un adversaire hésitant. Et c’est exactement ce qui se passe actuellement sur le théâtre syrien. Lire la suite « Le spectaculaire jeu d’échecs syrien. »

Ali Al-Nimr, l’islam, le sabre et la croix.

Ali Al-Nimr, l’islam, le sabre et la croix.

AlialnirmD’ici quelques jours, sauf miracle, un jeune homme de 20 ans du nom de Ali Al-Nimr va être guillotiné décapité puis crucifié en public. Son crime? Critique des autorités. Encore un coup du grand méchant Bachar? Non. Alors des barbus débiles de Daech? Non plus. Les talibans? Même pas. Non, c’est chez nos amis wahhabites d’Arabie saoudite (1). Lire la suite « Ali Al-Nimr, l’islam, le sabre et la croix. »

Quel avenir pour le Golfe Persique?

Quel avenir pour le Golfe Persique?

persique09L’avènement du roi Salmane d’Arabie saoudite en janvier 2015, dont il était Ministre de la Défense depuis novembre 2011, s’est conjugué avec les négociations de Genève entre les USA et l’Iran sur le programme nucléaire de ce dernier pour initier un changement potentiellement radical de l’équilibre des forces autour du golfe Persique. Lire la suite « Quel avenir pour le Golfe Persique? »

Les dirigeants US sont-ils fous?

C’est la question que se pose, sérieusement, le lieutenant-colonel d’aviation en retraite W.J. Astore dans un article intitulé Provoking Wars: Is that what US foreign policy is all about? L’envoi la semaine dernière de 300 instructeurs militaires en Ukraine, le déploiement cette semaine d’un porte-avion au large du Yémen pour empêcher la livraison d’armes aux Houthis depuis l’Iran, sont pour lui les derniers signes d’une politique de provocation de la part des dirigeants US envers la Russie et l’Iran. Une Russie qui pourrait finalement décider d’envahir l’Ukraine pour de vrai afin de se dégager du collier étrangleur que l’OTAN cherche à lui passer au cou. L’Iran pourrait dire merde aux récents accords sur le nucléaire et s’en prendre directement à l’Arabie Saoudite, qui avec les USA est la bourse profonde permettant de financer le collier étrangleur sunnite.

Pour Astore, tout ceci est un cas d’école de capacité de projection militaire globale, de puissance globale, et de stupidité globale. Pourquoi? le budget défense des Etats-Unis est plus important encore que la somme des budgets des sept plus grosses armées hors US, dont la Russie et la Chine. Que ce soit sous administration républicaine ou démocrate, Bush ou Obama, l’élément constant reste la guerre globale. Les US livrent déjà une guerre illégale dite de « basse intensité » par drones interposés (avec des meurtres gratuits dont le récent épisode ayant fait, pour quelques heures, la Une des médias n’est que la pointe du haut de l’iceberg). Il faut bien écouler le matos et faire tourner le complexe militaro-industriel.

Les dirigeants US ont tellement envie d’aller chatouiller le gros ours russe qu’ils aident un gouvernement ukrainien qui, s’il n’était pas désigné par nos politiques et médias comme « victime » de la Russie, serait mit au ban des nations occidentales: Kiev a marqué le 70ème anniversaire de la fin de l’Holocauste en mettant à l’honneur ses collaborateurs nazis. Le régime actuel de Kiev est dominé par les néofascistes et n’hésite pas, semble t’il, à liquider ses opposants politiques.

Et cela ne va faire qu’empirer. Astore se dit qu’entre « Hillary the Hun » et les les vrais faucons du parti républicains qui vont se disputer le poste d’assassin-en-chef actuellement occupé par Obama, les investisseurs de l’industrie militaire vont pouvoir passer du septième ciel au huitième.

Syrie, entre guerres religieuses et géopolitique

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Le conflit qui ravage le Moyen-Orient, de l’Irak à la Syrie en passant par le Liban, peut se voir comme un conflit interconfessionnel entre Sunnites et Chiites, attisé par la peur qu’ont les Saoudiens de voir l’Iran sortir de sa position de paria grâce à un accord irano-américain sur la question du nucléaire iranien. Un Iran libéré, à 80% chiite, dont l’influence est déjà très présente en Irak suite au fiasco de l’intervention US, poserait un sérieux challenge à une Arabie Saoudite sunnite très riche mais relativement vulnérable militairement parlant(1). Un Iran qui est également allié du Hezbollah libanais (chiite), contre un gouvernement libanais qui vient de recevoir une aide au développement militaire de trois milliards de dollars de la part… des Saoudiens. Lire la suite « Syrie, entre guerres religieuses et géopolitique »

L’Iran est déjà sous le coup d’attaques

La semaine dernière aux Nations Unies, le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu faisait les gros titres suite à son sketch visant à démontrer le danger imminent que représenterai le programme nucléaire iranien, marquant une « ligne rouge » sur un dessin ridicule de bombe nucléaire que la « communauté des Nations » ne devait pas laisser l’Iran dépasser.

