E-Cat, fusion froide, magouilles et gros sous

E-Cat, fusion froide, magouilles et gros sous

Cet article est la suite de « E-Cat, le réacteur à fusion froide en phase de test » (1) publié en octobre 2015. Le E-Cat, réacteur dit LENR (Low Energy Nuclear Reaction) développé par Andrea Rossi promet, s’il est validé expérimentalement, de fournir de l’énergie presque gratuite et non polluante à partir d’un processus de fusion froide et de matériaux abondants.

Le but déclaré de Rossi a toujours été de démarrer une production de masse des E-Cat. Il a, pour ce faire, vendu en 2012 une licence sur le E-Cat à une société d’investissement, Industrial Heat (IH) créée pour l’occasion et filiale du groupe Cherokee, pour 1,5 million USD avec un contrat de fabrication sous licence couvrant les Amériques, Russie et Chine, Arabie Saoudite et Emirats. Rossi, au travers de sa société Leonardo Corp., reste détentrice des droits de propriété intellectuelle et cherche un schéma de production pour l’Europe.  Lire la suite « E-Cat, fusion froide, magouilles et gros sous »

Fuk U Shima!

Fuk U Shima!

Cinq ans après la troisième catastrophe nucléaire vécue par les japonais, l’establishment composé du lobby nucléaire, des agences gouvernementales renforcées par l’argument anti-CO2, et des principaux médias aux ordres a politiquement enterré les mouvements de protestations anti-nucléaire, au Japon comme ici. Pour l’establishment, la catastrophe est a relativiser car il n’y a pas eu de morts, on a sans doute exagéré les risques qu’il y a à vivre dans les régions touchées, la configuration très particulière de cette catastrophe (tremblement de terre suivi d’un tsunami ayant mis HS les pompes de refroidissement) n’est pas envisageable ailleurs, et l’ampleur des dégâts est en grande partie liée à la mauvaise gestion de TEPCO – à nouveau, pas comme chez nous où nous avons une agence de sûreté nucléaire indépendante garantissant l’état des matériels et des procédures d’urgence. Comme pour l’EPR de Flamanville, où l’ASN autorise à titre dérogatoire la mise en service d’une cuve de réacteur non conforme…  (1) Lire la suite « Fuk U Shima! »

Fukushima: corruption locale, danger mondial.

Fukushima n’est pas un problème japonais. Ou pas seulement.

Certes, les japonais sont les premiers exposés et le moment approche où l’on verra Tokyo se vider de ses habitants encore valides, pendant que les autres en submergent les hôpitaux. Le lac Kasumigaura, le deuxième plus grand lac du Japon avec une surface de 220 km2, est situé à 60 km au Nord-Est de Tokyo. Il absorbe depuis 2 ans des matières radioactives, notamment du césium. Il approvisionne 960 000 personnes en eau « potable ». Lire la suite « Fukushima: corruption locale, danger mondial. »

18 ème conférence climatique au Quatar, la clim à fond!

A peu près tout le monde s’en fiche, mais la 18ème conférence sur le climat vient de s’ouvrir au Quatar, dans le bruissement des méga-centrales de climatisation du premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié. Tout un symbole, certainement. D’autant que  le Quatar est le plus gros consommateur d’énergie par habitant (1). Lire la suite « 18 ème conférence climatique au Quatar, la clim à fond! »

La moitié de la chaleur issue de la Terre est d'origine nucléaire

Les géologues s’en doutaient depuis un certain temps mais les récents résultats d’une expérience ayant duré 7 ans démontrent qu’environ la moitié de l’énergie thermique générée par la Terre (approx. 44 terawatts en total) a pour origine un processus de fission nucléaire: depuis des milliards d’années des éléments radioactifs prisonniers du manteau et de la croûte terrestre (uranium, thorium, potassium) se désintègrent en relâchant de la chaleur. Cette énergie chauffe la roche et permet aux processus tectoniques de ne pas « geler ». Lire la suite « La moitié de la chaleur issue de la Terre est d'origine nucléaire »

Prolifération nucléaire et couverture du risque

Dans ce récent billet sur la géothermie je parlais de l’état alarmant du parc nucléaire, mais tous comptes faits on ne peut pas dire que Fukushima et l’actuel problème à Fort Calhoun au Nebraska aient tempéré les ardeurs de ceux jusqu’à présent exclus de la production d’énergie nucléaire. L’arrêt brutal du « revival » de l’industrie nucléaire en cours depuis une dizaine d’années ne vaut en fait que pour l’Allemagne (qui espère sortir complètement du nucléaire pour 2022), la Suisse (qui ne remplacera pas ses installations actuelles), l’Italie (qui renonce à s’engager dans cette voie) et, peut être, le Japon dont on ne sait pas vraiment ce qu’il compte faire.

Pour le reste du monde, l’IAEA recense 65 réacteurs actuellement en construction, et on arrive à plusieurs fois ce chiffre prenant en compte tous les projets de nouveaux réacteurs. Lire la suite « Prolifération nucléaire et couverture du risque »

Fukushima: fission sauvage pendant 12 jours après le tsunami

Selon une étude réalisé par Tetsuo Matsui de l’Université de Tokyo et publiée la semaine dernière dans le journal Technology Review du MIT, des réactions en chaîne auraient démarré dans le réacteur n°2 et dans la piscine à combustibles n°4 pendant une douzaine de jours après le début de la catastrophe du 11 mars.

Cette conclusion est basée sur le suivi de deux sous-produits de la réaction de fission nucléaire, l’iode-131 d’une demi-vie de huit jour et le césium-137 d’une demi-vie de 30 ans. Mesurer le ratio de ces éléments permet de fixer le moment de l’arrêt effectif de la réaction, sachant qu’au-delà de 8 jours on ne trouve plus d’iode-131. Se basant sur des mesures de ces deux éléments dans et autour de la centrale (terre, mer et des eaux de refroidissement évacuées), Mr Matsui conclu que les réactions ont du durer jusqu’au 23 mars au moins.

Mr Matsui tempère en disant qu’il n’est pas impossible que ces mesures soient faussées par des facteurs chimiques ayant influencé la propagation de ces éléments, mais il ne voit pas quelle réaction aurait pu avoir cet effet et surtout pourquoi elles auraient lieu à certains endroits et pas à d’autres. On ne pourra en avoir le coeur net qu’en examinant le réacteur et la piscine, mais ça ce n’est pas pour demain.

Source: http://www.technologyreview.com/blog/arxiv/26738/

De la fusion aneutronique à l’univers éternel

Quoi? En fait les deux n’ont pas grand chose à voir, mais le lien a été fait par un court article de futura-science intitulé « Une nouvelle clé pour la fusion thermonucléaire sans neutrons? » qui décrit une récente avancée dans la recherche de solutions de fusion générant peu de neutrons (la solution actuellement étudiée par ITER générant un flux intense de neutrons producteur de radioactivité, l’un des problèmes de la fusion « classique »). Lire la suite « De la fusion aneutronique à l’univers éternel »

TEPCO ne sait que faire de l'eau radioactive.

Selon le Japan Times de ce matin, TEPCO n’a d’autre solution que rejeter l’eau contaminée dans le Pacifique. Le taux serait officiellement 100 fois supérieur à la limite légale, en réalité plusieurs milliers de fois supérieur si on en juge par « l’understatement » systématique des mesures officielles de radioactivité.

15 000 tonnes d’eau se trouvent au sein de la centrale et limitent l’accès aux équipes qui tentent de remettre en marche les systèmes de refroidissement.