Syrie: Israël s’emmêle.

Syrie: Israël s’emmêle.

Voici un an et demi, en septembre 2015 et au début de l’installation de la force russe aux côtés d’Assad, le premier ministre israélien Netanyahou faisait une importante visite à Moscou (1). Importante car Israël a pour habitude de faire des incursions aériennes en territoire syrien en vue, officiellement, de détruire les convois d’armes qui y transitent en provenance d’Iran au profit du Hezbollah. L’Iran, le Hezbollah et les russes étant, comme chacun sait, alliés dans la guerre contre Daech et, plus généralement, l’opposition à Assad. Guerre dans laquelle Israël a une position neutre, se contentant de surveiller la Syrie et le Liban depuis le plateau du Golan (territoire syrien conquis par Israël en 1967). Il fallait donc s’assurer que les F-16 israéliens n’allaient pas se retrouver confrontés aux Su-27 russes stationnés à Lattaquié, ou chassés par les missiles ultras-performants S-400 (SA-21 en langue OTAN) de ces mêmes Russes.  Lire la suite « Syrie: Israël s’emmêle. »

Collusion Trump-Poutine: fin de partie.

Collusion Trump-Poutine: fin de partie.

Le choc de la défaite d’Hillary Clinton face à Donald Trump a fait émerger toute une industrie médiatique sur le thème d’une collusion entre Trump et Poutine, allant jusqu’à prétendre que la nouvelle administration US est sans doute sous contrôle russe! Le point de départ de cette théorie du complot fut le dossier de Buzzfeed où un ex-agent britannique, Christopher Steele, publiait une enquête présentant Trump comme un « client » des Russes. A cela s’ajouta un rapport de la CIA accusant les Russes d’avoir piraté la campagne de Clinton. Dans les deux cas, accusations sans preuves mais suffisantes pour faire décoller la fusée conspirationniste anti-Trump et la transformation du camp Démocrate en un cirque de zombies tournant en rond en hurlant dans l’attente de LA preuve de la subordination de Trump à Poutine et l’impeachment définitif du monstre à la crinière orange.  Lire la suite « Collusion Trump-Poutine: fin de partie. »

Syrie: où est la diplomatie européenne?

Syrie: où est la diplomatie européenne?

Deux événements concomitants illustrent parfaitement la disparition de l’Europe diplomatique sur le théâtre syrien et, plus globalement, mondial: d’une part l’attentat de Berlin qui, comme ceux de Nice ou du Bataclan en France, nous rappelle à quel point l’Europe est impliquée dans la crise syrienne et moyen-orientale en général car nous sommes considérés comme des cibles légitimes par les islamistes. D’autre part le sommet de Moscou entre Russes, Iraniens et Turcs installant un monopole de fait sur le contrôle de la Syrie. Monopole d’où nous sommes exclus, tout comme les américains d’ailleurs mais eux, en gros, s’en foutent.

Nous, on ne s’en fout pas. Lire la suite « Syrie: où est la diplomatie européenne? »

Russie, Syrie, USA: CIA pyromane.

Russie, Syrie, USA: CIA pyromane.

Triste fin de règne pour Barack Obama qui se voit contraint de s’aligner sur le « rapport » de la CIA accusant la Russie d’avoir piraté l’élection américaine au profit de Trump (1). « Piraté l’élection » étant d’ailleurs un grand mot car, aux dires même du New York Times qui pourtant roule pour les Démocrates, l’accusation spécifique porte sur le hacking du serveur de courriel du parti Démocrate et du serveur privé de John Podesta, directeur de campagne Hillary Clinton (2). Et pas sur la manipulation du vote lui-même, comme l’establishment US aime à le laisser croire. Lire la suite « Russie, Syrie, USA: CIA pyromane. »

Un vent de folie souffle de Paris à Ankara

Un vent de folie souffle de Paris à Ankara

On dit que ce sont les situations extraordinaires qui révèlent la vraie nature des hommes. La situation extraordinaire initiée le 13 novembre par les attentats parisiens a révélé la nature veule, opportuniste et moralement corrompue de la grande majorité des élus français, ainsi que des non-élus qui trustent le pouvoir – à commencer par Manuel Valls. Déclarer une guerre contre un ennemi que l’on ne sait pas cerner, dans tous les sens du terme, et sans les moyens de ses ambitions, n’est que le prétexte à la mise sous tutelle pour une période indéfinie des restes de la démocratie française. Lire la suite « Un vent de folie souffle de Paris à Ankara »

Le spectaculaire jeu d’échecs syrien.