Manquait à ce discours lénifiant la reconnaissance de certains faits:  qu’il n’existe à ce jour aucune évidence objective que l’Iran développe un programme nucléaire militaire; qu’à l’heure actuelle la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient est en fait Israël; que l’Iran est signataire du traité de non prolifération nucléaire alors qu’Israël ne l’est pas, et que Natanyahu lui-même fut dans les années 80 un membre éminent d’un système de contrebande de technologie nucléaire depuis les Etats-Unis vers Israël, selon des informations récemment publiées par le FBI. Mais le but recherché fuit néanmoins atteint, la presse bêlante affichant en gros titres la ligne rouge que tout dépassement (selon quels critères?) conduirait au bombardement de l’Iran. Lire la suite « L’Iran est déjà sous le coup d’attaques »

Barack Obama sur le Moyen Orient et l'Afrique du Nord

Barack Obama vient de faire un discours sur le positionnement des Etats-Unis d’Amérique sur les révolutions en cours au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Faisant particulièrement référence à la Tunisie (le pays déclencheur des évènements de la région) et à l’Egype (le plus grand pays de la région et allié historique des US), il a estimé qu’il s’agissait d’une opportunité historique pour l’auto-détermination des peuples, et que les USA comptaient participer activement à cette auto-détermination.

« Passer du monde tel qu’il est au monde tel qu’il devrait être (the world as it should be) », introduction à une politique proactive de changement politique et économique. Au-delà des axes traditionnels de la politique US dans cette région (la lutte anti-terroriste, le libre échange, la sécurité nucléaire…) Obama propose une implication américaine portant sur l’opposition à l’usage de la violence contre les populations (référence particulières à la Libye, la Syrie, l’Iran et Bahreïn), le respect des droits universels et notamment l’égalité des femmes et la liberté de religion, la liberté d’expression (même celle avec laquelle les US n’est pas d’accord) et la démocratie. Lire la suite « Barack Obama sur le Moyen Orient et l'Afrique du Nord »

Qui a jeté un sort à Mahmoud Ahmadinejad?

Le conflit s’envenime entre le président iranien Ahmadinejad et le camp conservateur du chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei! Je présentais l’affaire sur ce blog en avril dans cet article que je conseille de lire pour comprendre la suite.

Après l’affaire du ministre de l’information Heydar Moslehi viré par Ahmadinejad le 17 avril puis réhabilité par Ali Khamenei dans la foulée, Ahmadinejad se mettait en grève pendant 8 jours, refusant de participer aux réunions ministérielles. Dès son retour il virait trois ministres sans en référer au Chef.

Cette poussée d’indépendance de la part d’Ahmadinejad vis-à-vis du pouvoir religieux qui domine l’Iran ne semble pas générer un grand suivi: la garde révolutionnaire et l’establishment clérical sont bien évidemment du côté de Ali Khamenei mais on en est au point où Ahmadinejad est soupçonné, par l’Ayatollah Mohammad-Taqi Mesbah-Yazdi (promoteur d’une mouvance « apocalyptique » de l’Islam dans laquelle s’inscrirait Ahmadinejad, selon le Telegraph) d’être victime d’un sortilège!

Jeté par qui? Par Esfandiar Rahim Mashaie, promu par Ahmadinejad en tant que dauphin mais haïs des conservateurs pour ses opinions « libérales ». Cette accusation n’est pas de pure rhétorique du fait que certains amis de Mashaie ont déjà été arrêtés pour « sorcellerie ».

C’est en tous cas la plus grave crise interne depuis la réélection d’Ahmadinejad en 2009 (avec, à l’époque, le support entier d’Ali Khamenei). Et peut être la situation la plus inattendue depuis la révolution iranienne, l’autorité religieuse suprême n’ayant jamais été remise en question par un président.

Source: Telegraph.