Syrie: le grand n’importe quoi

Cela faisait dix ans que l’on ne nous avait pas ressorti les armes de destruction massive, utilisées par quelque infâme régime, pour justifier du hold-up d’un pays supposément souverain, mais le vieux diable est de retour. De retour mais pas en grande forme quand même. L’ange blanc de 2003, la France, à l’époque de droite, s’est transformée en 2013 en faucon socialo-impérialiste, sans doute de vieux fantasmes guerriers ravivés par une impression de succès au Mali et qui font bander les petits hommes en costumes-cravates dans leurs salons parisiens. Sûr que la castagne, surtout à distance et sur plus faible que soi, ça change des réformes des retraites et du chômage. Lire la suite « Syrie: le grand n’importe quoi »

L’idée de valeur d’une civilisation a t’elle un sens?

Les propos de Claude Guéant devant une association d’étudiants de droite « contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas » ont fait les choux gras d’un certain moralisme qui me laisse un peu perplexe.

Certes la formulation utilisée implique l’idée que la civilisation à laquelle s’identifie Mr Guéant est supérieure aux autres, et cette hiérarchisation renvoie directement à la philosophie d’extrême-droite qui  fonde l’ordre social sur la hiérarchie (lire par exemple cet article de Jérôme Jamin « Nature, culture et extrême-droite« ). Mais que Mr Guéant et les guignols formant le cercle rapproché de Sarkozy soient philosophiquement d »extrême-droite est un truisme qui ne devrait plus étonner personne. Il s’agit bien sur ici, de la part de la gauche, d’un exercice de récupération politicienne mais la polémique en cours est l’occasion de se poser à soi-même la question: est-ce que je considère que toutes les civilisations se valent? Lire la suite « L’idée de valeur d’une civilisation a t’elle un sens? »

Le multiculturalisme et les valeurs fondamentales

La presse a largement commenté le discours de David Cameron ce 4 février à Munich, au cours duquel il appelle notamment à l’usage d’un « libéralisme musclé » pour contrer l’islamisme, dans un contexte de dénonciation du principe de multiculturalité (l’existence côte à côte de cultures différentes) en vigueur depuis longtemps en Angleterre – mais aussi aux USA et en Allemagne par exemple.  Son argument est que cette approche du laisser-faire laisse tranquille voire encourage des groupes qui ne partagent pas les valeurs britanniques – valeurs décrites comme étant le respect des droits de l’homme et en particulier de la femme, l’égalité devant la loi, la démocratie et le droit aux peuples d’élire leurs propres gouvernants, le refus des intégrismes et des séparatismes.

Pour Mr Cameron, les groupes ne respectant pas ces valeurs ne toucheront plus d’argent public et ne seront plus invités à partager des plateformes publiques avec des ministres, entre autres.  Même les groupes ayant officiellement renoncé à la violence mais qui ne contestent pas les positions et pratiques intégristes seront considérés comme incompatibles avec les valeurs nationales. Il faut noter que cette nouvelle approche à été élaborée de concert avec Lady Sayeeda Warsi, musulmane et co-présidente du parti conservateur anglais. Pour cette dernière, le problème actuel est que l’islamophobie a passé le « dinner table test » (voir cet article du Guardian), autrement dit il est aujourd’hui socialement acceptable de se déclarer islamophobe dans la société anglaise.  Cette position, de la part de gens qui a priori disent n’en avoir qu’aux extrémistes et non pas aux musulmans ordinaires, dérive vers le rejet inconditionnel de l’Islam du fait que la population ne sais pas vraiment faire la distinction entre le musulman « honnête », qui vit sa religion dans le respect des lois et des autres, de l’islamiste qui considère la société occidentale comme l’ennemi à abattre. Lire la suite « Le multiculturalisme et les valeurs fondamentales »