Le spectaculaire jeu d’échecs syrien.

syrie carteLes Russes s’y connaissent en matière d’échecs, tout comme les Iraniens qui, dit-on, y jouaient déjà au VIIème siècle. Les manœuvres géopolitiques et militaires autour de la Syrie actuelle ont tout d’un tournoi d’échecs à grande échelle. Le jeu d’échecs implique stratégie et capacité à profiter de toute ouverture laissée par un adversaire hésitant. Et c’est exactement ce qui se passe actuellement sur le théâtre syrien. Lire la suite « Le spectaculaire jeu d’échecs syrien. »

Starwars en orbite terrestre, l’invisible danger

Starwars en orbite terrestre, l’invisible danger

satelliteEnviron 1 300 satellites se partagent l’espace au-dessus de nos têtes: télécommunications, GPS, surveillance civile et militaire, tout cela tournoie sur différentes orbites. Les satellites scientifiques se trouvent plutôt sur des orbites basses (180 à 2 000 km de la surface terrestre), la plupart des satellites associés à la navigation et aux télécoms sur une orbite médiane (2 000 à 35 780 km) et les satellites d’analyse climatique, stratégiques et certains télécoms sur une orbite haute (> 35 780 km, cette distance étant l’orbite des satellites géostationnaires, ceux qui restent toujours au même endroit relativement à la surface) (1). Plus un satellite est bas plus il va vite, par exemple un satellite situé à 750 km de hauteur fait un tour de la Terre en 99 minutes, alors qu’un satellite à 36 000 km fait le tour en à peu près 24 heures. Tous ces satellites appartiennent à une soixantaine de pays, même si les USA, la Russie et la Chine sont les principaux joueurs. Lire la suite « Starwars en orbite terrestre, l’invisible danger »

Apollo de Major Tom, que nous caches-tu?

Apollo de Major Tom, que nous caches-tu?

Le 16 juin dernier, le représentant du Comité d’Enquête de la Fédération de Russie, Vladimir Markin, demandait l’ouverture d’une enquête internationale au sujet de la disparition des films utilisés lors des mission Apollo entre 1969 et 1972, et des 400 kg de roches ramenées au cours du même programme.

Rien que cela. Mais autant cette demande est une contre-attaque suite à l’investigation américaine sur la corruption de la FIFA, ayant mené à la démission de Stepp Blatter et, surtout, remettant en cause l’attribution de la Coupe du Monde de Football 2018 à la Russie, autant elle repose en partie sur des faits reconnus par la NASA et en partie sur des témoignages non officiels. Lire la suite « Apollo de Major Tom, que nous caches-tu? »

Les dirigeants US sont-ils fous?

C’est la question que se pose, sérieusement, le lieutenant-colonel d’aviation en retraite W.J. Astore dans un article intitulé Provoking Wars: Is that what US foreign policy is all about? L’envoi la semaine dernière de 300 instructeurs militaires en Ukraine, le déploiement cette semaine d’un porte-avion au large du Yémen pour empêcher la livraison d’armes aux Houthis depuis l’Iran, sont pour lui les derniers signes d’une politique de provocation de la part des dirigeants US envers la Russie et l’Iran. Une Russie qui pourrait finalement décider d’envahir l’Ukraine pour de vrai afin de se dégager du collier étrangleur que l’OTAN cherche à lui passer au cou. L’Iran pourrait dire merde aux récents accords sur le nucléaire et s’en prendre directement à l’Arabie Saoudite, qui avec les USA est la bourse profonde permettant de financer le collier étrangleur sunnite.

Pour Astore, tout ceci est un cas d’école de capacité de projection militaire globale, de puissance globale, et de stupidité globale. Pourquoi? le budget défense des Etats-Unis est plus important encore que la somme des budgets des sept plus grosses armées hors US, dont la Russie et la Chine. Que ce soit sous administration républicaine ou démocrate, Bush ou Obama, l’élément constant reste la guerre globale. Les US livrent déjà une guerre illégale dite de « basse intensité » par drones interposés (avec des meurtres gratuits dont le récent épisode ayant fait, pour quelques heures, la Une des médias n’est que la pointe du haut de l’iceberg). Il faut bien écouler le matos et faire tourner le complexe militaro-industriel.

Les dirigeants US ont tellement envie d’aller chatouiller le gros ours russe qu’ils aident un gouvernement ukrainien qui, s’il n’était pas désigné par nos politiques et médias comme « victime » de la Russie, serait mit au ban des nations occidentales: Kiev a marqué le 70ème anniversaire de la fin de l’Holocauste en mettant à l’honneur ses collaborateurs nazis. Le régime actuel de Kiev est dominé par les néofascistes et n’hésite pas, semble t’il, à liquider ses opposants politiques.

Et cela ne va faire qu’empirer. Astore se dit qu’entre « Hillary the Hun » et les les vrais faucons du parti républicains qui vont se disputer le poste d’assassin-en-chef actuellement occupé par Obama, les investisseurs de l’industrie militaire vont pouvoir passer du septième ciel au huitième.

Syrie, entre guerres religieuses et géopolitique

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Le conflit qui ravage le Moyen-Orient, de l’Irak à la Syrie en passant par le Liban, peut se voir comme un conflit interconfessionnel entre Sunnites et Chiites, attisé par la peur qu’ont les Saoudiens de voir l’Iran sortir de sa position de paria grâce à un accord irano-américain sur la question du nucléaire iranien. Un Iran libéré, à 80% chiite, dont l’influence est déjà très présente en Irak suite au fiasco de l’intervention US, poserait un sérieux challenge à une Arabie Saoudite sunnite très riche mais relativement vulnérable militairement parlant(1). Un Iran qui est également allié du Hezbollah libanais (chiite), contre un gouvernement libanais qui vient de recevoir une aide au développement militaire de trois milliards de dollars de la part… des Saoudiens. Lire la suite « Syrie, entre guerres religieuses et géopolitique »